Côte d'Ivoire

Affaire un ‘’gnambro’’ tué : Les responsables des transporteurs disent toute la vérité


L'apprenti Zouré Marcel sauvagement tabassé par des agresseurs a été tué par la rumeur

Suite aux informations persistantes faisant état de ce qu’un ‘’gnambro’’ a été tué dans des affrontements avec des syndicalistes du transport, le lundi 21 août 2017, Linfodrome a rencontré des parties concernées, à Treichville.

L’ambiance surchauffée de la matinée a fait place à une atmosphère relativement calme, dans l’après midi, au moment où nous nous rendions au bureau du syndicat des transporteurs à la gare Bassam, à Treichville. Au bureau de la délégation du haut conseil du transport, nous avons trouvé plusieurs responsables regroupés dans une salle, en train de raconter la folle journée du lundi. Lorsque nous avons décliné notre identité et les raisons de notre présence dans leurs locaux, nos hôtes nous ont installé dans un fauteuil.

C’est Kader Doumbia, le délégué adjoint du haut conseil de transport à Treichville qui a planté le décor en présentant ses collègues dont le délégué principal Konaté Mingoro, Cheick Sidibé et Doumbia Mamery, président des chauffeurs professionnels de la Cedeao.

Renseignements pris, l'apprenti a été sauvagement tabassé par des quidams, le mercredi 16 août 2017, entre le grand carrefour de Koumassi et le camp commando de cette commune. Laissé pour mort, l’apprenti répondant au nom de Zouré Marcel a été transporté dans un état d’inconscience totale, au CHU de Treichville. Et la rumeur a vite fait de le tuer. En représailles, les autres apprentis étaient en train de manifester violemment le lundi 21 août 2017, quand des individus mal intentionnés ont infiltré leur mouvement, en s’attaquant à tous les véhicules de transport sur la ligne (Treichville-Port Bouet). La suite est racontée par Cheick Sidibé, le délégué du haut conseil de Koumassi connu sous le sobriquet Gort (Groupe d’organisation et de régulation du transport) et Doumbia Mamery, président des chauffeurs professionnels de la Cedeao. « Il y a quelques jours, j’étais chez moi en train de causer tranquillement avec des chauffeurs quand on m’appelé pour m’informer de ce qu’un apprenti a été agressé, qui était dans un état grave et qu’il serait même presque mort. Il a été agressé par 3 jeunes vagabonds, de jeunes bandits, entre le grand carrefour de Koumassi et le camp commando. Le chauffeur a garé pour prendre un client, et c’est là que les 3 vagabonds sont venus agresser l’apprenti. Je suis venu trouver l’apprenti couché, ça n’allait pas du tout. On a appelé les sapeurs pompiers qui sont arrivés. Ils ont administré les premiers soins, avec le soutien de la mutuelle générale des chauffeurs professionnels de la Cedeao. On a demandé aux policiers d’arrêter les agresseurs. Ils ont été arrêtés et mis à la disposition de la gendarmerie », a dit Cheick Sidibé.

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Zouré Marcel, l’apprenti transporté dans un état comateux au Chu de Treichville est ressorti le lendemain jeudi

Gort poursuit ses explications : « Mamadouba, le président de la mutuelle a demandé qu’on emmène le blessé à l’hôpital. C’est ce qui a été fait. Il a reçu les premiers soins. Dieu merci, il est bel et bien vivant. Mais la rumeur a tué l’apprenti. Il n’est pas mort, le voilà, il est bel et bien vivant, il est en bonne santé. L’enfant souffre d’une hernie discale, ce qui a fait qu’il ne pouvait plus respirer quand il a été agressé. C’est ce que les pompiers nous ont dits. J’étais présent, j’ai suivi toute la procédure, jusqu’à ce que l’enfant se retrouve là. Les fauteurs de troubles ont été arrêtés par les forces de l’ordre. Dans un élan de solidarité, les apprentis ont pris la rumeur du décès de leur congénère au sérieux. Pour eux, l’apprenti est bien mort. En représailles, ils s’en prenaient aux véhicules, aux chauffeurs. D’autres personnes mal intentionnées se sont infiltrées dans ce mouvement de colère. Ces personnes ne sont ni chauffeurs ni apprentis. On a su plus tard que ce sont des jeunes de quartiers munis de bâtons qui cassaient les véhicules. Dieu merci, la police a arrêté une dizaine aujourd’hui (lundi 21 août 2017 : ndlr).

Une dizaine de manifestants arrêtés. Zouré Marcel présenté aux apprentis, mais ces derniers ne croient toujours pas qu’il soit vivant

Doumbia Mamery, président des chauffeurs professionnels de la Cedeao a fait d’autres précisions. « Quand on a envoyé l’apprenti agressé au CHU de Treichville, ils ont fait tous les traitements pour qu’il soit sauvé. Quand il est sorti de l’hôpital le jeudi soir, il m’a trouvé ici avec le chauffeur. C’est moi-même qui ai donné des moyens pour qu’ils rentrent en famille. Mais la rumeur l’a tué. Nous avons notre réseau où nous faisons passer nos messages. Nous avons inondé ces réseaux pour rassurer que l’apprenti est bel et bien vivant. Hier soir (dimanche 20 août 2017), j’ai été appelé par le délégué qui m’a informé des rumeurs. Je lui ai dit qu’effectivement, il y a des rumeurs, mais l’enfant (l’apprenti agressé) est là, il n’a pas de problème. Ce matin (lundi 21 août 2017), à notre grande surprise, on nous a annoncé qu’ils ont barré les voies à Gonzagueville et qu’aucun véhicule ne peut passer. J’ai joint certains chauffeurs qui m’ont dit qu’effectivement des individus armés de bâtons agressaient, vandalisaient les véhicules. La première personne que je voulais voir, c’est l’apprenti tué par la rumeur. Dieu merci, il est arrivé et je l’ai emmené au milieu de la foule. Mais les gens n’y ont pas cru. Ils m’ont dit que c’est faux et que ce n’est pas lui. Il lui a été demandé qu’il porte les mêmes habits qu'il avait le jour de son agression pour qu’ils croient. L’apprenti est allé porter les mêmes habits. A son arrivée, j’ai pris des photos avec le commissaire de Gonzagueville pour montrer que l’apprenti est bel et bien vivant. Mais des gens voulaient profiter des mouvements de colère pour faire certaines choses que nous ne pouvons pas accepter. Donc on a demandé aux autorités de mettre de l’ordre. Les apprentis ont manifesté et ont leur a dit que leur frère est là, qu’il n’est pas mort. Le délégué principal a dit qu’il est prêt à dialoguer avec eux pour qu’il y ait l’accalmie. Le mouvement que vous avez vu aujourd’hui, il y avait beaucoup d’infiltrés. Il y avait des bandits qui voulaient en profiter. Mais nous, nous sommes solidaires. Nous présentons nos excuses aux passagers. Ce désagrément n’est pas de notre fait. Tout est rentré dans l’ordre ».

 

Adolphe Angoua

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