Enlèvement d’enfants en Côte d’Ivoire: Sur les traces des trois enfants enlevés et mutilés à Yopougon

Les parents racontent comment leurs gosses ont été enlevés et retrouvés décapités
(Photo d'archives pour illustrer l'article)
La Côte d’Ivoire, particulièrement Abidjan, la capitale économique a été secouée par un phénomène d’enlèvements d’enfants suivi d’assassinats. Une trentaine de mômes ont disparu entre novembre 2014 et février 2015.

Après quelques semaines d’accalmie, pendant lesquelles la psychose a baissé d’un ton, nous sommes allés sur les traces de trois enfants qui ont été arrachés à l'affection de leurs parents à Yopougon, la plus grande commune de Côte d’Ivoire. Comment ont-ils été enlevés et dans quel état ont-ils été retrouvés mutilés? Les parents racontent la mort tragique de leurs enfants. Notre reportage.

Marau Essy Benitié est le premier enfant qui a disparu à Yopougon. Agé de cinq (5) ans et inscrit au Cp2 dans une école privée, le petit Benitié a été vu vivant, pour la dernière fois, le 29 novembre 2014, devant la concession familiale. Douze (12) jours après, le corps sans vie de cet enfant a été retrouvé mutilé et baignant dans le plan d’eau lagunaire de Locodjro, non loin de la base navale de Yopougon.

Le dimanche 15 février 2015, quand nous arrivions au domicile familial des Marau à Yopougon « Toits Rouges », après 2 minutes de marche dans une allée, les visages sont toujours marqués par la douleur. Les civilités passées, le père Marius Marau, fonctionnaire de police à San Pedro, installé derrière une table à manger, s’est ouvert à nous et a raconté comment son fils aîné a disparu dans l’après-midi du samedi 29 novembre 2014. Son épouse qui l'a rejoint, entre-temps, lui tient la main.

Lorsque le policier entame son récit pour expliquer les circonstances dans lesquelles son fils a été enlevé et retrouvé mutilé, il ne peut pas retenir ses émotions. Il fond en larme. Sa femme pleure également. Le frère benjamin de ce père de famille qui regardait la télévision dans le deuxième salon, vient précipitamment le consoler. « Je sais que c’est douloureux pour toi mais, tu as demandé à des gens de venir. Maîtrise-toi et raconte au monde entier comment ton enfant a été enlevé et retrouvé décapité», conseille-t-il. Comme revigoré, le malheureux père, après avoir fixé longuement la table, reprend la parole et nous explique que Benitié, comme aimait l’appeler la famille, a disparu le samedi 29 novembre 2014. « Ce jour-là, aux environs de 16h, l’enfant, comme à ses habitudes, a réclamé de l’argent pour acheter de l’alloco, (banane plantain mûre frite à l’huile de palme). Il est revenu quelques instants après s’être assis sur la terrasse de la concession familiale pour prendre son goûter. Mais, comme par enchantement, Benitié a disparu après le goûté. Il n’a été vu nulle part. Des recherches entreprises dans le voisinage et chez des camarades de classe se sont avérées vaines. Alors, nos craintes se sont amplifiées quand l8h a sonné », raconte le père.

Toute la nuit du 29 novembre 2014, la famille s’est mise à la recherche du petit Benitié, sans résultat. Les parents de l'enfant ont même passé au peigne fin la maison de la grand-mère où il avait l'habitude de se réfugier quand il commettait une gaffe. Mais en vain. L'enfant n'a été aperçu nulle part. Le lendemain dimanche 30 novembre, les recherches se sont poursuivies avec, cette fois-ci des affiches estampillées d'images grand format du môme sur différents véhicules. « C’est là qu’une jeune fille m’a informé que l’enfant a été vu et était tenu fermement par un jeune homme, qui le conduisait vers une destination inconnue. Quand elle s’est renseignée, l'homme lui a expliqué que l’enfant se met en spectacle parce qu’il refuse de se laver », explique Marius Marau. C’est le témoignage poignant de cette jeune fille qui a permis de comprendre les autres pièces du puzzle. « Le jeune homme décrit par la jeune fille habite le quartier. Il connaît bien les mouvements et les habitudes du garçonnet. Après plusieurs heures de pression, il a fini par avouer, lors d'un interrogatoire, avoir enlevé mon fils pour le remettre à des sacrificateurs moyennant la somme de 700.000 F Cfa. Il a été arrêté après ses aveux, et incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) depuis le mois de décembre », informe le père Marau.

