Icasa / Prévention des Ist, du Vih-Sida et des hépatites : La visite médicale systématique dès l’école primaire proposée


Le public visitant les stands de l'Icasa dans le hall du Sofitel Abidjan Ivoire

Au 3e jour de la Conférence internationale sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles (Ist) en Afrique (Icasa), hier mercredi 06 décembre, la parole a été donnée aux entreprises, laboratoires structures et programmes de santé tenant des stands d’exposition, en marge des conférences plénières thématiques qui se tiennent dans plusieurs salles du Sofitel hôtel Ivoire de Cocody.

En donnant la parole aux opérateurs intervenant dans le domaine des maladies virales, l’objectif de ce 3ème était de découvrir ce que proposent ces exposants dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le Vih-Sida, les Ist, les hépatites virales, etc.

Dr Odjé Claude Evariste, directeur-coordonnateur adjoint du Programme national de la santé scolaire et universitaire, service attaché au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a proposé que tous les enfants, dès l’école primaire, fassent la visite médicale systématique. « A travers cette visite, on arrive à détecter des pathologies qui pourraient être handicapantes dans la cursus scolaire de l’enfant. On les prend tôt en charge quand elles sont détectées tôt. C’est pourquoi la visite médicale est importante. Mais il y a le coût qui pose souvent problème. C’est pourquoi le plus souvent, cette visite médicale est menée uniquement au niveau des classes d’examen (Cm2, 3e et Tle) », a-t-il confié.
Outre la visite médicale systématique, il a souhaité la mise à disposition des médicaments des pathologies courantes en milieu scolaire. Il a souligné que l’Unfpa soutient fortement son programme en mettant à disposition les produits de la planification familiale, au regard de la lutte contre les grossesses en milieu scolaire. « La sensibilisation, c’est bien, mais s’il y a des moyens de prévenir la survenue des grossesses, il faut les mettre à disposition. A côté de cela, il y a les Ist. Si on peut avoir les kits des Ist, on aura beaucoup gagné. Si les infections ne sont pas traitées assez tôt, cela peut jouer sur l’appareil reproductif de l’enfant. C’est vrai qu’on parle de dividende démographique mais le dividende démographique ne veut pas dire que l’enfant ne doit pas être fécond. Il doit l’être mais il doit contrôler sa fécondité », a-t-il ajouté.
Avant lui, Mme Agoh Béatrice, du Programme Santé Mère-Enfant, a indiqué que la planification familiale que promeut son programme est encore peu connue en Côte d’Ivoire, alors qu’elle contribue à la réduction de la mortalité maternelle et infantile. « Nous sommes à Icasa 2017 surtout pour parler aux jeunes filles, leur dire qu’on peut vivre sainement sa sexualité en passant par les méthodes contraceptives », a-t-elle déclaré. Elle a expliqué qu’il y a plusieurs moyens contraceptifs que sont les moyens hormonaux, les moyens naturels et les moyens chirurgicaux. « Les moyens hormonaux concernent les produits contraceptifs artificiels que la femme peut prendre pour planifier ses naissances. Les moyens naturels font référence à l’allaitement maternel que les femmes peuvent utiliser pour planifier leurs naissances, à condition qu’elles aillent jusqu’à 6 mois. Au-delà, ce n’est plus valable. Au niveau des moyens chirurgicaux, nous avons la vasectomie chez l’homme. On peut ligaturer les canaux déflorants et faire également la ligature des trompes chez la femme. Tout cela peut permettre d’arrêter de faire des enfants mais cela ne veut pas dire que si l’homme est ligaturé, il n’est plus un homme. Il ne peut plus faire d’enfant, sinon il est opérationnel », a expliqué Mme Agoh Béatrice.
Par ailleurs, elle a présenté ‘’Le Sahéna’’, une injection qui met la femme à l’abri de toute grossesse pendant 3 mois. Ce produit a beaucoup intéressé les visiteurs, surtout étrangers, notamment ceux des pays de la sous-région.

