Pluies diluviennes: 106 familles jetées à la rue lancent un S.O.S au gouvernement


22/06/2018
Pluies diluviennes: 106 familles jetées à la rue lancent un S.O.S au gouvernement

24 heures après les grosses pluies qui se sont abattues sur Abidjan et des villes de l’intérieur, dont Tiassalé et Guibéroua, l’assistance aux sinistrés s’organise. Avant le déploiement sur le terrain des différentes actions gouvernementales à cet effet, 106 familles sinistrées des communes de Cocody et d’Attécoubé donnent de la voix. Elles appellent l’Etat à voler à leur secours.

La tête entre les mains, dame Adèle Kouadio, retraitée, qui se retrouve désormais à la rue, comme une cinquantaine de sinistrés de la Riviéra-Palmeraie, se fait le porte-voix des victimes de Cocody. « En une nuit, toute une vie construite pendant des décennies de durs labeurs est ruinée. Tout est perdu ici comme ailleurs, chez les voisins. Il ne nous reste que l’espoir de l’aide de l’Etat qui tarde à se faire voir », fulmine la victime des pluies diluviennes dont la résidence de 4 pièces se trouve totalement dans les eaux.

A Mossikro, dans le sous-quartier Banco-Sikassobougou de la commune d’Attécoubé, Moussa Koné abonde dans le même sens. Ce père de famille et d’autres habitants ont porté assistance à leur voisin qui a perdu 2 enfants et son épouse dans la nuit du 18 au 19 juin 2018. Il confie attendre avec impatience la solidarité gouvernementale. « La famille du voisin a péri. On nous demande de quitter la zone. Où irons-nous ? Vraiment, il faut que l’Etat nous vienne en aide. Sinon on ne sait où aller, ni quoi faire », implore le porte-parole des sinistrés, qui se fait l’avocat de la victime dont la maison, perchée sur un flanc de colline, s’est affaissée suite à un éboulement pendant la pluie de mardi dernier. « Le Premier ministre Amadou Gon est venu ici hier (mardi : Ndlr). Aucun engagement n’a été pris. Nous avons tous peur de voir les Caterpillars débarquer pour casser toutes les maisons dans la zone sans aucune perspective d’aide au relogement », s’inquiète-t-il.

Récriminations. A Cocody et Attécoubé, où plus de 116 familles ont été recensées à ce jour comme ayant été frappées de plein fouet par les inondations, derrière le S.O.S lancé au gouvernement, se cachent à peine des critiques de lenteur dans le déploiement des opérations de solidarité gouvernementale. « On a tout perdu, et on ne voit pas le gouvernement. On nous annonce plutôt un plan pour casser des maisons. On attend que l’Etat se penche sur notre dédommagement. On est là dans la peine et on ne voit rien », se plaignaient des sans-abris qui se disent abandonnés.

Des camps sociaux ouverts. Sur le terrain, des actions sont pourtant en cours. Concernant l’assistance, en effet, sur instruction de la ministre en charge de la Solidarité, Pr Mariatou Koné, des camps de prise en charge ont été ouverts. Ceux-ci sont logés dans les centres socio-éducatifs des deux communes les plus touchées du district d’Abidjan. A savoir Cocody et Attécoubé. Situé à l’Allocodrome, le centre de Cocody accueille depuis hier mercredi une centaine de sinistrés comprenant majoritairement des enfants et de femmes âgées. Ces sans-abris bénéficient d’une prise en charge totale, le temps de l’évacuation des eaux de leurs maisons ou de la remise de l’aide gouvernementale au relogement. A côté de cette action, des équipes de la direction de la Solidarité sillonnent également les différents quartiers pour recenser les victimes et identifier les besoins primaires en vue de les satisfaire. « L’assistance sociale se coordonne pour une meilleure portée. Et il faut, à cet effet, des renseignements en amont. C’est ce que les services du ministère en charge de la Solidarité s’activent à faire actuellement. Nous ne sommes point indifférents. Nous sommes plutôt au four et au moulin », fait valoir Gisèle N’doua, directeur régional du ministère de la Famille, de la Protection de l’enfant et de la Solidarité.

Des humanitaires privés répondent également à l’appel de la solidarité nationale. C’est le cas du Centre des eudistes de Cocody-Abatta. Cette association religieuse a ouvert un camp de prise en charge des sinistrés de ce quartier. Au moment de notre passage, peu après 18 heures, plus de 200 sinistrés avaient été enregistrés. Ici encore, l’on notait une forte présence d’enfants et de femmes, dont le nombre continuait de grossir. « Ils se sentent en sécurité. C’est la raison principale et nous faisons tout pour les satisfaire », a confié un des responsables dudit centre.

Un plan d’assainissement d’envergure d’Abidjan en vue.Au-delà du volet assistance aux sinistrés, le gouvernement se penche sur l’assainissement d’Abidjan. Sur ce point, un plan d’envergure de la nature des opérations ‘’barracuda’’ est en préparation. Hier, à l’occasion de la deuxième rencontre du comité interministériel de crise, le ministre de l’Intérieur, Sidiki Diakité, a fait savoir que ce plan s’inscrit dans le cadre des mesures draconiennes à exécuter à l’effet de trouver des solutions efficaces et durables aux dégâts des pluies diluviennes. «Aujourd’hui, avec la catastrophe que nous avons enregistrée il y a 48 heures, il fallait que ce comité se réunisse à nouveau pour faire l’état des lieux, dégager un certain nombre de mesures à proposer au Premier ministre, mesures qui certainement vont être annoncées dans les heures à venir », précisait le préfet hors grade Sidiki Diakité. Puis de souligner que les patrons des grands commandements de l’armée ivoirienne ont été associés à cette rencontre parce que l’appui de leurs hommes va être sollicité le moment venu. « Toutes les contributions sont les bienvenues dans la recherche de solutions durables. Les opérations à venir nécessitent la mobilisation et l’implication de tous », a clarifié le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Notons que les ministres Bruno Koné, Raymonde Goudou, Mariatou Koné, Claude Isaak De et Amédé Kouakou ont pris part à cette rencontre dont un point a été fait au Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Le chef du gouvernement va les transmettre au chef de l’exécutif ivoirien, Alassane Ouattara, qui va valider les décisions à exécuter sur le terrain.

TRAORE Tié

TRAORE Tié

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  • SOURCE: L'inter

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