L’enfant vendu à 700.000 F Cfa

Selon les résultats de l’enquête menée par la police, le jeune ravisseur était connu pour son activisme dans le milieu de la drogue. Lors de son interrogatoire, il a expliqué, dans les détails, aux policiers, qu'il a enlevé l'enfant et l’a remis par la suite à des sacrificateurs pour la somme de 700.000 F Cfa. « Mon fils ainé a été vendu à 700.000 F Cfa. Pour cette somme dérisoire, mon Benitié a été enlevé et décapité », martèle le fonctionnaire tout en tapant du poing sur la table. « C’est incroyable et impensable », s’indigne à son tour son épouse. C’est au bout de 11 jours de recherches que le corps sans vie du petit Benétié a été retrouvé par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) flottant dans la lagune Ebrié. Ceux-ci ont aussitôt alerté la communauté villageoise de Locodjro. « C’est la communauté villageoise de Locodjro qui m’a informé de la présence d’un corps sans vie flottant à la surface de la lagune. Quand je suis arrivé, j’ai reconnu immédiatement mon petit Benetié. C’était l’horreur ! L’enfant avait été atrocement décapité et mutilé. Mon fils était sans tête, sans le pied droit, sans le bras droit, sans sexe et d’autres parties de son corps avaient été sectionnées et emportées », explique le flic, les larmes aux yeux.

Identifié comme étant les restes du petit Benétié, le corps a été repêché par les soins des pompes funèbres et conservé à la morgue de Yopougon. Mais, la famille Marau n’était pas au bout de ses peines. « A la morgue, on m’a tendu une facture de 400.000 F Cfa. J’ai voulu abandonner le corps de mon fils. Ce n’était plus un corps. C’était plutôt une sorte de pâte, le corps n’avait pas été traité et était décomposé. C’est donc cette pâte là que j’ai enterré au cimetière de Yopougon, après avoir rempli toutes les conditions et formalités liées à une inhumation », dénonce-t-il.

Il est 16h quand nous quittons la famille Marau, au « Toits Rouges », pour Niangon Anananeraie, toujours dans la commune de Yopougon. Nous nous retrouvons après 15 minutes de voiture au domicile de Jean-Claude Koffi, un homme d'affaires qui a prospéré dans la photographie. Il est le géniteur de Jean Aurelin David Koffi, le deuxième enfant enlevé à Yopougon et retrouvé également mort dans la lagune Ebrié. En classe de Cm1 dans une grande école de Yopougon, Aurélien, né jumeau, devrait avoir 10 ans le 16 décembre 2014. Malheureusement, il a été enlevé le 1er décembre dans son école, après les cours de l’après-midi. Cinq (5) jours après sa disparition, il a été retrouvé dans la lagune Ebrié, du côté du village de Lokoua Kouté, mort et vidé de son sang. C’est un père de famille très affligé et affecté par la disparition de son fils qui s'est confié également à nous. Assis sur un canapé, les traits du visage tirés, et les paupières légèrement enflées, l’homme d’affaires a raconté à notre équipe de reportage comment l’un de ses jumeaux a été enlevé et son corps retrouvé sans vie dans la lagune Ebrié.

