Affaire " député et policière" : Un artiste, témoin charge la femme policier et réclame une confrontation


L'artiste Benjamin Douhou dit "Petit Guéré" remet en cause la version de la policière

A défaut de faire parler les caméras, le témoignage de l'artiste Benjamin Douhou alias "Petit Guéré", pourrait aider à tirer au clair cette affaire d'altercation entre un député et une femme policier. L'homme soutient mordicus avoir été l'unique témoin des premières minutes de l'incident ayant opposé le parlementaire, Touré Yah, à la policière commise à la régulation de la circulation, le jour des faits.

Son témoignage fait voler en éclats la thèse selon laquelle le député a giflé la policière tout en accablant celle-ci. Mais, l'artiste "Petit Guéré" dit assumer ses dires, et réclame même une confrontation avec l'agent des forces de l'ordre, qui passe pour être la victime dans l'affaire. Dans les locaux de notre rédaction, où nous l'avons reçu le samedi 3 février 2018, il a relaté les faits tels qu'ils se sont déroulés sous ses yeux. "Je mets au défi la femme policier, de venir pour une confrontation avec moi", lance-t-il, sûr de lui. Et d'ajouter: "A aucun moment, le député ne l'a brutalisée. C'est plutôt elle qui l'a violenté en le poussant quand il a voulu baisser la tête pour relever le nom qu'elle portait sur son uniforme". Puis il renchérit: " Elle a inventé cette histoire pour se sortir d'affaire".

En effet, rapporte Benjamin Douhou, les faits se sont produits, le vendredi 27 janvier 2018, peu après 19h, au carrefour situé près du collège André Malraux, à la Rivera 2. Il venait de descendre d'un véhicule, et s'apprêtait à aller emprunter un autre, pour se rendre à Yopougon. C'est alors que son attention a été attirée par une grosse cylindrée de couleur noire, qui klaxonnait pour faire signe à une policière qui lui avait barré le passage. Celle-ci régulait la circulation. Vu que l'agent de l'ordre ne semblait pas entendre les klaxons, il lui a alors fait savoir que le conducteur du véhicule noir lui faisait signe. " Je lui ai dit: Madame, on vous appelle derrière. Quand elle a regardé derrière, elle a fait un signe de la main, comme pour envoyer balader l'occupant du véhicule. C'est alors que celui-ci a sorti la tête, et lui a fait signe de jeter un coup d’œil sur le macaron de l'Assemblée nationale fixé sur le pare-brise", rapporte l'artiste.

Qui relate que, par la suite, le monsieur du bolide noir est descendu, et s'est déplacé vers la policière, à qui il s'est présenté en sortant une pièce d'identité. "C'est alors qu'elle a répondu: ‘’Et puis quoi ? Même des braqueurs peuvent être au volant d'un véhicule de la présidence’’. C'est parce que c'est Touré ou Bakayoko et puis quoi ? D'ailleurs, tout ça va finir un jour". Interloqué et choqué par cette réaction, le député s'abaisse, selon lui, pour essayer de relever le nom et les informations inscrites sur l'uniforme de l'agent de police. " Quand il s'est abaissé pour voir ce qui était écrit sur son uniforme, elle l'a poussé. C'est ce qui a attiré l'attention des autres qui ont commencé à venir. C'est moi qui suis allé vers la dame pour tenter de la calmer", raconte le témoin.

Toujours selon lui, une personnalité qui doit être un diplomate ou d'une institution internationale, a marqué un arrêt pour faire remarquer à l'agent de police, qu'elle se doit de traiter avec un minimum d'égard le parlementaire. Au dire de l'artiste, témoin oculaire, la policière a aussitôt lancé au visage de ce passant: "Même si c'est une autorité, je m'en fous ! S'il veut, qu'il aille appeler le ministre, moi je vais appeler mes patrons !". Des propos qui ont effarouché le député Yah Touré, qui a alors décidé de remonter dans son véhicule, pour attendre que débarquent les supérieurs de la policière que celle-ci a ameutés par téléphone.

Au moment où l'artiste se dirigeait vers le député qui était retourné à son véhicule, un agent de l'ordre en civil, qui était de passage, a fait savoir à la policière, qu'elle risquait d'avoir de sérieux ennuis, vu les tournures que prenait l'affaire: "Je pense que c'est comme cela que lui est venue l'idée de faire croire que le député lui a porté main, pour se sortir d'affaire. Elle est venue vers lui et lui a dit: ‘’Ah bon ! c'est parce que vous êtes député que vous m'avez giflée ?’’ Et lui de réagir en se tournant vers moi et les autres passants: ‘’Moi, je vous ai giflée ? Monsieur, est-ce que je l'ai giflée ? Vous tous qui êtes là; est-ce que je l'ai giflée ?"

Pour l'artiste "Petit Guéré", tout le monde a été abusé par la version donnée par la femme policier, du procureur de la République au Directeur général de la Police nationale. " Je la mets au défi de venir à une confrontation avec moi", soutient fermement le témoin oculaire. Non sans réclamer la démission du procureur de la République et du Dg de la Police, pour, selon lui, s'être fait mener en bateau par les dires de la policière. "S'ils ne démissionnent pas, je vais faire une grève de la faim à la place de la République, au Plateau", menace l'artiste, qui en sera alors à sa deuxième du genre après la grève de la faim observée du temps où celui-ci était à la tête de l'Etat.

 

Assane NIADA

Assane Niada

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  • SOURCE: Soir info
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