Médecine Légale : Les confidences de la Pr Yapo Etté sur la prise en charge médico légale des décès


Ph DR

Pr Hélène Yapo Etté, première responsable de la médecine légale en Côte d’Ivoire a fait des confidences sur la conduite à tenir dans le cas de la prise en charge médico-légale des décès.

Ce thème « Prise en charge médico-légale des décès », était au centre d'une conférence lors de la première journée scientifique de la société ivoirienne de médecine légale (SIMJ), le mercredi 05 décembre 2018 au Centre hospitalier universitaire d’Abidjan-Treichville.

Des médecins légistes, des officiers et commissaires de la police criminelle et de la police judiciaire, des toxicologues, procureurs étaient les participants de cette journée qui avait pour principal objectif d’éclairer la lanterne sur le rôle joué par chacun dans le cadre de la prise en charge médico-légale des décès.

Le Pr Hélène Yapo Etté, professeur titulaire de médecine légale et de réparation du dommage corporel, a indiqué qu’il est impérieux pour le médecin, d’avoir les prérequis de la médecine légale dans la mesure où certains d’entre eux seraient souvent confrontés à des cas de certifications médicales, ou à des cadavres. D’où selon elle l’importance du choix de ce thème. « Nous l’avons aussi fait à l’endroit des médecins hospitaliers qui parfois sont un peu perdus en cas de décès d’un malade (…) Un médecin chirurgien qui perd un malade en poste opératoire peut par exemple rechercher à savoir les causes du décès de son patient. Cela pourrait être un problème de responsabilité médicale, il peut chercher à savoir pourquoi est-ce qu’il a perdu son malade ? », a-t-elle fait savoir.

La première responsable de la médecine légale en Côte d’Ivoire reconnaît toutefois la difficulté qu’il y a à examiner un cadavre mais voudrait par ailleurs que les médecins hospitaliers puissent faire le minimum avant l’intervention d’un spécialiste en l’occurrence le médecin légal.  « Il est vrai qu’il n’est pas facile d’examiner un cadavre mais on leur demande de faire au minimum un procès-verbal où ils mettront tout ce qu’ils ont pu constater. Ils pourront également dire en conclusion qu’ils ne peuvent pas dire de quoi la personne est décédée parce que justement, ils n’ont pas les moyens. Ils peuvent par exemples dire qu’ils n’ont pas pu faire toutes les remarques, d’examen, donc ils demandent à passer la main à un spécialiste, le médecin légiste en l’occurrence », a-t-elle signifié.

Elle a par ailleurs souhaité une clause dans le code de procédure pénale qui indique qu’en cas de décès, que ce soit le médecin légiste ou un spécialiste qui s’en occupe.

Parlant du rôle du médecin légiste, Pr Hélène Yapo a indiqué que c’est d’abord de déterminer les causes et les circonstances de la mort d’un individu. « Nous intervenons donc comme auxiliaire de justice sous la demande d’une autorité judiciaire », a-t-elle ajouté. Secundo, Il intervient également pour rétablir les victimes vivantes victimes de violence dans leur statut de victimes, de façon à permettre la personne réclamer valablement leur droit en justice. « On fait également donc la médecine de la violence pour les personnes vivantes. « Ça on ne le sait pas on croit qu’on est que médecin des morts. Des personnes vivantes violentés c’est pourquoi on dit souvent que la médecine légale c’est la médecine de la violence », a-t-elle souligné.

Enfin, un domaine qui est de plus en plus confié aux médecins légistes c’est l’éthique et la déontologie médicale. « Nous formons les médecins à respecter leur profession. Ils ont un avantage celui de prendre en charge la santé des individus. (…) Donc on le forme à sa responsabilité quand il pose un acte on le forme également au respect du secret et de la dignité de la personne humaine."

 

Jean Kelly Kouassi

 

 

 

 

Jean Kelly KOUASSI

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  • SOURCE: Linfodrome
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