Mort et vidé de son sang

« C’est le lundi 1er décembre 2014 que mon fils a été enlevé. Je n’oublierai jamais cette date. Ce jour-là, j'ai fait des courses et je suis rentré à 14 h à la maison pour me reposer. J’étais toujours endormi quand, à 15h45mn, la servante est allée chercher les enfants à leur école. (Dans l'établissement Lkm, les cours prennent fin à 16h). J'étais couché sur le lit lorsque j'ai ressenti une appréhension. C’était comme si quelque chose de grave allait se passer. J'ai sauté du lit, au point où ma femme m'a demandé si j'avais un problème. J’ai répondu par la négation. Par la suite, j’ai dit à mon épouse que je partais chercher les enfants parce que je n’avais pas un bon pressentiment. J'ai ouvert le portail et sorti le véhicule. Ce jour-là, il a plu fortement sur la commune de Yopougon. Au moment où je voulais stationner devant l'établissement, j'ai vu des torrents d'eau venir dans ma direction. Pour éviter l’eau de ruissellement, j’ai préféré garer un peu plus loin . D’autres véhicules étaient stationnés, et des mères de famille, abritées sous des parapluies, attendaient également leurs enfants», raconte le père affligé.

Pour éviter que la domestique et les enfants ne le voient et rentrent sous la pluie, il appelle son épouse pour lui demander d’informer la servante de ce qu'il est garé devant l’établissement. L'homme d'affaires précise même qu'il n'est pas stationné au lieu habituel à cause des eaux de ruissellement. « 5minutes plus tard, madame m’a rappelé pour me dire qu'ils n'ont pas encore fini parce que les élèves étaient en train de balayer la classe. Je suis alors resté dans la voiture en attendant que les enfants et la servante arrivent à mon niveau. Quelques minutes après, je vois la domestique arriver avec l'un de mes jumeaux et deux fillettes. Ne voyant pas David, je l'ai demandé. C’est là qu’elle me fait savoir qu'elle avait pris les deux sacs sur ses épaules, tenait la main de David et celle de son frère jumeau. Mais, quand elle a annoncé ma présence, David a lâché sa main (il a l'habitude de faire ça, chaque fois que je vais les chercher à l'école) et s’est faufilé parmi les élèves. La servante a dit lui avoir couru après mais, il était impossible de le rattraper. Elle croyait qu'il était déjà avec moi », détaille-t-il.

Les propos de la servante paniquent aussitôt le père de David. Dérouté et affolé, il embarque les autres enfants dans sa voiture et va à la recherche de son fils dans l’établissement et aux alentours de l'école. « J’ai fouillé les différentes salles de classe, les environs de l’école, et je suis revenu au bord de la route sans l’avoir vu. Immédiatement, j’ai pensé que quelqu'un avait pris mon enfant. Le quartier est entouré de cybercafés. Le même soir, nous avons rencontré les responsables de l'école, les présidents du quartier ainsi que de nombreuses personnes susceptibles de nous aider à retrouver David. Par la suite, nous avons organisé une battue et nous nous sommes rendus à la mosquée et à l'église. Je suis passé sur les antennes de Radio Yopougon pour annoncer la disparition de mon fils. A 17 h du même jour, j’ai été au 17ème arrondissement de Yopougon pour faire une déclaration de perte. Je n'ai pas retrouvé mon fils. Le mardi 2 décembre, j’ai également utilisé les réseaux sociaux, pour annoncer la disparition de mon fils tout en balançant ses photos. J'ai aussi fait du collage de ses photos un peu partout… sans succès. Depuis le lundi 1er décembre, Je me suis dis intérieurement que quelqu’un avait enlevé mon enfant. Ce pressentiment, je l’ai eu jusqu’à ce qu'on retrouve mon enfant mort dans la lagune Ebrié, vidé de son sang », confie l'homme d'affaires. C'est le samedi 6 décembre 2014, que le père d’Aurélin, qui se trouvait à Cocody, a été appelé par l'un des responsables de l'école que fréquentait son fils pour l’informer de ce que le corps d’un enfant a été retrouvé dans la lagune Ebrié, du côté de Lokoua Kouté et que le gamin portait, sur le haut de son kaki, un macaron sur lequel était inscrit l'insigne Lkm.

