Situation sécuritaire aux frontières ivoiriennes : La Côte d'Ivoire gravement exposée à des attaques terroristes

Des experts tirent la sonnette d'alarme et font des recommandations
18/09/2019
Situation sécuritaire aux frontières ivoiriennes : La Côte d'Ivoire gravement exposée à des attaques terroristes
Des experts ont réfléchi sur les menaces terroristes qui guettent la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

La ville de Tengrela a abrité, du 11 au 14 septembre 2019, les travaux du troisième atelier de coopération internationale transfrontalière, regroupant autorités administratives, élus et forces vives des départements de Tengrela et Kaniasso, pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire et ceux des cercles de Kolondiéba et Kadiolo au Mali. La cérémonie d’ouverture s’est tenue au foyer des jeunes de la ville, en présence du préfet de Tengrela, Cyrill Ambroise Diomandé, et de Kalifa Koné, celui du cercle de Kolondiéba.

Il y a trois ans, ils avaient initié cette rencontre internationale transfrontalière. Le directeur national des frontières du Mali, Ladji Sogobo, au ministère malien de l’Administration territoriale, et Ibrahima Bayo, sous-directeur national de l’Administration du territoire et de la décentralisation au ministère ivoirien de l’Administration du territoire et de la décentralisation ont pris part à cet atelier, qui était placé sous le parrainage de Siama Bamba, le président de l’Union transfrontalière des collectivités territoriales de l’espace Sikasso (Mali), Bobo Dioulasso (Burkina Faso) et Korhogo (Côte d’Ivoire).

Le préfet de Kolondieba (Mali) a déclaré : « pour cette troisième rencontre, nous sommes déjà à un niveau satisfaisant. Nous avons enregistré beaucoup d’avancées, notamment dans le domaine de la cohabitation entre éleveurs et agriculteurs et la libre circulation des personnes et des biens ». « À ma connaissance, il n'y a pas de menace terroriste mais comme on le dit, il faut toujours être sur ses gardes, être toujours vigilant. Pour l’instant, aucun indice n’indique qu’il y a une menace de terroriste. La coopération transfrontalière va aboutir, pour une bonne cohabitation entre les populations d’abord, et entre les autorités administratives, politiques, sécuritaires et même entre les opérateurs économiques », a-t-il soutenu. Quant à l'Ivoirien Cyrill Diomandé Ambroise, il a relevé des « avancées pour la libre circulation des biens et des personnes, la collaboration immédiate entre les forces de défense et de sécurité des deux pays ». « Cette collaboration permet de renforcer la sécurité, même au niveau du vol de bétail et des conflits nés de la gestion des ressources naturelles », a-t-il insisté. À sa suite, Timma Thomas Coulibaly, chef de division Coopération transfrontalière à la direction nationale des frontières du Mali a souligné que des menaces demeurent.

Des cellules dormantes
« Pour le moment, nous n'avons pas enregistré des cas d’attentat de terrorisme entre la frontière du Mali et la frontière de la Côte d’Ivoire. Mais il demeure toujours des cas de menaces. Nous avons des informations faisant état de l’existence de cellules dormantes. À tout moment, ça peut dégénérer. Donc, il faut aller à la délimitation, à la démarcation, à la coopération transfrontalière, pour développer ces zones frontalières qui sont dans la précarité. Et qui constituent un terreau dans lequel les terroristes viennent puiser à cause de la pauvreté. Parce que parmi ces personnes qui vivent dans ces localités transfrontalières, certaines peuvent passer toute l’année entière sans pouvoir empocher la somme de 50.000 FCfa. Alors que quand le terroriste arrive, il propose la même somme par jour. Donc, à cause de la pauvreté, les gens acceptent de les suivre. Tant que nous ne cherchons pas à développer les zones frontalières, l’insécurité va toujours régner dans ces localités frontalières de nos pays », a recommandé Timma Thomas Coulibaly. Avant d'ajouter : « cette coopération transfrontalière, qui est à sa troisième édition, a nettement amélioré les vols qui étaient récurrents. Mais grâce la coopération transfrontalière, cette pratique a diminué grâce à l’implication des forces de défense et de sécurité des deux pays, qui interviennent directement sans passer d’abord par la hiérarchie qui devrait d’abord donner un accord ; un processus accompagné de la lourdeur administrative n’apportait pas des résultats escomptés ».

Le 11 septembre, à l'ouverture de l'atelier, les partenaires de ce projet ont exprimé leurs inquiétudes. En effet, Gérôme Dakouo, Coordinateur régional de la Coopération allemande (Giz) et du Programme frontière de l’Union africaine (Pf Ua), a noté des menaces au niveau des différentes frontières entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Il a tiré la sonnette d'alarme. « Des menaces continuent de se faire enregistrer au niveau des frontières Mali-Côte d’Ivoire et du Burkina Faso-Côte d’Ivoire. Ensuite, personne ne peut dire être épargné de ce phénomène. Seule la collaboration avec les populations peut nous permettre d’abdiquer le phénomène. C’est aux maires des communes, d’organiser la collaboration avec les populations et les forces de défense et de sécurité, pour que règne la confiance entre les parties. Et nous sommes prêts à apporter notre appui financier. Pour renforcer l’aspect sécuritaire, il faut le renseignement qui doit venir des populations. Et si cette population ne se sent pas en phase avec les forces de défense et de sécurité, il est très difficile qu’elle puisse collaborer et dénoncer les auteurs de ces troubles. Donc pour lutter efficacement contre l’insécurité dans les zones frontalières, il faut que les populations et les forces de défense et de sécurité soient en phase, à travers des échanges d’informations », a-t-il déclaré.
Ibrahima Bayo, le sous-directeur de l’Administration du territoire et de la décentralisation au ministère ivoirien de l'Administration du territoire et de la décentralisation, a abondé dans le même sens. « Il faut procéder à la sensibilisation des forces de l’ordre des deux pays. Car, l’un des moyens pour combattre le terrorisme, ce sont les échanges d’informations entre les populations des frontières qui servent de porte d’entrée. Aujourd’hui, ces différentes rencontres internationales peuvent assurer qu’on puisse aisément échanger des informations pour augmenter notre efficacité dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il dit.

 

Aly OUATTARA

(Correspondant régional)

 

Aly OUATTARA

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  • SOURCE: Soir info

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