Interview

Imane Yüce, Responsable de la communication internationale du groupe d’hôpitaux turcs : « Nous voyons en l’Afrique un potentiel énorme »

« Nous souhaitons éventuellement développer, installer des hôpitaux clés en main dans les pays étrangers »
Ph DR

Responsable de la communication internationale du groupe d’hôpitaux turc, Acibadem, Imane Yüce s’est confiée à Linfodrome à l’occasion des premières journées de coopération médicale organisées par son groupe du 24 au 29 mai 2018 à Istanbul et à Kayseri en Turquie. Des enjeux d’une telle coopération en passant par ses retombées et les expertises de son groupe, Imane Yüce dévoile tout.

Votre groupe vient d’organiser en Turquie les 1ères journées de coopération médicale entre la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Cameroun. Pouvez-vous expliquer les enjeux et la portée de telles initiatives ?

Nous avons organisé cette conférence pour mettre en contact les médecins du groupe Acibadem et les médecins venant des pays francophones : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Niger. Je puis vous dire que nous sommes très contents du déroulement de ces premières journées de coopération médicale. En résumé, notre groupe porte le nom d’un quartier  du côté asiatique de Istanbul,  dans lequel en 1991 a été ouverte la première clinique de quartier par Mehmet Ali Aydinlar, en collaboration avec des médecins qui faisaient partie de ses connaissances. Avec le développement de son activité, il a ouvert une autre clinique toujours aux alentours du  quartier d’Acibadem et par la suite, l’activité a été développée. Aujourd’hui, en 2018, il est à la tête de 21 hôpitaux et 16 clinques en Turquie, en Hollande, en Macédoine et en Bulgarie.

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Nous avons également des participations dans d’autres pays mais qui ne portent pas la même dénomination. Le groupe est une holding à la base. C’est un groupe qui fonctionne en autarcie. Cela veut dire qu’il produit ses propres ressources dont les hôpitaux ont besoin. Au centre, nous avons les hôpitaux. Mais aux alentours, nous avons plusieurs structures qui fournissent aussi bien les ressources humaines  que les infrastructures et  les matériaux de fonctionnement  nécessaires à ces hôpitaux. Je commence à citer Le labs Med qui est une  structure  qui regroupe  tous les laboratoires médicaux et de recherches  au sein du groupe, de l’université et les laboratoires indépendants pour le stockage du sang, du cordon ombilical ou les laboratoires de recherches sur les cellules souches. Nous avons l’université Acibadem qui est subdivisée en deux  campus. Le campus à  Kerem Aydinlar et le campus Mehmet Ali Aydınlar. Il  y a l’entreprise A PLUS  qui est spécialisée dans les services d’hôtellerie, qui gère tous les restaurants et les repas des hôpitaux et des universités, mais aussi la gestion des chambres et des hébergements. Nous avons aussi le Project Management qui est un cabinet d’architecture et de design qui s’occupe de dessiner les projets du groupe, le call center, les hôpitaux, le siège social, les laboratoires, enfin tout ce qui est structures, bâtiments, c’est ce service qui s’en occupe, jusqu’à la délivrance d’un projet ou d’un hôpital clé en main prêt au fonctionnement. D’autres structures viennent soutenir les actions des hôpitaux, à savoir Acibadem Mobile qui regroupe tous les travaux des médecins qui se déplacent à domicile, les ambulances et l’aero-ambulance qui s’occupe du rapatriement des patients de l’étranger jusque dans les hôpitaux du groupe.

 

« Le groupe compte toutes les spécialités médicales et même les spécialités de recherches… » 

 

Pourquoi avoir décidé maintenant de vous ouvrir aux pays africains ?

En 2005,  le groupe a commencé à penser à s’internationaliser. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons eu des participations dans d’autres hôpitaux étrangers. Et par la suite, nous avons commencé à créer nos propres hôpitaux à l’étranger. En 2010, nous avons fait le choix de recruter 150 personnes pour créer un département dédié aux services des patients étrangers. Cela parce que les expatriés qui habitent en Turquie ne connaissaient pas forcément la langue  turque et ont  besoin d’être guidés lorsqu’ils se présentaient dans nos hôpitaux pour se faire soigner. Vient de là, l’idée du tourisme médical, surtout que le gouvernement Turque a commencé à donner des subventions pécuniaires mais aussi à supporter, à motiver les marques Turques pour s’internationaliser afin d’améliorer les exportations générales du pays et l’apport de devises vers la Turquie. Dans ce sens, le groupe a pris le challenge d’installer des bureaux de représentations.

