Examens du Cepe, du Bepc et du Bac: Un inspecteur général fait de graves révélations

Un numéro pour dénoncer les cas de fraude
Kourouma Ibrahima appelle à la vigilance
Les examens à grand tirage démarrent le mardi 3 juillet 2012 par le Cepe/entrée en 6ème. Dans cet entretien, Kourouma Ibrahima, inspecteur général, coordonnateur général de l’inspection générale au ministère de l’Education nationale, fait de graves révélations concernant des candidats et parle des dispositions prises pour contrer les fraudeurs.

Kourouma Ibrahima, quelles sont les dispositions particulières qui ont été prises par le ministère de l’Education nationale, cette année, pour la réussite des examens ?

L’an passé, un agent de la Direction des examens et concours (Deco) est décédé, à la suite d’un accident, pendant la période des examens. Cette année, une Assurance a été contractée pour couvrir les cas de maladie et d’accident des candidats, membres du jury et de la Deco, enseignants... Nous avons mis en place un système d’information et ceux qui identifieront les fraudes dans un lieu donné pourront nous alerter. A partir du numéro 41 50 00 70, nous pouvons recevoir des messages d’alerte par sms. Nous pouvons recevoir plus de cent mille sms par heure. C’est une plate-forme qui passe par Internet. Vous-même qui avez envoyé le mail, vous recevez une réponse. Nous pouvons agir par des unités mobiles. On ne peut pas déballer les autres stratégies.

Quel acte posé par un enseignant peut-il être interprété comme étant une fraude ou une tricherie ?

Il faut que les enfants sachent qu’ils doivent arriver à l’heure dans les centres. Quinze minutes après, ils ne peuvent plus être acceptés même s’ils avaient déjà composé avant. Ce sont des prescriptions qui sont au dos de leur convocation. Ils ne doivent pas entrer dans le centre avec le téléphone portable parce qu’on a déjà eu, par le passé, des sujets corrigés que des candidats s’envoyaient sur des portables. Si nous constatons que le téléphone est allumé, nous le confisquons définitivement. C’est bon que les parents le sachent pour ne pas venir se plaindre et demander de le leur rendre. Si nous constatons qu’il y a des échanges de documents à partir du téléphone portable, l’examen s’arrête, en même temps, pour le candidat.

Quel est le sort qui a été réservé aux fraudeurs de l’année passée ?

Ceux qui ont été pris l’année passée, il y en a qui sont interdits de fréquenter pour 5 ans. Pour ce qui est des enseignants, il y en a qui vont passer devant le conseil de discipline. L’affaire est en cours. Les décisions ont été signées, il y a à peine un mois.

La responsabilité des surveillants et des forces de l’ordre peut-elle être engagée si un candidat est pris avec un téléphone portable ?

Vous savez que la plupart de nos établissements ne sont pas clôturés. Il y a plusieurs entrées.

Les candidats seront-ils soumis à des fouilles corporelles, à l’entrée des centres ?

Il faut que le candidat veille à ce qu’on ne trouve pas de téléphone portable surtout allumé, sur lui.

Les membres du secrétariat seront-ils également interdits de portable ?

Nous ne pouvons pas leur interdire les téléphones portables parce qu’ils ont besoin de communiquer, de temps en temps, avec la direction des examens et concours.

Qu’envisagez-vous pour mettre fin aux attroupements de parents d’élèves devant les centres ?

Des dispositions sont prises avec les forces de l’ordre pour qu’il n’y ait pas des attroupements. Nous prévoyons des personnes sur place et des personnes mobiles.

Avez-vous pensé à une fuite au niveau des épreuves ?

Depuis une dizaine d’années, cela n’existe plus. Il y a trois ans, ils ont fait croire que le sujet était vendu à Yopougon. On s’est fait passer pour des acheteurs mais on s’est aperçu que ce n’était pas le sujet proposé. A part le Directeur des examens et concours, personne ne sait le sujet qui va sortir. Il n’y a qu’un seul individu qui le sait. Plus on sera nombreux à le savoir, plus on ne saura pas d’où viendra la fuite.

Une menace ne peut-elle pas venir des enseignants contractuels qui n’ont pas perçu leur salaire ?

L’argent des contractuels était disponible avant même leur recrutement. S’ils ne sont pas encore payés, c’est lié à leur identification sur les lieux. La collecte doit revenir du terrain. Il se trouve qu’elle n’arrive pas comme souhaité. Nous ne pouvons donc pas avoir la preuve qu’ils sont sur le terrain. Il faut être sûr que les gens continuent de donner des cours parce qu’après un mois, certains ont disparu. Le service fait doit être constaté avant paiement. Or il faut que nous recevions des documents qui l’attestent.

Quels sont les recours pour le candidat malade qui ne peut pas composer?

Il n’y a pas de session de remplacement. Les sessions de remplacement étaient des sessions normales bis où certains profitaient de l’occasion pour frauder. Que chacun fasse sa part de sacrifice. Les résultats se préparent depuis le début de l’année. Vous savez les conditions dans lesquelles nous avons trouvé l’Ecole. Nous sommes en train de procéder à un recadrage. Nous ne pouvons pas avoir de bons résultats avant trois ans.

Quels conseils donnez-vous aux candidats ?

Qu’ils soient sereins. Les épreuves sont pour les élèves moyens. Qu’ils ne soient pas pris de panique pour tomber dans la fraude. Les parents doivent insister sur l’effort personnel à faire par leurs enfants et non les encourager à frauder. Nous disons aux enseignants que c’est le moment d’éviter les tentations. Heureusement, ils sont moins nombreux, ceux qui le font.

Entretien réalisé par

Dominique FADEGNON

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