Enseignement supérieur: Un deuxième syndicat se joint à la Cnec pour respecter le mot d'ordre de grève


Un deuxième syndicat a décidé de se joindre à la Cnec pour respecter le mot d'ordre de grève.

Décidément la situation devient de plus en plus compliquée pour le professeur Abou Karamoko, président de l’Université Félix Houphouët Boigny. Après ses déboires avec la Coordination des enseignants-chercheurs et chercheurs des universités, instituts et grandes écoles de Côte d'Ivoire (Cnec). C’est au tour du Collectif des enseignants-chercheurs de l’université Félix Houphouët Boigny (CODEC-UFHB) de se joindre à la Cnec pour suivre le mot d’ordre de grève et ainsi réclamer sa tête. Ci-dessous l’intégralité de la déclaration :

1-Sur la question des sanctions disciplinaires à l’égard de nos collègues de la CNEC 


Le Conseil de l’université, réuni en session extraordinaire le lundi 28 janvier dernier, a décidé d’infliger des sanctions à 8 de nos collègues, sanctions allant du blâme à la suspension. Ces mêmes collègues font également l’objet de poursuites judiciaires, une première dans l’histoire de nos universités Le CODEC rejette toutes ces sanctions et exige leur annulation pure et simple pour ramener le calme à l’université propice à des discussions sur les questions de fond. 
Par ailleurs, le même Conseil, dirigée par le Président Abou Karamoko, s’apprête encore à traduire 11 autres collègues en Conseil de discipline le vendredi 15 février prochain. Pour le CODEC, cela ne contribuerait qu’à jeter de l’huile sur le feu dans un contexte déjà explosif. Le CODEC en appelle à la responsabilité de tous les membres du Conseil d’université pour ces décisions sans précédent dans l’histoire de nos universités. Le CODEC invite les collègues de la CNEC à ne pas céder à la provocation. 
Sans aucun doute, toutes ces sanctions disciplinaires à l’égard de nos collègues, toutes les manœuvres d’intimidation à l’encontre de certains membres du CODEC participent de la volonté de l’équipe dirigeante d’étouffer toute contestation et toute liberté d’expression afin de faire passer des reformes suicidaires pour le système d’enseignement supérieur. 

2- Sur la question de la grève d’une année de la CNEC 

Le CODEC se montre solidaire du mot d’ordre de grève de la CNEC pour la réhabilitation de nos collègues sanctionnés. Le CODEC rappelle cependant que cette question ne doit aucunement mettre au second plan les revendications principales des enseignants-chercheurs et chercheurs qui portent essentiellement, entre autres, sur l’établissement de la connexion internet à l’université, le paiement sans condition des ponctions abusives et injustes sur les heures complémentaires de 2015-2016 et 2016-2017, le retrait immédiat du nouveau règlement intérieur, le paiement de la correction des copies, la révision du mode de désignation des Présidents et des Doyens dans nos universités, etc. Ces revendications ne sauraient être l’objet d’aucun marchandage. 
Contrairement à ce que veut faire croire le Président de l’université, Le CODEC rappelle aux enseignants-chercheurs et aux chercheurs que les charges horaires dans nos universités restent inchangées, à savoir 200 heures et 125 heures pour les enseignants de rang B et de rang A respectivement. Les maquettes pédagogiques qui resteront en vigueur sont celles adoptées de façon consensuelle au séminaire tenu à l’ex-ESIE de Bingerville du 1 au 5 juin 2015 sous l’égide du Ministère de l’Enseignement Supérieur avec la participation de toutes les universités de Côte d’Ivoire et ce en présence d’experts internationaux de renom du CAMES. Aucune modification unilatérale de la part de l’équipe dirigeante actuelle ne saurait être imposée aux enseignants-chercheurs et aux chercheurs. Les taux horaires pour les heures d’enseignement, le taux de rémunération des encadrements et pour la correction de copies devront faire l’objet d’accord avant la rentrée académique 2018-2019. 
Le CODEC prend à témoin toute l’opinion nationale et internationale face à cette volonté manifeste de l’équipe dirigeante actuelle de l’université FHB de sacrifier l’avenir de nos jeunes étudiant(e)s par la dégradation de la qualité de la formation sur l’autel de quelques calculs économiques inopportuns. Le CODEC pèsera de tout son poids pour raviver la flamme de la fonction enseignante chez la plupart de nos collègues gagnés par la démotivation parce que notre métier est l’un des plus nobles qui soit. 

2- Sur les déclarations intempestives du président dans les médias 

Depuis quelques semaines maintenant, le Président Abou Karamoko s’invite dans la presse avec pour unique objectif de jeter l’opprobre sur toute la corporation des enseignants-chercheurs et des chercheurs et livrer ses propres collègues à la vindicte populaire et ainsi justifier l’ensemble de ses prises de décisions sans fondement. En prétendant mettre fin à une prétendue « fraude » organisée par les enseignants de l’université FHB, Monsieur Abou Karamoko s’en prend également à la gestion de tous ses prédécesseurs dont Mme le Ministre Prof. Bakayoko-Ly Ramata, Prof. Tea Gokou et Prof. Ake N’Gbo pour ne citer que ceux-là. Le CODEC juge ces agissements indignes d’un dirigeant d’une institution aussi importante que l’Université FHB. Le Président a la responsabilité de ramener le calme et la sérénité à l’université propice à un bon environnement de travail. Ce n’est certainement pas ces déclarations intempestives et méprisantes à l’égard de notre corporation, dont il fait partie, qui ramèneront le calme à l’université. Le CODEC interpelle notre Ministère de tutelle sur cette situation de pourrissement orchestrée par l’équipe dirigeante actuelle de l’Université FHB. 
En tout état de cause, le CODEC se réserve le droit de répondre à toutes ces interviews et articles de presses diffamatoires suscitées à l’encontre de la corporation. 


Fait, à Abidjan, le 05 février 2019 
Pour le Collectif, le Porte-parole Dr YEO Kanabein Oumar

Serge Maxime KOUADIO

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  • SOURCE: Linfodrome
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