A cause du coronavirus: Ce qui se passe au Chu de Treichville


27/03/2020
A cause du coronavirus: Ce qui se passe au Chu de Treichville
Le service des urgences du Chu de Treichville était désert (LB)

Depuis l'avènement du coronavirus en Côte d'Ivoire, les habitudes ont changé à bien de niveaux. Des mesures de prévention sont prises et  observées ça et là. Dans le secteur de la santé, les structures sanitaires connaissent une baisse de régime. Les malades viennent de moins en moins à l'hôpital.

Le personnel soignant se met de plus en plus à l'abri. Hier mercredi 25 mars 2020, il est 10h30 min lorsque  notre équipe de reportage accède  au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Treichville pour voir l’ambiance qui y  prévaut, en cette période de crise sanitaire. Le constat sur place est frappant. L’établissement sanitaire est quasi désert. Le personnel soignant et les malades sont  invisibles dans les différents couloirs des services. On aurait dit qu’ils évitent le Chu de Treichville de peur de contracter le coronavirus.

Dehors, très   peu de véhicules d'agents de santé  sont stationnés dans les parkings dudit établissement sanitaire. Nous nous rendons au service des urgences médicales munis de gants et de cache-nez. « Monsieur, ce sont les instructions que nous avons reçu de notre chef de service. Personne ne veut se faire contaminer par quelqu'un qui fait la maladie ici, surtout que les conditions de travail ne sont pas réunies », a dit M. K.S., vigile au service des urgences médicales qui nous fait savoir que les agents de santé ne sont pas encore arrivés. Nous décidons alors  de faire un tour du côté des urgences chirurgicales et du  service de réanimation. De ce côté, des parents des malades couchés sur des nattes attendent que  leurs malades soient reçus en consultation par un médecin. Quelques minutes après, un homme en blouse blanche se présente à eux. «  Passez demain, le médecin chef ne sera pas là aujourd’hui. N’oubliez pas de passer à la pharmacie pour payer vos médicaments », a confié cet agent de santé à ces parents complètement désemparés.

Nous nous rendons ensuite vers le  bloc opératoire  ''tête et cou'', où  nous apercevons un malade qui se tordait de douleur au niveau du cou. Il attendait d’être reçu.  «   Le médecin m’a vu. Il me dit d’attendre le temps qu’il finisse avec un autre patient. Je suis venu avec les médicaments qu’on m’avait prescrit », a dit le patient au téléphone avec un interlocuteur. Ce dernier n'a pas souhaité échanger avec nous. Au service des maladies infectieuses et tropicales (Smit) dans l’un des bâtiments, nous rencontrons une dame venue  se faire dépister.  Sans cache-nez et gants, personne ne peut accéder à ce service. « Vous ne pouvez pas rentrer ici sans un cache-nez. Prenez la peine de vous laver soigneusement les mains avant d’avoir accès au service. Vous êtes au service des maladies infectieuses et tropicales, tenez-vous bien madame ! », a lancé  l’un des médecins dudit service à bord de son véhicule qui rentrait chez lui.

 

L.BEUGRE

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