Abobo/ situation des gnambros : l’Etat et la mairie mis en cause


21/11/2019
Abobo/ situation des gnambros : l’Etat et la mairie mis en cause
Des membres de la société civile réfléchissent sur la situation des Gnambros.

Le Forum de la société civile de l’Afrique de l’Ouest (Foscao-ci) a mené une étude sur l’incivisme dans la commune d’Abobo. Le compte-rendu de cette investigation a été donné le mercredi 20 novembre 2019 dans les locaux de la mairie de la commune en question.

Deux groupes de deux exposants ont tenté de donner les raisons du manque de civisme qui existe dans la commune la plus peuplée du district d’Abidjan. Pour les premiers, ils se sont penchés sur le thème « quelles sont les raisons qui expliquent la montée de l’incivisme dans la commune d’Abobo » tandis que les seconds chercheurs ont tablé sur « en quoi le phénomène des gnambros est-il un facteur incubateur de la violence. »

Les gnambros de la commune d’Abobo ont parlé à cœur ouvert. S’il est vrai que l’éducation des uns et des autres est pointée du doigt, les gnambros ont indexé l’Etat et la mairie d’être à la base de la monté de ce phénomène dans la commune. Selon eux, ce métier a gagné la jeunesse d’Abobo après la crise postélectorale de 2010-2011. Le manque d’emploi, la pression sociale, la faiblesse de l’Etat et la recherche de notoriété ont conduit bon nombre de cette frange de la population à s’intéresser à une telle activité. Aussi le coté lucratif du secteur du transport y a contribué. Ils reprochent, de plus, aux autorités municipales de ne pas avoir une politique jeune pour la commune.

Néanmoins, ils disent être contraints d’exercer ce travail. « Si je trouve du travail, je quitte ce métier » a indiqué un gnambro cité dans le rapport. Ils justifient, par ailleurs, leur présence sur les routes par le fait qu’ils organisent le secteur du transport et protègent les passagers. Sur la question de la violence, elle constitue un instrument de travail. Instrument sans lequel, les gnambros n’arrivent pas à faire leur recette au risque de leur vie.

Selon ce rapport, ils sont pour la suppression de ce job en passant par la suppression des gares parallèles. Ils souhaitent également avoir un financement pour l’établissement d’un permis de conduire et l’achat de Gbaka.

Les populations de la commune aimeraient, elles aussi, l’organisation de ce secteur, la formation et la réinsertion des gnambros.

Kacoutié Amoikon, conseiller municipal à Abobo, invite les acteurs de la société à relativiser la situation des Gnambros. « Tout le monde a sa part de responsabilité à tous les niveaux. Nous sommes tous interpelés. » a fait comprendre Kacoutié à l’auditoire.

Les chercheurs du Foscoa ont noté que la commune d’Abobo est la commune dans laquelle le phénomène est le plus intense dans le district d’Abidjan.

 

Alain B. Zadi (Stg)

Alain Zadi (stg)

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  • SOURCE: Linfodrome

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