Premiers pas à l’université : Dans la galère des nouveaux étudiants


Les tout premiers pas à l’université sont diversement vécus par les nouveaux étudiants. Les bacheliers de 2017, qui constituent le lot des nouveaux étudiants au titre de l’année académique 2017-2018, ne font pas exception à la règle. Certains ont des appréhensions quant à l’environnement estudiantin et éprouvent même des craintes. Le tout enrobé par le manque de moyens pour s’acquitter des frais d’inscription. D’autres, par contre, sont heureux et pressés de vivre une nouvelle vie, de découvrir un nouveau monde, l’université, qui est également reconnu comme étant ‘’l’univers des cités’’.

Lundi 06 novembre 2017. Il est 11h17 mn lorsque nous franchissons l’entrée de l’université Félix Houphouët-Boigny qui fait face à l’Ecole nationale de Police, à Cocody. Le soleil, qui a entamé son parcours dans le ciel depuis 6h du matin, arrive bientôt au zénith. Nous prenons la direction du service de la scolarité, qui jouxte la présidence de cette université. Pas grand monde devant les guichets de ce service. Juste quelques courtes files d’étudiants. Parmi ceux-ci figurent des bacheliers 2017, nouveaux étudiants de cette université. Ils sont d’ailleurs les plus nombreux. Ils sont là pour, disent-ils, terminer leur inscription entamée depuis le 21 août dernier. Mlle Konan Amenan Estelle fait partie de ces nouveaux étudiants. Vêtue d’une jupe beige et d’un corsage blanc, cette jeune fille âgée tout juste de 18 ans, a été orientée à l’Ufr des Sciences économiques et de gestion (Seg). Pour cette ultime étape du processus d’inscription, elle s’est fait accompagner par un camarade de quartier. Ce dernier est étudiant depuis l’année dernière, en Licence 1 de Lettres modernes, dans cette université. Il vient de terminer ses compositions et attend les résultats. C’est lui qui sert de guide à sa jeune amie. Ce qui la rassure.

Ensemble, ils ont fait toutes les démarches, depuis les préinscriptions sur la plateforme dédiée à cet effet et mise en place par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, www.orientationsup.net. La nouvelle étudiante explique que c’est sur cette même plateforme en ligne que se font les préinscriptions et les inscriptions, après la publication des résultats des orientations. « Lorsque les résultats du Bac ont été publiés, j’ai fait ma préinscription en ligne. Plus tard, les orientations ont été rendues publiques. J’ai imprimé une copie de la fiche d’orientation, sur laquelle figurent un numéro matricule, un code qui me permettent de faire mon inscription physique, après avoir payé en ligne, les frais d’inscription, qui s’élèvent à 30 000 Fcfa.

Avec le reçu de paiement des frais d’inscription, la fiche d’inscription, l’attestation de réussite au Bac et les photos d’identité, on se rend à l’université ici pour valider l’inscription», explique Konan Amenan Estelle, quelque peu timide. Une timidité qui, soutient-elle, ne cache nullement un sentiment de peur. Cette timidité, comme elle le dit elle-même, est liée à cet nouvel environnement qu’elle découvre pour la toute première fois. « Je suis un peu stressée. C’est un nouveau monde que je découvre, un monde qui n’a rien à voir avec le lycée. Je ne connais personne ici. C’est un peu compliqué parce j’ai laissé des amis au lycée pour entrer à l’université. Ce n’est pas facile », avoue la nouvelle étudiante. Toutefois, elle reste confiante et déterminée. Elle a même hâte de démarrer les cours. En compagnie de son ‘’guide’’, elle se dirige vers l’Ufr de Sciences économiques et de gestion pour, dit-elle, savoir ce qu’il lui reste encore à faire.

Dans le couloir menant à l’amphithéâtre Léon Robert, nous rencontrons une autre nouvelle étudiante. Konaté Alima Nadège - c’est d’elle qu’il s’agit - semble perdue. Elle n’arrête pas de promener furtivement ses yeux. Nouvellement affectée au département d’espagnol, elle a dénoncé une situation. « Il n’y a aucune disposition pour recevoir les nouveaux étudiants que nous sommes et faciliter notre intégration. Nous n’avons pas tous fait le lycée à Abidjan », fulmine-t-elle. En ce qui concerne le processus d’inscription, elle le trouve fastidieux. « Je suis fatiguée de courir çà et là pour valider mon inscription. Nous avons tout payé en ligne. Il faut encore venir faire la navette entre la scolarité et le département pour régler des détails », ajoute-t-elle. Cependant, elle affirme être heureuse de poursuivre ses études dans une université propre et bien entretenue.


