Yopougon/ Interdiction des wôrô-wôrô banalisés : La galère des populations


12/09/2019
Yopougon/ Interdiction des wôrô-wôrô banalisés : La galère des populations
Comme il fallait s’y attendre, cette décision de la mairie de Yopougon a bouleversé les habitudes des utilisateurs de ces véhicules de tourisme.

Depuis le lundi 9 septembre 2019, la mairie de Yopougon a mis fin aux activités des « wôrô-wôrô sauvages » (véhicule de tourisme exerçant l’activité de transport, ndlr), à travers un arrêté rendu public. Du coup, elle a fait fermer les gares et lieux de stationnement qui accueillaient ces véhicules.

Le lendemain mardi 10 septembre 2019, les autorités municipales de Yopougon ont déployé des policiers municipaux sur ces lieux, pour traquer les réfractaires.

Comme il fallait s’y attendre, cette décision de la mairie de Yopougon a bouleversé les habitudes des utilisateurs de ces véhicules de tourisme.

« J’ai été obligé de sauter dans un bus de la Sotra en direction de Koumassi. C’est la première fois que j’emprunte un bus depuis dix ans », nous a expliqué Touré Y., agent d’une entreprise de téléphonique mobile située sur le boulevard Valérie Giscard D’estain. D’autres ont changé leur itinéraire. C’est le cas de Yao K. qui est distillateur à Marcory. « J’ai dû emprunter un taxi communal qui m’a transporté jusqu’au quai des bateaux bus à Lokodjro, afin que j’utilise un bateau en partance pour Treichville. De là, j’ai sauté dans un autre taxi pour Marcory zone 4 », nous a-t-il décri son périple. M. Yao a ajouté que son budget de transport va connaître une hausse qui va agir sur ses dépenses mensuelles.

Si ces personnes interrogées ont eu la chance et les moyens de se déplacer aisément, ce n’est pas le cas de bon nombre d’usagers qui ont été surpris par la décision, et qui n’avaient pas prévu un tel scenario. En tout cas, jusqu’à 11h 30mn, ce mardi, une foule de « passagers » de wôrô-wôrô banalisés attendaient au niveau de Lavage sous la ‘’surveillance’’ des policiers municipaux, sifflet à la bouche, qui veillaient au grain. Sous cette canicule, certains esprits ont commencé à s’échauffer, lançant des propos très hostiles aux autorités municipales.

D’autres plus modérés ont proposé des solutions. « Nous demandons au maire (kafana Koné, ndlr) de trouver une solution. Il ne faut pas supprimer les wôrô-wôrô sans solution pour les habitants de Yopougon que nous sommes. Il nous faut au moins des taxis intercommunaux, alors que toutes les activités sont formellement interdites ici», a suggéré M. Yapi fonctionnaire dans un département du ministère de l’Education nationale, à Cocody (Saint Jean).

Les minicars ont ajouté au calvaire de ces nombreux usagers privés de wôrô-wôrô. Les apprentis exigeaient systématiquement la monnaie et faisaient monter les enchères. Le tarif de la distance Lavage-Siporex, qui était de 100 francs Cfa est passé à 200 francs Cfa pour certains.

Comme on le voit, si la traque des ‘’gnambros’’ (rabatteurs des gares routières, ndlr) est saluée par les populations, l’interdiction des wôrô-wôrô est un véritable casse-tête chinois pour les usagers de Yopougon en direction ou en provenance de Cocody, de Treichville, de Marcory, de Koumassi et de Port-Bouët.

M’BRA Konan

 

 

M'Bra Konan

|

  • SOURCE: Soir info
Previous ◁ | ▷ Next
 

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte