Lutte contre le coronavirus: Vive tension entre voyageurs, agents de santé et forces de l’ordre à Abidjan


31/03/2020
Lutte contre le coronavirus: Vive tension entre voyageurs, agents de santé et forces de l’ordre à Abidjan
Il a été difficile de circuler sur l’autoroute de Grand-Bassam

Les voyageurs en partance pour les localités de la région du Sud-comoé (Grand-Bassam, Bonoua, Samo, Adiaké, Assinie, Aboisso, Ayamé, Maféré et Noé) ont été surpris par un corridor sanitaire, qui a dû retarder leur déplacement mais surtout, qui a créé une véritable tension.

La route de Grand-Bassam (sens aller), avant le rond d’Anani, a été coupée, depuis 7h30mn, le samedi 28 mars 2020. En plus des forces de l’ordre, il y avait plusieurs agents de santé en blouse blanche, munis de pistolet thermiques. Non loin d’eux, une zone de lavage de main. Les premiers voyageurs sont passés sans ambages. Mais après seulement trente minutes, c’est un long rang de véhicules et surtout des files indiennes de voyageurs qu’on pouvait apercevoir. Sur quatre longs rangs, les agents de santé prennent la température des passants, avant que ceux-ci ne reprennent la route. Peu après 9 h, c’est une longue file de véhicules et surtout de milliers de voyageurs sous un soleil de plomb.

Un embouteillage de plusieurs kilomètres est constaté, s’étirant d’Anani jusqu’à Adjouffou. Il est 11h et certains voyageurs, à bout de nerf, s’emportent et l’expriment vertement aux agents de santé. Des éléments des forces de l’ordre veulent calmer les ardeurs, mais n’échappent pas, à leur tour, à la colère. « A quoi sert cette prise de température inutile. On fait descendre les pauvres sur le bitume, au risque de créer des maladies », s’emporte dame Akouba E., en partance pour Bonoua, qui ne manque pas de faire savoir aux agents de santé, que 24 heures plus tôt, plusieurs centaines de voyageurs sont passés sans être contrôlés.   Même son de cloche pour Yah E., instituteur dans l’une des localités du Sud-Comoé.

«  Tout ce folklore ne répond à rien. Sortir d'un véhicule emprunté depuis Treichville, venir laver les mains à la même po 1 m, pour prendre une température sous le soleil avec les enfants sur le goudron, et remonter dans le même véhicule qui, lui, n'a pas été désinfecté. Soyons sérieux ! Je pense que c'est maintenant que nous allons tous chopper cette maladie, avec ce genre de mesures », fulmine-t-il. Ce n’est pas le cas d’Ismaël C., résidant à Grand-Bassam. « Il faut laisser les agents de santé faire le travail. Si parmi nous, un seul a le coronavirus, vous imaginez le désastre qui va se passer dans nos localités ? Moi, je veux être rassuré avant de regagner Bassam », fait-il savoir. Il est rejoint par un agent de santé. « Nous le faisons pour espérer couper la chaîne de la propagation et sauver en même temps tout le monde. Nous sommes au travail pour la vie des Ivoiriens ». 

Jusqu’en début d’après-midi, cette longue file d’attente était encore observée et la colère n’était pas encore tombée.

Rappelons que l’Etat de Côte d’Ivoire a décidé de confiner le grand Abidjan (y compris Bonoua, Grand-Bassam et Assinie), en l’isolant des autres villes du pays, dès le dimanche 29 mars 2020, à minuit. D’ailleurs, des check-points sanitaires vont être installés aux six (6) points de sortie et d’entrée d’Abidjan, à savoir Gesco, Km 17, corridor d’Alépé et d’Empebé.

 

M’BRA Konan

M'Bra Konan

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  • SOURCE: Soir info

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