Interdiction des produits éclaircissants: Pourquoi la Côte d'Ivoire doit suivre l'exemple du Rwanda

. Voici le classement par pays
Ph DR

La dépigmentation volontaire de la peau est une pratique qui tend à se généraliser en Afrique noire.

Cette pratique a plusieurs appellations selon les pays. Le site www.SciDev.net en donne quelques unes, à savoir "khessal" au Sénégal, "bojou" au Bénin, "tchatcho" au Mali, "akonti" au Togo, "dorot" au Niger, "décapage" ou "maquillage" au Cameroun, "kobwakana" dans les deux Congo ou encore "kopakola" au Gabon.En Côte d'Ivoire, c'est ''Tcha '' ou 'tchatcholi''.                                                                                                                  Les techniques de dépigmentation utilisées sont fonction de la nature des produits. Des femmes addictives ont rapporté qu'elles appliquent directement sur la peau la crème, le lait de beauté, le savon de toilette, etc, contenant des agents éclaircissants, pour la forme cutanée. La forme intraveineuse se fait par injection des produits contenant des corticoïdes à l'aide de seringues dans l’organisme.                                                                                    Les corticoïdes et les dérivés mercuriels font également partie des substances les plus utilisées pour la dépigmentation, normalement interdits d’usage dans les produits cosmétiques, en vertu de la directive 76/768/CEE de l’Union européenne sur les produits cosmétiques. Certains contiennent malheureusement "l’hydroquinone'', qui selon des spécialistes, n’est autorisée dans les produits cosmétiques que dans les préparations pour ongles artificiels, à la concentration maximale de 0,02% (après mélange) pour un usage professionnel uniquement".

Ces produits dangereux ont des conséquences sur la peau et la santé générale des personnes qui la pratiquent. Ils sont à l’origine d’une grosse proportion des dermatoses, tumeurs, cancers et autres maladies de la peau dans les pays à grosse consommation. C'est en cela qu'il faut saluer Paul Kagame, président du Rwanda et son administration pour leur combat contre les produits éclaircissants toxiques, avec une volonté affichée de retirer le blanchiment de la peau des habitudes cosmétiques des rwandais. Le site d'information la ''Nouvelle tribune'' révèle que le président Rwandais a sommé la police, le ministère de la Santé, et les services sociaux de son pays à mettre un terme à la pratique du blanchiment de la peau au sein de sa population. Cette campagne de sensibilisation qui a débuté fin novembre dernier, va consister au retrait du commerce, toutes les gammes de produits cosmétiques contenant des substances éclaircissantes mais avérées hautement cancérigènes comme l’hydroquinone ou le mercure.

Pour cette répression, la ministre rwandaise de la Santé, Dr Diane Gashumba, a précisé que cette mesure intervient dans la mise en œuvre de la loi relative à la réglementation et à l’inspection des produits alimentaires et pharmaceutiques en son article 15. Celle-ci stipulerait que « Les produits cosmétiques doivent être exempts de substances toxiques, répondre aux normes de qualité en vigueur dans le pays et être préparés conformément aux principes de bonnes pratiques de préparation applicables ».

Décision salutaire

Au regard des risques accentués et de menace sur la santé, des différentes maladies favorisées par cette pratique et du coût de la prise en charge médicale, la mesure du Rwanda est salutaire. L'interdiction de ces produits éclaircissants doit faire tâche d'huile. Les pays africains dont la Côte d'Ivoire doivent pouvoir s'engager afin de protéger les populations. Bien de raisons justifient cet engagement. En effet, la Dépigmentation volontaire (Dv), pratique par laquelle une personne, de sa propre initiative, s’emploie à diminuer la pigmentation physiologique de sa peau, est courante dans le pays, surtout chez les jeunes femmes de 20 à 40 ans. On y trouve également des personnes addictives désormais chez une population plus jeune dont des adolescentes. On y compte aussi des hommes. C'est très souvent qu'on voit une personne avec un teint clair aujourd'hui et quelques temps après avec une épiderme noire. D'autres avec des teints pas uniformes et des tâches prononcées au niveau des coudes, genoux, dans le dos, etc. Pas du tout agréable à la vue. Certain (e) s finissent par se retrouver malades, souffrant de problèmes de peau pourtant évitables.                                                                                  

Classement

 

En 2011 déjà, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un rapport d'évaluation des risques liés à la dépigmentation volontaire publié sur des sites d'informations, a expliqué que, "historiquement, la pratique de la dépigmentation volontaire avait pris son essor en Afrique du Sud. Les marchés anglophones africains constituant la destination initiale des produits (descriptions dès 1961 en Afrique du Sud et dès le début des années 70 au Sénégal).

Le phénomène s'est répand rapidement en Afrique subsaharienne à partir des années 80. La Côte d'Ivoire n'est pas épargnée. Même si des chiffres sur le pays ne sont pas publiés, l'Organisation mondiale de la santé (Oms), lève le voile sur certains chiffres en Afrique. Le classement révèle que 77% des consommateurs de produits éclaircissants seraient nigérians, suivis de l’Afrique du Sud avec 35%, du Togo avec 29 % et enfin le Mali avec 25%. Il n’en demeurerait pas moins que le phénomène serait répandu dans tous les pays à population noire confrontés à des défis de santé publique.

Marcelle AKA

Marcelle Aka

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  • SOURCE: L'inter
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