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Aujourd’hui, nous sommes à la tête d’un réseau de 49  bureaux de représentations dans plus de 23 pays. Ce sont des bureaux qui se chargent de  la prise de contact avec les médecins locaux qui peuvent éventuellement envoyer des patients qui ne peuvent pas être traités localement à Acibadem. Ils se chargent de rassembler les dossiers médicaux, les évaluations faites sur place, les envoyer à nos médecins en Turquie. Avoir une offre de traitement et par la suite faire part au patient. S’il accepte, nos équipes du département international organisent le voyage du patient. Ils l’accueillent à l’aéroport, l’accompagnent pendant son hébergement à l’hôtel, pendant toute la durée de son séjour à l’hôpital. Même après qu’il soit rentré chez lui, ils assurent un suivi pour les contrôles à distance pour pouvoir s’enquérir de son état  santé.

 

« Nous employons un effectif de 4 000 médecins. Dans l’ensemble, nous employons 22 500 personnes »

 

Une de vos spécialités, ce sont les maladies cancéreuses. Pourquoi ce choix ?

Le groupe compte nbntoutes les spécialités médicales et même les spécialités de recherches. Nous avons les cliniques pédiatriques, gynécologiques, la médecine générale, l’endocrinologie, l’orthopédie, le traitement du cancer, la neurochirurgie, le développement de cellules souches. Le groupe est multidisciplinaire. Nous employons un effectif de 4 000 médecins. Dans l’ensemble, nous employons 22 500 personnes. Et l’avantage, c’est qu’aucune branche médicale ne travaille en autarcie. Toutes les disciplines sont organisées en cliniques multidisciplinaires. Cela veut dire qu’on ne va pas  trouver  un service dédié au cancer du sein. Mais on va trouver une clinique du sein, qui a un Mamographe, un radiologue, un médecin oncologue, un médecin spécialisé dans l’esthétique et la reconstruction.

 

Vous comptez dans vos établissements, des patients africains, repartent-ils satisfaits ?

Ce que j’ai recueilli en discutant avec les patients, parce que nous faisons beaucoup de travail  de terrain. Nous visitons beaucoup les patients surtout étrangers.  Les patients nous remercient pour le facteur humain au-delà de la réussite du traitement, au-delà de l’excellence des infrastructures, au-delà de la  technologie que nous utilisons. Nous prenons à cœur la psychologie du patient pour qu’il soit satisfait.

 

« Nous voyons en l’Afrique un potentiel énorme »

 

À quand les premiers hôpitaux en Afrique ? Est-ce prévu ?

 

Sincèrement, quand nous avons fait le choix de nous implanter en Bulgarie, en Macédoine, en Hollande, c’était pour la proximité avec les expatriés Turques vivant là-bas. Mais, nous souhaitons éventuellement développer, installer des hôpitaux clés en main dans les pays étrangers. Si nous avons commencé à faire des activités comme celles-ci, des journées de coopération médicales avec l’Afrique, nous voyons en l’Afrique un potentiel énorme. Nous savons que le besoin en traitement surtout des maladies cancéreuses ou des maladies  nécessitant des interventions neurochirurgicales est énorme. Les médecins africains ont sollicité notre coopération en matière de traitement, de formation, de partage de savoir-faire. Nous allons faire remonter l’information aux autorités qui peuvent décider éventuellement d’ouvrir des centres d’excellence ou carrément supporter des hôpitaux locaux dans le développement d’unités de lutte contre le cancer. Nous savons qu’aujourd’hui une base a été jetée dans le sens de développer des échanges et de coopérations avec la Turquie via Acibadem. Nous verrons dans quelle perspective elle va évoluer. Nous avons fait un premier pas vers un long voyage de coopération. Nous avons compris durant ces journées que le courant est passé entre les médecins Turques et les médecins africains. Nous avons fait fleurir l’arbre de la coopération. 

 

Réalisée en Turquie par Philip KLA

Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome
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