Santé/ mortalité chez la mère et chez l’enfant, Ce qui tue les femmes et les enfants pendant l’accouchement

Les recommandations d’un spécialiste
14/09/2019
Santé/ mortalité chez la mère et chez l’enfant, Ce qui tue les femmes et les enfants pendant l’accouchement
Abdelmalek Kettani, ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire a pris part à la cérémonie d’ouverture de la formation.

L’Etat de Côte d’Ivoire en collaboration avec le royaume du Maroc, organise du 12 au 14 septembre 2019, au centre Mohamed IV du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yopougon une formation des enseignants de pédiatrie et de gynécologie-obstétrique. Cette formation porte sur la prise en charge pratique des principales pathologies meurtrières de la mère et de l’enfant.

Au terme de la cérémonie d’ouverture, le professeur Mamourou Koné, chef du service pédiatrie du centre sus indiqué a dévoilé qu’en Côte d’Ivoire, il existe essentiellement deux facteurs qui causent la mort des femmes avant, pendant et après les accouchements. «  Ces causes sont : l’hémorragie au cours de l’accouchement ou tout de suite après et la crise d’éclampsie», a-t-il révélé. La crise d’éclampsie, a-t-il expliqué, est une crise convulsive généralisée survenant chez la femme enceinte des suites d’une crise de l’hypertension artérielle. En ce qui concerne les enfants, le spécialiste en pédiatrie a fait savoir que la principale cause de leur mortalité est due à une «souffrance fœtale ». « La vie du nouveau-né est compromise dès l’instant que celui-ci se retrouve confronté à des problèmes de respiration. On assiste alors à une diminution de son oxygène. Il a des problèmes au niveau de son cœur.

Dans le cas d’espèce, on parle de souffrance fœtale », a-t-il expliqué. Selon lui, cette situation arrive le plus souvent lorsque l’enfant nait avant le terme de la grossesse. « Ces circonstances arrivent quand le bébé nait après un travail difficile parce que le bébé est prématuré », a-t-il ajouté. Face à ce constat, le professeur Mamourou Koné a fait des recommandations. Il a préconisé le retrait du placenta avant le temps normal, les gestes de traitements médicaux pour arrêter l’hémorragie ou encore une intervention chirurgicale chez la mère. Pour l’enfant, il a conseillé une réanimation du cœur et du poumon par un système de surveillance et de traitement. Toutefois, pour les personnes en milieu rural, il a recommandé de se rendre immédiatement dans le centre de santé le plus proche.

Pour une lutte plus efficace contre ce fléau qui frappe de plein fouet la Côte d’Ivoire, le professeur Amal Bourguia, néphrologue-pédiatre de l’équipe marocaine, a suggéré que le problème soit traité en amont. « Il faut prévenir ces complications en les détectant de façon très précoce. Il faut faire le diagnostic afin de les traiter à temps et parvenir à sauver la vie de la mère et de l’enfant », a-t-elle dit. Pour elle, la réduction du taux de mortalité de la mère et de l’enfant pendant l’accouchement doit indubitablement passer par un diagnostic suivi d’examen clinique afin d’assurer une meilleure prise en charge des différents cas.

Aussi, a-t-elle insisté sur le suivi régulier des grossesses. « Les complications peuvent survenir à tout moment mais il est plus fréquent à la fin de la grossesse et au moment de l’hémorragie de la délivrance. En Côte d’Ivoire, l’indice de mortalité est au rouge. Il faut que nos collègues agissent vite dans le diagnostic et dans le traitement », a-t-elle justifié. Auparavant, son excellence Abdelmalek Kettani, ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire, s’est réjoui de la coopération entre son pays et la Côte d’Ivoire. Notons qu’au cours de cette formation, ce sont plus d’une trentaine d’enseignants pédiatres gynécologues-obstétriciens qui seront formés par les experts marocains à partir de stimulations faites sur des mannequins.  

Venance AKA (Stg)

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