Danané/Après de fortes pluies : Une route internationale coupée

.Un camion emporté par les eaux.
04/09/2017
Danané/Après de fortes pluies : Une route internationale coupée

Les fortes pluies, qui s'abattent actuellement sur la région du Tonkpi, font des dégâts importants dans le département de Danané. Depuis plusieurs jours, c'est un véritable calvaire que vivent les populations de la sous-préfecture de Daleu, dans le canton Gouroussé.

En effet, la voie principale qui part de Danané, et qui conduit en Guinée, en passant par le département de Sipilou, est coupée en plusieurs endroits par des rivières en crue. Juste à la sortie du village de Sioba(16 km environ), la rivière "Sio" ayant débordé de son lit, a littéralement coupé cette route en deux, empêchant tout déplacement, même à pied. Non loin de là, un des affluents du Cavally, poussé par les eaux du fleuve, a envahi la route sur environ 500 mètres. Dans une tentative presqu'inimaginable, un conducteur d'un camion chargé de produits vivriers, a tenté de braver les eaux en furie.

A lire aussi: Inondatiosn, éboulements et effondrements de mur font plusieurs victimes

Son véhicule a été simplement noyé et emporté par les eaux. Il a fallu la témérité de certains jeunes gens pour sauver le chauffeur et quelques sacs de bananes. Cette situation a fait naître un nouveau type de commerce aux abords des eaux en crue. Pour faire traverser les voyageurs, des jeunes en provenance des villages de Bleupleu et de Sioba, proposent leurs services, moyennant de l'argent. Pour les motos de type Ktm, il faut au propriétaire, débourser la somme de 1000 F cfa par rivière et par voyage. Les motos un peu plus grosses sont facturées à 2000 F Cfa l'unité. Ces engins sont transportés sur des radeaux faits de morceaux de bois assemblés par des fils de fer.

Les passagers, eux, sont facturés à hauteur de 500 F cfa par passager. Pour retrouver le manque à gagner, les conducteurs de taxi-motos ont gonflé le transport, passant du simple au double. Les passagers paient 3000 F cfa pour rejoindre leurs localités. Si avec cette situation certains jeunes comme les conducteurs de taxis-moto et les passeurs se frottent les mains, ce n'est guère le cas des usagers et autres commerçantes de produits vivriers. "Chaque année, c'est la même chose. En cette période, cette voie est toujours coupée, et il faut d'énormes sacrifices pour se rendre en ville", s’est plaint un homme qui transférait son enfant malade à l'hôpital.

"Ce n'est pas facile pour nous qui faisons le commerce des produits vivriers. Chaque année, ces deux eaux débordent. En pleine saison sèche, des représentants du gouvernement viennent nous tenir des discours mielleux, mais après, c'est l'oubli total. On ne sait plus à quel saint se vouer", s'est indignée dame Doueu Marie, une commerçante de banane, rencontrée dans un embarcadère.

 

Ibrahim BAKOULE ( Correspondant)

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.ci, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Linfodrome.ci

|

  • SOURCE: Soir info

1 | 2