Enseignement supérieur : Les universités de nouveau paralysées dès lundi, de grosses menaces planent sur le Bac et le Bts


18/05/2019
Enseignement supérieur : Les universités de nouveau paralysées dès lundi, de grosses menaces planent sur le Bac et le Bts
Ces responsables syndicaux ont décidé de déchirer la trêve sociale prônée par le gouvernement ivoirien.

Les universités publiques, les instituts de recherche et grandes écoles de Côte d’Ivoire, seront de nouveau fermées à compter du lundi 20 mai 2019. En effet, trois (03) syndicats de  l’enseignement supérieur du pays, et non des moindres ont décidé d’unir leurs forces en vue de mener une grève pour l’amélioration des conditions de vie des enseignants chercheurs de Côte d’Ivoire. Il s’agit notamment, de la Coordination des enseignants chercheurs de Côte d’Ivoire (Cnec), du Collectif des enseignants chercheurs de Côte d’Ivoire (Codec), du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Côte d’Ivoire (Sylec).

Ces trois (03) syndicats ont décidé de déchirer la trêve sociale prônée par le gouvernement ivoirien. Laquelle, stipule une abstention de grève des syndicats de Côte d’Ivoire sur une durée de cinq (05) ans. En conférence de presse le samedi 18 mai 2019 au siège de la Cnec, sis, à l’Université Félix Houphouët Boigny (Ufhb), d’Abidjan-Cocody, les premiers responsables de la Cnec, du Codec et du Sylec ont annoncé la fermeture des universités publiques et instituts de recherche de Côte d’Ivoire pour une durée d’une (01) semaine à compter du lundi 20 mai 2019.

Cette grève, indique Johnson Zamina, porte-parole de la Cnec, pourrait être reconduite si le gouvernement ivoirien ne pose pas des actes forts allant dans l’intérêt des enseignants chercheurs de Côte d’Ivoire. Ces derniers réclament entre autres, de nouveaux salaires, de nouvelles primes de recherches, le paiement des reliquats des heures complémentaires 2015-2016 et 2016-2017 à l’Ufhb, l’amélioration des conditions de travail, la révocation du président de l’Ufhb, prof Abou Karamoko. « Nous voulons de nouveaux salaires parce que nous le méritons. Nous sommes classés après le doctorat et c’est à l’international que nous sommes évalués. Nous voulons un salaire à la hauteur du doctorat désormais. Egalement une prime de recherche à la hauteur du doctorat parce que la prime qu’on nous donne est de plus en plus dépassée. D’où vient-il qu’un professeur titulaire n’a que 625.000 F cfa le trimestre comme prime de recherche, alors que, à la fonction publique, la secrétaire a 900.000 F cfa pour le même trimestre. Si l’Etat fait cet effort de donner à une secrétaire 900. 000 Fcfa pour le trimestre alors que l’enseignant ici, qui est le professeur titulaire à 625.000 Fcfa. C’est comme si, l’Etat était en train de dire à l’élève d’être au-dessus de son maître. Nous avons les plus grands diplômes, mais nous sommes maltraités dans ce pays. Ceci n’est pas bon pour un pays qui se veut émergeant.», a martelé Prof. Johnson Zamina, affirmant au passage que cette grève n’a aucun relent politique contrairement à ce que pense le gouvernement ivoirien.

Pour Dr Oulai Pascal, premier responsable du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Côte d’Ivoire (Sylec), cette grève qui débute lundi est un avertissement pour le gouvernement ivoirien. Il indique en effet, que les examens du Baccalauréat (Bac) et du Brevet de techniciens supérieur (Bts) risquent de ne pas avoir lieu si les données ne changent pas. « Nous sommes déterminés cette fois-ci à aller jusqu’au bout. C’est beaucoup plus facile pour les autorités de déplacer les problèmes que de les résoudre. Depuis le 05 avril 2019, tous les syndicats de Côte d’Ivoire ont été convoqués à la primature. Depuis lors, nous avons le sentiment d’être oubliés. Comme la grève est le seul moyen d’expression. Comme les autorités ne veulent pas nous entendre, c’est pourquoi, nous lançons tous ce mot d’ordre de grève. Les salaires ne sont pas alignés sur le régime Lmd. Partout dans le monde entier où ce système de formation a été appliqué, on a revalorisé les salaires des enseignants et chercheurs parce que ce système apporte beaucoup de surcroit de travail au niveau des enseignants et chercheurs. En Côte d’Ivoire, rien n’a été fait jusque-là.», a dit Oulai Pascal, visiblement très en verve. 

Faut-il, le rappeler, au terme d’une Assemblée générale organisée le jeudi 31 janvier 2019, les enseignants des universités publiques et des instituts de recherches de Côte d’Ivoire avaient décidé d’une suspension des activités académiques dans toutes les structures universitaires sur toute l’étendue du territoire national pendant une année à compter du lundi 04 février 2019 jusqu’au lundi 04 février 2020. Un mot d’ordre qui a valu l’arrestation du premier responsable de la Cnec. Ce mot d’ordre de grève a fini par être levé le 31 mars dernier, redonnant de l’espoir au système éducatif ivoirien. Avec ce nouveau mot d’ordre de grève d’une semaine, reconductible en cas de non satisfaction des revendications des syndicats, des jours sombres s’annoncent pour l’enseignement supérieur ivoirien, surtout qu’aucune université ivoirienne ne figure sur la liste des 200 premières universités d’Afrique. Espérons que des solutions soient trouvées au plus vite pour que les universités ivoiriennes retrouvent leurs lustres d’antan. Car ce climat social n’arrange personne !

 

 

Maxime KOUADIO

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