Affaire marché parti en fumée: Retour sur la grosse barbarie qui s'est perpétrée à Soubré


Les affrontements du mardi 6 février 2018 entre des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) et des populations ont duré, selon des sources sécuritaires, de 14 h à 22 h. Mais, c’est à 3 h du matin, soutient notre source, que les manifestants ont décidé de rentrer chez eux, après avoir réussi à incendier entièrement la résidence du maire Traoré Lassina, en laissant comme message ceci : « Hier (mardi), c’était le match aller. Aujourd’hui mercredi, le match retour », a fait savoir la source. Qui précise que pour ce match retour, les manifestants avaient prévu de marcher sur les symboles de l’État et autres magasins des opérateurs économiques libanais qui devaient, selon eux, racheter le marché auprès du maire Traoré Lassina.

Cette information, les Frci disent la prendre au sérieux. Aussi, ont-elles, dès le lever du jour, pris des dispositions sécuritaires plus renforcées, avec le renfort de deux détachements venus de San-Pedro et de Gagnoa. La psychose qui a gagné la population, a favorisé la fermeture des commerces et de certains bureaux, sans oublier les cours perturbés dans plusieurs établissements scolaires. Les rues barricadées par les Frci, semblaient vides. Malgré les dispositions sécuritaires, le petit groupe de manifestants qui ont tenté de braver les Frci, sont vite dispersés à l’aide des gaz lacrymogènes. Les locaux de la préfecture, du commissariat de police et de la Maison d’Arrêt et de Correction, programmés pour partir en fumée, ont été finalement épargnés. La ville a repris progressivement son animation habituelle au moment où nous mettions sous presse. Après donc les deux folles journées des mardi 6 et mercredi 7 février 2018, l’état des lieux est alarmant.

Au terme de ces journées, la mairie centrale, le bâtiment des services techniques de la mairie et la résidence du maire Traoré Lassina, situés respectivement dans les quartiers, Madou Sahoua, Séri Koré et résidentiel (château), ont été incendiés (partis en fumée). Le véhicule de fonction du Secrétaire général 1 de préfecture, qui tentait une négociation avec les manifestants, a été saccagé, et les artères principales de la ville ont été transformées en champ de bataille où sont toujours stockés les débris et les tas de pneus et autres objets brûlés, rendant difficile la circulation par endroits. Les habitations voisines à la résidence du maire ont fait également les frais, avec deux domiciles incendiés et saccagés, dont celui de l’Inspecteur du Travail, et d’un président de conseil d'administration d’une coopérative.

Ce fut la désolation et l’amertume au sein des populations qui n’arrivent pas encore à justifier les actes des manifestants orientés sur les biens publics (symboles de l’État). « Même si le maire est à l’origine de l’incendie du marché central de Soubré, qu’est-ce que la mairie et ses services techniques viennent faire là-dedans, au point de les incendier et brûler des pneus, pour encore endommager nos voies ? Ont-ils pensé un seul instant aux conséquences de ces actes ? Surtout au niveau des établissements des différents documents administratifs au niveau de la mairie ? », s’est interrogé un opérateur économique qui a voulu garder l’anonymat, de peur de faire l’objet de représailles. Comme lui, nombreuses sont les populations qui déplorent ces actes de vandalisme qui ne sont pas dignes, selon elles, de la région de Soubré. « Nous étions en effectif insuffisant, et lorsque les gaz lacrymogènes sont épuisés, les manifestants, divisés en petits groupes, ont profité et réussi à mettre le feu aux différents sites. Ce qui a d’ailleurs nécessité la demande de renforts venus de Gagnoa et de San-Pedro », a confié notre source.

 

Ambroise GINA (Correspondant régional)

Ambroise GINA

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  • SOURCE: Soir info
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