A quelques minutes de là, se trouve l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire (Uvci). Deux jeunes gens, de nouveaux étudiants affectés dans cette université, avaient l’air totalement égarés. Nous avons dû les aider en répondant à quelques-unes de leurs préoccupations pour mieux les orienter. « Nous venons de l’intérieur du pays, de Dimbokro précisement. Nous avons fait la préinscription et nous avons été affectés à l’université virtuelle de Côte d’Ivoire. Nous sommes là pour plus de renseignements et savoir la procédure à suivre parce qu’on ne connaît pas cette université», font savoir nos deux jeunes interlocuteurs.

Une source proche de l’Uvci qui croit avoir des informations sur la procédure d’inscription en Licence 1 pour les nouveaux bacheliers orientés dans cette université spécialisée, accepte d’éclairer la lanterne des jeunes gens, et la nôtre par la même occasion. L’on retiendra de ses explications qu’après avoir payé les frais d’inscription en ligne, les nouveaux étudiants doivent se rendre sur la plateforme du ministère de l’Enseignement supérieur pour finaliser leur inscription, à travers le lien https://inscription.mesrs-ci.net/inscription/paiement. Ils doivent ensuite aller sur la plateforme de l’Uvci pour la création de leur compte, qui leur permettra d’accéder à leurs différents espaces numériques de travail.

Le lien d’accès est http://scolarite.uvci.edu.ci/etudiant. Enfin, il leur revient de soumettre leurs dossiers d'inscription, à travers l’espace numérique de la scolarité de l'Uvci : http://scolarite.uvci.edu.ci/etudiant.
A l’université Nangui Abrogoua, l’ambiance n’est pas différente. Les nouveaux étudiants ne se bousculent pas encore aux guichets du service de la scolarité. Un membre de la présidence de l’université, qui a préféré garder l’anonymat, pointe du doigt le système mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur.

« Tout est centralisé au niveau du ministère. Toutes les inscriptions se font en ligne et les frais sont également payés en ligne », confie-t-il. Du côté de la scolarité, les agents se disent disposés et prêts à recevoir les nouveaux étudiants pour parachever l’inscription. Le hic, c’est que ces derniers traînent encore les pieds.

 

Quand l’argent fait défaut

Kouassi Kouakou Ismaël, nouvel étudiant, en fait partie. Ce jeune homme de 19 ans, bachelier 2017, avec qui nous avons échangé dans le hall de la présidence de l’université Nangui Abrogoua, dit être venu simplement s’informer. Sur quoi ? Là-dessus, motus et bouche cousue. Des instants d’après, il avoue qu’en réalité, il est venu pour voir si les nouveaux étudiants, comme lui, s’inscrivaient en masse au niveau de la scolarité. « Je suis rassuré parce que je constate que ce n’est pas la grande affluence. Certains camarades ont, comme moi, des problèmes d’argent. Ils ne peuvent pas encore s’inscrire, faute de moyens financiers. 30.000 Fcfa, ce n’est pas donné en cette période difficile. Les parents n’ont pas d’argent », souffle-t-il, avant de prendre congé de nous et rejoindre un camarade de lycée qui vient de franchir le portail d’entrée de l’université, et qu’il a aperçu.

Cette situation conduit, chaque année, les nouveaux étudiants à s’inscrire dans leurs départements respectifs et suivre les cours, dans un premier temps, en attendant de réunir les frais d’inscription. C’est bien souvent que des étudiants n’arrivent pas à composer, parce que n’étant pas régulièrement inscrits. Pourtant, ils suivent de façon assidue les cours. Sera-ce encore le cas cette année ? L’avenir nous situera.

 

Franck SOUHONE

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Franck Souhoné

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  • SOURCE: L'inter
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