Mutilation génitale : Voici les zones les plus touchées par l'excision en Côte d’Ivoire


L’Imam Cissé Djiguiba invite les gouvernants à aller au-delà des décisions pour l’éradication de l'excision en Côte d’Ivoire.

L’excision est la forme la plus pratiquée des mutilations génitales en Côte d’Ivoire, avec une prévalence nationale de 36,7 %, selon les résultats de l’Enquête par grappe à indicateurs multiples (Mics 2016) sur la situation des femmes et des enfants.

L'enquête réalisée par l’Institut national de la statistique (Ins) révèle la persistance de cette pratique néfaste dans certaines régions du pays. Le Nord-ouest vient en tête avec 75,2 % des cas et 73,7 % des victimes dans le Grand Nord. Vient ensuite l’Ouest qui totalise 62,1 % de filles excisées, suivie du Centre-nord (42%). 39,1% ont été enregistrées dans le Sud-ouest et 34,8 % au Centre-ouest. Le sud, sans la ville d’Abidjan, totalise 26,1 % des victimes ; 25 % des filles dans le Nord-est et la ville d’Abidjan en comptait 24,6 % contre 23,7 % au Centre du pays. 

Ces données démontrent à quel point l’excision est de plus en plus pratiquée en Côte d’Ivoire. Les mutilations génitales féminines (Mgf), qui représentent des pratiques culturelles portent atteinte à l’intégrité physique de la femme. Elles constituent des actes de violation des droits humains et une grave menace pour la santé des femmes et des filles notamment sur les plans psychologique, sexuel et procréatif. Selon les spécialistes, elles ont, entre autres, pour conséquences d’accroître leur vulnérabilité face au VIH/Sida. Comme toutes les autres formes de violences faites aux femmes et aux filles, ces pratiquent posent l’épineuse question du genre et de la place des femmes dans la société.

Dans la dynamique de la riposte contre ce phénomène, chaque année, les gouvernements, le système des Nations unies, les organisations de la société civile se mobilisent pour faire le bilan de la lutte pour l’élimination des Mgf, et proposer les actions à venir pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro en 2030. Cela, en conformité avec le point 5 des Objectifs du développement durable (Odd). Ils exhortent les Etats et acteurs de la lutte à des actions accrues afin de parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les filles.

Le sous-objectif 5-3 vise l’élimination de toutes formes de pratiques néfastes telles que les mariages d’enfants et les Mgf. Dans la mise en œuvre des Odd, la fondation Djigui, une des organisations qui a porté la lutte en Côte d’Ivoire, continue ses actions de sensibilisation. Elle a célébré, le 6 février 2019, l’anniversaire de la création du Comité Inter-africain sur les pratiques traditionnelles qui affectent la santé des femmes et des enfants (Ci-Af) ainsi que la Journée internationale tolérance zéro aux Mgf dans le monde. Le président Cissé Djiguiba a appelé les gouvernants à aller au-delà des décisions pour l’atteinte de l’objectif tolérance zéro Mgf.

Marcelle AKA

 

Marcelle Aka

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  • SOURCE: L'inter
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