Casses au service des urgences du Chu de Yopougon : 13 syndicats de santé et la mutuelle des agents exigent des sanctions

Le Synacass-ci appelle à garantir la sécurité dans les hôpitaux
Casses au service des urgences du Chu de Yopougon : 13 syndicats de santé et la mutuelle des agents exigent des sanctions
Ph DR

Dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 janvier 2019, Yssouf Diakité, chauffeur de ‘’Massa’’ - véhicule de transport en commun de 18 places -, victime d’un accident de la circulation, rendait l’âme au service des urgences du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yopougon. Ses camarades, imputant ce décès à la passivité du personnel soignant, y menaient une expédition punitive la même nuit.

Sur leur passage, les manifestants cassaient tout et molestaient les agents de garde. 5 jours après ces faits, les 13 syndicats des personnels soignants réunis au sein de la Coordi-Santé et la Mutuelle des agents (Machuyop) sont montés au créneau. Lundi 4 janvier 2019, les deux structures ont produit une déclaration dans laquelle elles condamnent la scène de vendetta opérée au sein de l’établissement sanitaire. Dans la note dont L’inter a obtenu copie, les signataires, Boko Kouaho, porte-parole de la Coordi-Santé et Kpan Mouti, président de la Machuyop, exigent des « sanctions exemplaires » contre les meneurs de l’assaut sur le service des urgences.

« Dénonçant la défaillance notoire de l’équipe de gardiennage du Chu, l’inertie de la police et l’insécurité persistante au sein du Chu de Yopougon, nous réclamons l’ouverture d’une enquête devant aboutir à l’arrestation des agresseurs afin qu’ils subissent la rigueur de la loi », relève-t-on. Les deux signataires, rejetant toute responsabilité du personnel de garde dans le décès du chauffeur -accidenté de la voie publique, appellent, en outre, à l’arrêt de toute poursuite administrative et disciplinaire contre les agents des urgences.

Soucieux d’éviter à l’avenir un autre cas d’agression, ils réclament le remplacement de l’équipe de sécurité privée du Chu et une visite conjointe des ministres en charge de la Santé et de la Sécurité. Et ce, écrivent-ils, « pour rassurer le personnel traumatisé ». Boko Kouaho et Kpan Mouti préviennent, par ailleurs, que le non suivi des requêtes, va déboucher sur une action syndicale de protestation. « Faute d’application de ces mesures, nous appellerons à un arrêt de travail », menacent les signataires.

Appel. Le syndicat le plus influent des médecins, à savoir le Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (Synacassi), a lui, aussi donné de la voix. Dans une déclaration signée de son nouveau secrétaire général, Dr Akpesse Guillaume Esso, le syndicat indique avoir appris « avec stupéfaction », l’agression du personnel des urgences suite au décès d’un décès. « Au cours de cette journée, des parents et amis du défunt ont violenté le personnel aux urgences du Chu de Yopougon. Nous apportons notre soutien à tout le personnel de ce service et condamnons avec la dernière énergie cette violence qui ne se justifie nullement », écrit Dr Akpesse, relevant qu’il existe des voies de recours en la matière.

« Nous recommandons donc aux parents des malades d’utiliser les voies de recours et non de s’en prendre au personnel de la santé ainsi qu’à nos outils de travail. Notre mission est de donner la vie et de sauver des vies. Nous avons donc besoin de travailler dans la sérénité pour la réussir », interpelle le leader du Synacassci, rappelant le gouvernement à son devoir d’assurer la sécurité du personnel de santé et de l’outil de travail sanitaire.

 

TRAORE Tié

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  • SOURCE: L'inter
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