Grève dans les hôpitaux publics : Tout se gâte entre le gouvernement et les syndicats de santé


La carotte pourrait céder la place au bâton. 24 heures après les négociations conduites par le ministre de la Fonction publique, Issa Coulibaly, soit le mardi 06 novembre 2018, le gouvernement menace de changer de fusil d’épaule et de frapper fort.

En effet, dans sa note de réponse aux revendications de la Coordi-Santé, le général des douanes ivoiriennes, Issa Coulibaly, qui pilote les tractations pour le compte du gouvernement, somme les meneurs de la grève, qui paralyse depuis lundi 5 novembre les activités de soins dans les hôpitaux publics, de suspendre leur mot d’ordre.

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Une source proche du dossier, au ministère de la Fonction publique, renseigne que dans la note, le ministre en charge de la médiation demande l’arrêt de la grève. Il explique que cette requête, sous forme d’instruction voilée, vise à instaurer un environnement de dialogue apaisé avec le chef du gouvernement, à son retour au pays, à partir du 18 novembre prochain. Faute de quoi les syndicalistes grévistes se rendraient coupables de la violation du protocole d’accord portant trêve sociale. Et en assumeraient toutes les conséquences, y compris celles des dérives liées à la grève sur le terrain. « Pas question de lever ou de suspendre le mot d’ordre sans des acquis concrets présentés aux camarades en assemblée générale », réagissait Boko Kouaho, porte-parole, lors d’un point-presse, hier mardi, en début d’après-midi, au siège du Synici, à Yopougon-Chu. A cette occasion, le leader syndical a précisé que le bâton n’est pas la solution pour la fin de la grève. « Les menaces ne nous semblent pas être la solution appropriée. Nous n’avons pas déchiré la trêve sociale et cela ne peut pas nous être opposé. En outre, nos dossiers sont posés depuis juillet 2018. Nous avons fait preuve de patience et de bonne foi. Il faut en tenir compte et non vouloir nous imposer le bâton. D’ailleurs, cela ne marchera pas. Nous n’attendons que des réponses concrètes à nos problèmes. Si cela est fait, on convoque une assemblée générale et les camarades vont arrêter la conduite à tenir. Ne compliquons pas ce qui est simple. N’allons pas au durcissement de la grève », a prévenu Boko Kouaho, qui avait à ses côtés plusieurs autres ‘’généraux’’ de syndicats grévistes, dont Maimouna Kangouté-Fofana (syndicat des sages-femmes) et Vazoumana Sylla (syndicat des préparateurs et gestionnaires en pharmacie).

Hôpitaux toujours paralysés. Le porte-parole de la Coordi-Santé a ajouté que le taux de suivi national a atteint la barre de 94% et que le gouvernement devrait lire le message de la base qui est celui d’une adhésion totale au mouvement en cours. « Nous sommes aujourd’hui à plus de 94% sur toute l’étendue du territoire lié au fait que le minimum est assuré à Abidjan, où le taux de suivi est de 80%. Cela montre la détermination de la base. Cherchons à régler les problèmes et non à jeter de l’huile sur le feu », a-t-il invité.

Notons que les syndiqués de la Coordi-Santé bloquent les hôpitaux publics à « 94% » depuis 48 heures pour faire aboutir plusieurs revendications. Il s’agit, entre autres, de la signature du nouveau décret portant statut de l’Infas ; du paiement aux personnels soignants de 150 et 100 points d’indices octroyés en 2017 aux fonctionnaires des catégories A, B, C, D ne disposant pas de grille particulière ; de l’octroi de l’indemnité de logement à tout le personnel soignant et administratif et de l’allocation d’une prime d’intéressement trimestriel en remplacement de celle annuelle. Les grévistes battent le pavé pour obtenir également des indemnités de risque sanitaire et de sujétion.

TRAORE Tié

 

 

 

  

TRAORE Tié

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  • SOURCE: L'inter
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