L'horreur

« J'étais, ce jour-là, avec un frère à qui je n'ai pas manqué de signifier que c'était mon fils. Il m'a dissuadé de faire de telles affirmations. Mais, j'ai rétorqué pour dire que s'il porte un insigne Lkm, c'est que c'est mon fils. De Cocody, j'ai alerté tous mes parents, en leur demandant de nous retrouver à Lokoua Kouté », explique Jean-Claude Koffi. A Lokoua Kouté, c’est sans difficulté que l’homme d’affaires a identifié le corps sans vie de son enfant. « J’ai trouvé de jeunes pécheurs non loin de la berge, et je lui ai, leur ai demandé s''ils avaient trouvé un enfant. Ils m'ont demandé si j'étais le père. En réponse, j’ai sorti la photo de mon fils. Ils ont à leur tour montré des images du corps qu’ils avaient prises à l'aide de leurs téléphones portables. C'était incroyable, la tête de mon bébé était plongée dans l’eau. Ils m'ont demandé si je le reconnaissais, j'ai dit oui, parce que David aimait tellement Chelsea qu'il portait souvent un tee-shirt bleu en guise de sous-vêtement. Je suis donc retourné voir les policiers du 17 ème arrondissement, pour annoncer la présence du corps d'un enfant dans la lagune. Et leur dire que je suis là pour qu'on procède au repêchage afin que je puisse l'identifier. Quand le corps est arrivé sur la berge, après un travail abattu par les pompes funèbres et la police scientifique, c'était effroyable. C'était mon petit David. Je ne sais pas comment expliquer ma peine mais, l’image était terrible », explique-t-il. L’image était tellement insupportable que M. Koffi n’a pas pu résister à la vue du corps. Il a confié qu'il s’est laissé tomber à genoux sur la berge et a imploré le Seigneur. «Pourquoi moi ? Pourquoi, Seigneur, c'est à moi que cette chose horrible arrive ? Pourquoi, pourquoi ?», crie-t-il de toutes ses forces.

Contrairement à Benétié, aucun organe n’a été sectionné sur Aurélien. Toutefois, le corps sans vie portait des contusions ainsi que des traces visibles de seringues. Il avait été vidé de son sang. « Aucun organe ni membre n’a été sectionnémais, son sang a été extrait à l’aide de seringues. Des traces de seringues étaient visibles sur son corps. Il a été piqué sur le côté. Sa poitrine portait également des traces. Même à son pire ennemi, on ne peut pas souhaiter une telle horreur. J’ai fait enlever le corps de mon fils pour le mettre à la morgue de Yopougon. Il a été enterré le samedi 13 décembre 2014», rapporte le père d’Aurélien.

La nuit était pratiquement tombée quand nous avons franchi le seuil de la porte du domicile du grand-père d’Emmanuel Manou, la troisième victime de Yopougon. Emmanuel, cinq (5) ans, a été retrouvé égorgé sous une table, au marché de Koweït, non loin de sa maison familiale. Dans les deux pièces où vivaient l’enfant et ses grands-parents, c’était le deuil. Le grand-père et l’oncle, installés sur des chaises pliantes, nous demandent les nouvelles que nous donnons. La grand-mère qui voulait coûte que coûte participer au témoignage, se met à même le sol, à l’entrée de l’unique chambre de la maison. « C’est le 12 décembre 2014, qu' Emmanuel Manou a disparu. Il a suivi sa mère allée faire des emplettes au marché. Malheureusement, son chemin a croisé celui d’un ravisseur », précise Jonas Manou, le grand-père, qui a fait valoir ses droits à la retraite depuis des années. Une battue est alors organisée dans le quartier pour retrouver le môme. « Quand l'enfant a disparu, ses tantes et ses oncles ont fait des recherches en vue de le retrouver. Au cours de leurs investigations, ils ont croisé un groupe d’individus qui avaient arrêté un jeune portant un sac au dos. Selon ces personnes, le sac du jeune contenait la tête d’un enfant. Ils lui ont demandé de leur montrer là où il a mis le corps sans vie de celui dont il a sectionné la tête. Dans un premier temps, il a fait croire qu’il avait balancé le corps dans un gros trou. Arrivé sur les lieux, les fouilles n’ont rien donné. Quelques personnes agacées par son attitude ont failli le projeter dans le gros trou, n’eût été l’opposition des autres. Les jeunes ont donc unanimement décidé de le remettre à la gendarmerie afin de vérifier le contenu du sac », relate le retraité. L'oncle et la tante d'Emmanuel qui assistaient à la scène ont suivi les jeunes jusqu'à la gendarmerie afin d'être situés, surtout qu'ils cherchaient depuis des heures leur neveu. La fouille du sac à la gendarmerie, révèle plutôt une boîte de tomate contenant du sang.