Comme les stands des deux premiers intervenants, celui de la ligne Info-Sida 106 est également très visité. Kouassi Yao Luc, téléconseiller, a informé que la ligne Info-Sida est un canal de communication, un numéro vert qui permet d’accéder gratuitement aux informations, conseils, orientations sur le Vih-Sida, la tuberculose, le paludisme, la santé sexuelle et de la reproduction en Côte d’Ivoire. Les questions liées aux violences basées sur le genre, notamment les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, y sont également traitées. C’est un numéro ouvert à tous les réseaux téléphoniques de Côte d’Ivoire, du fixe au mobile, et ouvert du lundi au samedi, de 9 heures à 20 heures. Il a reconnu que la ligne Info-Sida 106 n’est pas très connue des populations. Elle est souvent confondue avec call center des sociétés de téléphonie mobile, alors que c’est un numéro vert mis en place depuis 2012. Il permet d’avoir des informations de santé sur lesquelles l’on aurait des doutes. « Les informations sont données aux populations sur les voies de transmission, sur la prévention. Nous expliquons qu’il y a d’autres voies de transmission du Vih en dehors de la voie sexuelle, qu’il y a d’autres méthodes de prévention en dehors du préservatif », a-t-il fait savoir. Il a souhaité que la jeunesse, qui est tranche de la population la plus exposée, sache qu’il y a un canal d’informations gratuites sur le Sida, la tuberculose, le paludisme et bientôt sur les hépatites.

Melissa Say, assistante en pharmacie dans une société de fabrication et de vente de préservatifs, propose pour Icasa 2017, les préservatifs féminins et leur avantage.
Un autre exposant, Kobré Youssouf, district manager dans un groupe pharmaceutique marocain, a salué la tenue de cette conférence internationale sur le Sida et les Ist en Afrique. Il a confié que c’est une manifestation d’envergure que son groupe ne pouvait manquer, surtout qu’il intervient dans le domaine de l’hépatite. « Nous sommes fabriquant de médicaments pour la prise en charge de l’hépatite C, qui est un véritable problème de santé publique », a-t-il précisé.

Encadré : Encore plus d’engagement des médias souhaité

Susciter un dialogue entre les hommes et femmes des médias et les organisations engagées dans la lutte contre le Vih-Sida, de sorte à aborder les questions liées à la fin de cette pandémie avec beaucoup plus d’évidence et d’engagement. C’est l’objectif de la rencontre d’échanges entre les responsables de la Fédération internationale pour le planning familial ou International planned parenthood federation (Ippf), en anglais, et des journalistes ivoiriens et étrangers, qui s’est tenue hier mercredi 06 décembre au 22e étage de la Tour du Sofitel Hôtel Ivoire.
Lucien Kouakou, directeur régional de l’Ippf pour l’Afrique a appelé les médias africains à jouer pleinement leur rôle dans le cadre de la sensibilisation sur le Vih-Sida. « Nous, à l’Ippf, on accorde une place particulière au rôle des médias. c’est pourquoi nous avons décidé, chaque année, de renforcer les capacités des hommes et femmes des médias pour mieux jouer ce rôle, mieux comprendre les questions de développement qui se présentent à nous sur le continent », a confié Lucien Kouakou.
Pour le directeur régional de l’Ippf, ce dialogue vient à propos afin de les aider à comprendre que le rôle des organismes de santé et celui des médias sont complémentaires. A cet effet, avec ses collaborateurs, il a annoncé qu’une véritable stratégie sera développée. « Ce signifie qu’il faut qu’on arrête la langue de bois et qu’on puisse être plus pragmatique », a-t-il ajouté. Selon lui, cette stratégie sera conçue par les professionnels des médias eux-mêmes et mise en œuvre avec le concours des partenaires de l’Ippf. « Cette initiative est une initiative 1. Mais il y aura une initiative 2 et une initiative 3 », a-t-il promis.
Il a souhaité que ce type de dialogue soit initié dans chaque pays africain qui aura l’avantage de générer des idées. Ce qui permettrait de dégager une nouvelle stratégie. Au dire de Lucien Kouakou, le leadership est d’abord individuel. « Que chacun prenne ses responsabilités dans cette société qui est en pleine mutation », a-t-il recommandé.

 

Franck SOUHONE

Franck Souhoné

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  • SOURCE: L'inter
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