Football : Ligue des champions – Africa Sports: Les raisons de l'échec


16/04/2012
Cette équipe des Aiglons n'avait l'âme de la gagne. Elle n'a pas répondu aux attentes des Membres associés mobilisés.
La grande famille Africa Sports, avec à sa tête le président du conseil d'administration, Koné Cheick Oumar nourrissait de grandes ambitions avant l'entame de cette saison 2012 . La Ligue des champions, championnat national et Coupe nationale, les Aiglons voulaient ces trois trophées dans leur escarcelle.

Mais depuis le dimanche 8 avril 2012, ils ont dit adieu à la Ligue des champions après avoir été éliminés au stade des 16e de finale, sans honneur ni gloire. Comment cela a-t-il pu arriver à une équipe que l’on disait capable de battre tout le monde et n'importe qui ? En tout cas, le Real Madrid d'Afrique est descendu de son piédestal, rattrapé par la réalité de la compétition où seule la vérité de la pelouse compte.

Un jeu très approximatif

Avec un passif d'un but, on attendait de l'Africa Sports qu'elle attaque le match pied au plancher d'entrée. Ce ne sera pas le cas. Car en dépit d'une occasion matinale (30e s) ratée par Olié Koffi Kan Tobié, les Aiglons n'ont jamais été capables d'emballer le match. Comme le confiait Tety Gnagbo à un confrère « Les Aiglons ont pêché en première mi-temps en jouant sur un rythme similaire que leur adversaire. Or le Zamalek n'était pas venu pour faire le jeu, mais plutôt pour gérer le résultat du match aller. L'Africa ne peut s'en prendre qu'à lui-même car il n'a pas donné du rythme au match », confiait-il. Par manque de talent? Peut-être. Par manque de réalisme. Sûrement. L'Africa Sports commet des erreurs défensives individuelles grossières. Si la première commise par Belem Soumala à la 41e mn, a été sans frais, la seconde a été fatale avec ce penalty réussit de Amr Zaki qui a ruiné les espoirs de qualification. Alors certes, le contexte n'était pas facile pour l'Africa Sports, mais dans la prestation des Aiglons rien n'a convaincu : ni la rigueur défensive, ni les transmissions, ni l'animation. En tout cas, sur cette seule rencontre, on a pu noter l'insuffisance technique de cette équipe et surtout son incapacité à se créer du jeu pour surprendre l'adversaire. En plus d'une absence de percussion sur les côtés, les Vert et Rouge ont laissé le contrôle du jeu à l'adversaire malgré le 4-4-2 qui devrait facilement se muer en 4-2-4 en phase offensive. Mais honnêtement, peut-on être surpris par ce jeu et cette élimination des Aiglons en 16e de finale de la plus prestigieuse des compétitions africaines. Que non certainement. Car en trois matches de championnat, l'attaque n'a inscrit qu'un seul but. Trop peu lorsqu'on défie les plus grosses écuries continentales. A y voir de près donc, l'effectif n'était pas du niveau continental.

Un effectif trop juste pour le niveau africain

Les dirigeants de l'Africa Sports avaient, en début de saison, dit à qui voulaient les écouter que l'équipe serait une très grosse machine. A raison peut-être. Puisque des joueurs sont venus d'un peu partout (Afrique du nord, Thaïlande, Oman, …) pour renforcer l'équipe. Plus de la moitié de l'effectif qui avait gagné le titre la saison dernière a été priée d'aller voir ailleurs. Konaté Tiémoko, Olié Koffi, Inaï Stéphane « Pélé Guéré », Toualy Martial, Mouhamed Koné, Koffi Marcellin, Falikou Bamba,... sont les nouvelles attractions qui devraient porter l'Africa Sports vers les cimes de la victoire. Mais cette sortie prématurée en Ligue des champions montre bien que dirigeants et encadreurs se sont lourdement trompés sur la valeur de leurs nouvelles recrues. Car ce qui peut passer en Ligue 1 ne fonctionne pas forcément en Ligue des champions. L'effectif manque de complémentarité, ce qui explique clairement ce retard à l'allumage. Il faut dire que l’inter-saison a été étrange, marquée par le départ dans le flou de Kouamé Christian, Dely Simon et récemment de Gogoua Aboussy Cédric. C'était une promesse de Koné Cheick Oumar, juste après son élection à la tête du conseil d'administration de l'Africa Sports, le 06 août 2011. Renforcer encore l'effectif pour briller enfin sur la scène continentale. Mais il y a matière à interrogation aujourd'hui. Le club Vert et Rouge s'est-il renforcé par rapport à la saison dernière? Mouhamed Koné est-il meilleur que Boti Bi Tié? Bamba Falikou est-il supérieur à Kouamé Désiré resté dans les tribunes? Pas si sûr. L'Africa Sports de cette année n'a pas encore le niveau du champion de Côte d'Ivoire qu'il a été. Maintenant que l'élimination est consommée, pour les dirigeants et le staff technique, une remise en cause s'impose. Surtout que pour l'heure l'équipe n'a pas encore donné de certitudes sur ses capacités à accéder à la superdivision.

Guillaume AHOUTOU

Severin Djaha

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  • SOURCE: Soir info

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