Affaire « des agents de pompes funèbres abattus à Arrah » : Ce qui n’a jamais été dit


On en sait un plus sur les circonstances de la fusillade mortelle survenue le samedi 27 mai 2017, peu après 13h, dans la localité d’Arrah (207 km au nord-Est d’Abidjan). « N’To Kouamé, Glahou Alain, Taplehi Marc, Bio Guillaume, Ké Patrice, Kouaho Brou et Alain Touré ont été abattus à Arrah. Il y a eu un rescapé, du nom de Gueu Joël Annicet.

 L’enquête ouverte est terminée ce mardi 27 juin 2017. Que s’est-il passé le samedi 27 mai 2017 ? Le Cb (commandant de Brigade de gendarmerie) d’Arrah reçoit une information d’un certain Kouadio, gendarme dans le village de N’zanfouénou, en préparation de sa retraite. Le Cb instruit l’un de ses éléments à Kotobi, d’aller vérifier l’information. À Kotobi et à N’zanfouénou, il n’y a pas de gendarmerie, donc les gendarmes ont érigé des postes. Au moment où le Cb appelait au poste, des gendarmes sur place lui disent qu’ils sont avec les victimes qui soutiennent qu’après leur forfait, les voleurs se sont évanouis torse nue dans la nature. Donc les vrais voleurs étaient à pied, et non en voiture. Ils ont pris la poudre d’escampette par les broussailles.

Mais le Cb reçoit une autre information lui indiquant que selon les jeunes du village, qui avaient érigé des barrages, deux véhicules se sont dirigés vers Arrah. C’étaient une Mercedes de couleur blanche et une Toyota de type pick up couleur crise. L’informateur n’est pas formel quant à la présence de braqueurs à bord. Est-ce que le Cb a vérifié l’information ? Toujours est-il que monsieur Kouadio qui a donné l’information a dit qu’il n’a jamais dit que ces bandits étaient dans le véhicule pick up. Pourquoi le cb a-t-il déclaré les occupants braqueurs ?, Qui a informé le Cb de ce que les deux véhicules transportaient des braqueurs alors que les victimes de braquage ont affirmé que les braqueurs étaient à pied  et non en voiture? Et qu’après leur forfait (vol de trente-deux millions de francs Cfa arrachés à un opérateur économique), ils ont fui par la brousse, donc ils n’étaient pas à bord de véhicule. A quel moment sont-ils devenus plus de sept (7) personnes et sont-ils montés à bord de deux véhicules différents  ? A quel moment les deux bandits sont-ils devenus sept ? Ce sont des questions que les enquêteurs ont posées ? Comment le Cb a pu transformer cette information qui a abouti à cette catastrophe ? Lorsqu’il a appris que les deux véhicules venaient sur Arrah, il a appelé un de ses éléments, Mdl/Chef Ettien, car le Cb sécurisait une cérémonie de fête des mères. Il a pris son véhicule personnel pour venir à la rencontre de ces deux véhicules qui lui ont été déclarés », a expliqué, hier mardi 27 juin 2017 en conférence de presse, le procureur militaire Ange Kessi Bernard, à son cabinet au Plateau (Tribunal militaire).

   Crime et homicide volontaire

Poursuivant, il a détaillé : «  Là encore, il y a une première erreur : on dit qu’il y a deux véhicules qui transportent des bandits, vous venez à deux avec un pistolet. Quelle est leur position, vous ne savez pas combien sont-ils ? Vous ne savez pas de quelle arme disposaient-ils , vous venez à l’encontre de deux véhicules supposés transportés des bandits Lorsqu’ils les ont rencontrés à l’entrée d’Arrah, ils les ont laissé passer. Dès qu’ils ont tourné, le Cb a demandé à son adjoint de tirer un coup de feu en l’air. Mais là encore, les deux ne se sont pas accordés. Le Cb dit dans le pv (procès-verbal) que lorsque son adjoint a tiré quelqu’un dans le véhicule blanc a répliqué. Son adjoint monsieur Ettia qui a tiré dit que personne n’a répliqué. Ils les ont suivis jusqu’en ville avant de perdre de vue la voiture blanche.  

C’est que l’allure de la Toyota pick up a été ralentie par un gros camion dans la circulation. Les gendarmes en ont profité pour barrer la route et intimer l’ordre (de descendre). Et un à un, les victimes sont sorties du véhicule et se sont couchées. Le Cb est sorti avec son arme, et les a abattus une à une. Il y a un qui s’est échappé pour aller se réfugier dans une chambre. Ils sont allés le chercher pour venir l’exécuter. Ces personnes n’étaient pas armées. Ils n’ont pas eu de preuve que les victimes ont tiré. Les gendarmes n’étaient pas en légitime défense. Ils ont dissimulé les preuves en fouillant le véhicule. Ils doivent le faire sur les lieux, pas à la brigade qu’on va le faire. Ils disent qu’ils ont trouvé un fusil à canon scié et des armes blanches. Vous pensez que des bandits qui ont opéré, et qui savent qu’ils sont attendus, vont cacher des armes ? Les bandits qui ont braqué ont toujours leurs armes sur eux ». Par ailleurs, après avoir qualifié l’acte posé de « crime » et de « homicide volontaire », Ange Kessi a indiqué que des instructions obligatoires sont menées depuis le mardi 27 juin, pour que le procès puisse se tenir le plus rapidement possible. Les mis en cause devraient être transférés à la Maison d’arrêt et de correction militaire d’Abidjan (Mama), en attendant leur jugement, le « plus rapidement possible ».

Par ailleurs, Ange Kessi a invité les parents des défunts à procéder à la récupération les corps de leurs proches à la direction d’Ivoire sépulture (Ivosep) à Treichville, tout en rassurant que les dépenses devront être à la charge de la hiérarchie militaire. Rappelons que le samedi 27 mai 2017, dans la localité d’Arrah, six personnes ont trouvé la mort dans une fusillade attribuée à des gendarmes, à la recherche de braqueurs ayant détroussé un opérateur économique de plus de trente millions de francs Cfa. Depuis lors, le Général Kouakou Kouadio Nicolas, commandant supérieur de la gendarmerie a fait arrêter les gendarmes concernés.

 

M’BRA Konan

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M'Bra Konan

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  • SOURCE: Soir info
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