Reportage: Deux semaines après les inondations, Grand-Bassam sort la tête de l’eau : Comment la vie reprend dans les quartiers


06/11/2019
Reportage: Deux semaines après les inondations, Grand-Bassam sort la tête de l’eau : Comment la vie reprend dans les quartiers
La principale rue du quartier France où se déroule l’Abissa est à nouveau praticable (Ph : F.S.)

La ville historique de Grand-Bassam revient progressivement à la vie, après les difficiles périodes d’inondations et de montée des eaux qu’elle a connues, au mois d’octobre dernier. Nous y avons fait un tour, hier lundi 04 novembre 2019.

C’est sous une fine pluie qui s’est imposée, pour un court instant au beau soleil qui illuminait le ciel, que notre équipe de reportage accède à la commune de Grand-Bassam, peu après 10h30 mn. La ville déclarée patrimoine mondial de l’Unesco semble avoir rangé derrière elle, les moments d’inondations et de crue de la lagune provoquées par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le district d’Abidjan et les villes périphériques dont fait partie Grand-Bassam. Du moins, elle s’y attelle progressivement.

En tout cas, la ville sort la tête de l’eau, deux semaines après les inondations. La voie menant au centre culturel Mockey, juste après la descente du pont de la victoire, est à nouveau praticable. Les eaux qui en étaient les maîtres ces derniers temps, se sont retirées. Piétons et automobilistes l’empruntent à nouveau. La rue principale du quartier France où se déroule l’Abissa a également retrouvé son ambiance habituelle. Les incessants mouvements de véhicules aussi bien de transport en commun appelés taxis communaux ou woro-woro et des véhicules particuliers l’attestent. Les commerces (maquis, restaurants et bistrots) ont rouvert à la grande joie des habitués de ces endroits. Toutefois, il y a encore certaines zones qui sont sous les eaux. « C’est du côté lagunaire du quartier France. Il y a encore des inondations au quartier Oddos.

Au quartier Petit Paris, une grande partie est encore sous les eaux. Il faut noter quand même qu’il y a une baisse du niveau de l’eau », confie Amadou Bayaki, conseiller municipal à la mairie de Grand-Bassam et l’un des acteurs de la gestion de cette crise d’inondation que nous avons rencontré à son bureau. Il avait à ses côtés, Yao Edouard du service socio-culturel et développement humain. Cette baisse du niveau de l’eau, selon le conseiller municipal, est le résultat d’efforts conjugués. « C’est vrai que ces temps-ci, il ne pleut pas beaucoup.

Mais, le maire de Grand-Bassam, le préfet et le vice-président de la République, ont décidé, en attendant l’ouverture de l’embouchure, d’apporter une solution alternative, celle de pomper l’eau », explique le collaborateur du maire Jean-Louis Moulot. La solution de pompage de l’eau a été proposée pour effectivement parer au plus pressé parce que la situation à Grand-Bassam devenait inquiétante. L’eau n’avait de cesse de monter, les cas d’inondations des rues et des habitations allaient croissants. Les autorités de la ville ont donc mobilisé quatre motos-pompes qui ont été installées entre la mer et le fleuve. A l’aide de longs tuyaux, les eaux du fleuve en crue sont pompées et déversées dans la mer. Et cela, 24 heures sur 24.

Retour à la maison

Fort heureusement, cette solution palliative urgente a eu des effets positifs. Certaines zones totalement inondées, il y a encore quelques jours en arrière, sont aujourd’hui débarrassées des eaux. « L’eau a baissé au niveau du quartier France et au niveau de Petit Paris. L’eau a tellement baissé que certaines populations ont commencé à rentrer chez elles », se réjouit notre interlocuteur.

A ce jour, environ 300 personnes recueillies dans les centres d’accueil ouverts dans l’urgence par la mairie, ont regagné leurs domiciles. Lorsque la crise des inondations est survenue, c’est environ 4000 individus qui ont été recueillis sur l’ensemble des 3 sites ouverts par la mairie. Un à la paroisse Coeur immaculé de Marie sis au quartier Impérial, un autre au Centre de formation professionnel (Cfp) et un dernier site au niveau du phare. A ce jour, sur le site du quartier Impérial, sur 126 personnes recueillies, il n’en reste plus que 87 personnes. 39 sont donc rentrées chez elles.

Mais sur le site du Cfp, elles étaient 111 personnes. Actuellement, le nombre est monté à 123. « La raison, c’est que quand les populations retournent chez elles et que l’eau monte encore, elles reviennent sur le site d’accueil », justifie le conseiller municipal.  

 La question de l’embouchure

Les populations réclament l’ouverture de l’embouchure. Le début des travaux pour son ouverture était initialement prévu pour janvier 2020. Mais vu l’urgence consécutive aux inondations et à la montée des eaux et sensibles au cri du coeur des populations, les autorités du pays ont avancé la date de démarrage des travaux à ce mois de novembre 2019. Toutefois, des précautions sont à prendre pour ne pas qu’une ouverture précipitée de l’embouchure provoque d’autres problèmes difficiles à gérer. Les autorités sont en effet convaincues que cette ouverture ne peut se faire sans quelques dégâts collatéraux. C’est pourquoi, depuis quelques jours, des équipes du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd) et du ministère de l’Equipement sont à pied d’oeuvre du côté du site de pompage et de l’embouchure. Au regard de ce qu’il a été donné de voir, les travaux pourraient démarrer incessamment. En effet, sur le site de pompage, l’eau a séché. Les travaux préliminaires sont actuellement au stade du nivellement de la berge avec des machines, en attendant les travaux pour l’ouverture prochaine de l’embouchure. 

Les populations ont en tout cas bon espoir que les choses iront dans le bon sens afin d’oublier la situation cauchemardesque d’octobre dernier.

 

Franck SOUHONE

 



 

Franck Souhoné

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  • SOURCE: L'inter

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