Les graves confessions du ravisseur assassin

A la vue du sang, les gendarmes ont alors demandé aux parents d’Emmanuel de revenir faire une déposition, le lendemain, s'ils ne retrouvaient pas leur enfant. Toute la nuit, une battue a été organisée dans le quartier avec le concours de plusieurs riverains. Malheureusement, l’enfant n’a pas été retrouvé. Mais au petit matin, un coup de fil va annoncer à l’oncle, la présence d'un corps d'enfant sous l'un des étals du marché de Koweït. Quelques minutes, plus tard, le macchabée est identifié par l'oncle comme étant celui du petit Emmanuel. Il avait été égorgé et abandonné là. C'est en pleurs qu'il s'est rendu à la gendarmerie pour porter plainte. Mais celui-ci était loin de s'imaginer qu'il était attendu par les gendarmes. « Sous le feu des questions, le jeune avait fini par avouer que c'est lui qui a égorgé Emmanuel, et que le liquide contenu dans la boîte de tomate était le sang de mon petit-fils. Il a dit aux gendarmes que c'est un marabout qui lui a réclamé du sang humain, pour confectionner un fétiche qui le rendrait riche. Après ces aveux, il a été arrêté en même temps que le marabout. Quant au corps d'Emmanuel, il a été enlevé puis mis sous scellé, avant d’être conservé à la morgue de Yopougon », relate le grand-père.

Le ravisseur, très prolixe, a fait d'autres confessions à couper le souffle. Selon la gendarmerie qui l'a interrogé, il a avoué que son père était en train de construire une maison lorsqu'il a succombé à une maladie. Il lui revenait donc de plein droit de prendre la relève pour mettre sa famille à l'abri, en achevant la maison en construction. Sans le moindre sou et incapable d'achever l’œuvre de son géniteur, il a alors pris attache avec un marabout dans l'optique de disposer de l'argent nécessaire pour terminer la maison familiale. C'est ce dernier qui lui a conseillé de lui fournir du sang humain, afin de lui confectionner un fétiche capable de le rendre riche. Le jeune dit avoir refusé dans un premier temps mais, les assurances du marabout l’ont convaincu à poser l'acte. Car, ce dernier lui aurait proposé de consommer une poudre qui lui donnerait le courage de passer à l'acte sans résigner. « Quand il a pris le médicament, c'est le petit Emmanuel qu'il a croisé sur son chemin », confie le grand-père.

Emmanuel Manou, âgé de 5 ans, s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Car, quand le jeune ravisseur a consommé la poudre à lui remise par le marabout, un événement mystique s'est produit. « Il a expliqué aux gendarmes que quand il a pris le médicament, il voyait les enfants comme des poulets, et les adultes comme des moutons. Il a donc vu mon petit-fils comme un poulet, l'a attrapé et lui a tranché le cou. Il a tellement égorgé l'enfant, que seule une petite partie de la peau retenait le cou de mon petit-fils. Avant d'égorger Emmanuel, il a percé un trou dans sa gorge pour extraire son sang. C'est par la suite qu'il lui a tranché la carotide », relate le retraité.

Le ravisseur qui a mis fin aux jours d'Emmanuel, est en classe de terminale, dans un lycée. Agé de 18 ans, il a été interpellé tout comme le marabout par la gendarmerie. Déférés à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), ils sont en attente de leur procès. Quant au petit Emmanuel Namou, il a été inhumé à Boonn, son village natal, situé à 5 km de la ville de Dabou. Son existence sur terre n'aura duré que 60 mois, par la faute d'un illuminé.

Reportage réalisé par Elysée YAO

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites

Elysée Yao

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  • SOURCE: Soir info
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