Justice sociale, Travail décent et inclusif : 54 Etats d’Afrique membre de l’OIT à la recherche de solutions à Abidjan


03/12/2019
Justice sociale, Travail décent et inclusif : 54 Etats d’Afrique membre de l’OIT à la recherche de solutions à Abidjan
Le ministre Pascal Kouakou Abinan a souligné l’impérieuse nécessité de restructurer l’économie des Etats africains, qui jusque-là, est informelle

La 14ème réunion régionale africaine de l’Organisation internationale du travail (Oit) s’est ouverte ce mardi 03 décembre 2019 à Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody. Durant quatre jours, les 54 Etats d’Afrique, membre de l’Oit et les représentants des organisations internationales et non gouvernementales partenaires réfléchiront sur la nécessité d’œuvrer pour la promotion du travail décent et inclusif en Afrique.

54 Etats de l’Afrique prennent part à la 14ème réunion régionale de l’Organisation internationale du travail qui se tient du mardi 03 au vendredi 06 décembre 2019 à Abidjan. Placé sous le thème : « Vers plus de justice sociale : façonner l’avenir du travail en Afrique. », cette rencontre sera le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda du travail décent.

Pour cette réunion, il s’agira également pour les participants de continuer les réflexions sur l’avenir du travail à la veille du deuxième centenaire de l’Oit et d’en définir un agenda du travail décent à l’horizon 2020-2030. Sur ce point, la priorité sera d’appréhender les réalités du continent africain en matière de travail décent tenant compte de la progression de la justice sociale.

Prenant part à cette 14ème réunion africaine de l’Oit, Pascal Abinan Kouakou, ministre de l'Emploi et de la Protection sociale de Côte d’Ivoire, par ailleurs, président de cette 14ème réunion régionale africaine, a souligné l’impérieuse nécessité de restructurer l’économie des Etats africains. Une économie qui jusque-là, est dominée par le secteur informel.

« Le continent africain est confronté à de nombreuses difficultés relatives à l’importance de l’économie informelle ; au chômage de la jeunesse pour laquelle il nous faut nécessairement construire un avenir sûr ; à notre faible niveau d’industrialisation ; à notre système agricole fortement orienté vers l’exportation de nos matières premières ; à la déforestation galopante et bien entendu au changement climatique et à ses conséquences dramatiques qui n’iront que croissant si nous n’agissons pas vigoureusement. », a indiqué Pascal Abinan Kouakou. Avant de se pencher sur le cas spécifique de la Côte d’Ivoire où selon l’enquête nationale sur la situation de l’emploi et le secteur informel (ENSESI 2016), la structure de l’emploi est prédominée par des emplois informels avec un taux de 93,9%, qui s’élève à 97,9% en milieu rural.

« Cette situation expose une grande partie de la population active aux risques qui caractérisent ce secteur et qui génèrent bien souvent la précarité de l’emploi et des revenus, la pauvreté, l’absence de protection sociale, de sécurité juridique et de prévention contre les risques professionnels et donc un déficit de travail décent. », a révélé le ministre Pascal Abinan Kouakou. Puis de mettre en exergue les actions entreprises par le gouvernement ivoirien pour pallier à cette situation. Le ministre de l'Emploi et de la Protection sociale, cite entre autres, la mise en place du Programme social du gouvernement (PS Gouv 2019-2020), qui selon lui, contribue inéluctablement à la réduction des inégalités sociales.

« Les efforts fournis sont donc notables et sont appelés à s’accroître à travers divers autres programmes nationaux. Les travaux de la présente session nous donneront assurément des orientations appropriées pour aller de l’avant. Nous nous emploierons à accroitre notre implication dans la gouvernance de l’OIT et à poursuivre nos efforts pour parvenir à une démocratisation de la composition de ses instances afin de garantir la prise en compte pleine et entière des aspirations de tous les Etats membres.», a dit Pascal Abinan Kouakou.

Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail (Oit), a quant à lui, indiqué que le continent africain est un continent d’avenir. « Jeune, riche en ressources, dynamique et créative, elle voit s’offrir à elle des possibilités qui, à bien des égards, n’existent pas dans d’autres régions. », a souligné Guy Ryder, indiquant que ces perspectives s’accompagnent de défis à relever. « Il faudra relever le défi de l’emploi en Afrique: créer 26 millions d’emplois productifs tous les ans si l’on veut réaliser l’Agenda du développement durable à l’horizon 2030. C’est également dans ce contexte que le déficit de financement annuel de 68 milliards de dollars devra être comblé, afin de pouvoir financer les investissements nécessaires pour que la protection sociale universelle devienne réalité en Afrique.», a expliqué le directeur général de l’Organisation internationale du travail. Qui demeure persuadé que ces défis pourront être relevés à condition d’avoir pour toile de fond les mutations profondes du monde du travail.

 

Maxime KOUADIO

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