Affaire audit à la Fif : La Fifa calme le jeu


La Fédération internationale de football (Fifa) est enfin sortie de son mutisme. Alors que la Fédération ivoirienne de football (Fif) lui a adressé deux courriers (le dernier date du 11 mai 2018) à l'effet de se voir expliquer ''l'audit judiciaire'' qu'elle entendait mener au sein de la Maison de verre de Treichville, l'instance de gestion du football mondial a réagi par un courrier en date du 16 mai 2018 pour dire deux choses.

La Fifa affirme que l'audit, ainsi que l'a soutenu la Fif, ne portera que sur les fonds Forwards. Elle rectifie surtout pour la détermination de l'audit, qui n'est plus judiciaire. Est-ce un rétropédalage ? La Fifa a sans doute compris qu'elle ne pouvait pas fouler au pied ses propres règles. La Fif avait écrit pour savoir quelle est la nature et le fondement juridique de l'audit. La Fifa, dans ce courrier écrit de la main de Mme Joyce Cooke Cbe Obe, directrice de la Division associations membres, a répondu qu' « à des fins de clarification en ce qui concerne la nature de l'audit tel que mandaté par la Commission d'audit et conformité, il convient de le considérer comme un contrôle en référence à l'article 17 alinéa 2b du règlement Forward ».

A relire: Football/ Audit de la Fif: Les précisions de la Fifa

Elle avait beaucoup usé de perfidie depuis le début de cette crise en ne se montrant pas assez claire dans ses prises de position. Elle tente de retrouver la main autant qu'elle calme le jeu. « Afin de dissiper tout doute, il convient de ne plus parler d'audit judiciaire pour ce dossier », ajoute-t-elle dans son courrier. Finies donc la confusion et la querelle sémantiques autour du groupe de mots ''audit judiciaire''. Et, comme pour dire que tout est bien qui finit bien, la Fifa demande à la Fif d'accorder une attention bienveillante à ses auditeurs dans la mission à eux confiée. Une polémique a ampoulé autour de cette mission. Une rumeur démentie par la suite par les dirigeants fédéraux avait accusé la Fif d'avoir rabroué les auditeurs à leur arrivée au siège fédéral. Sans doute, un acte de ce genre rendrait inefficace toute exigence de respect des règles de la part de la Fif. Ce qui signifie que les auteurs de cette rumeur l'aient véhiculé à dessein. Il s'agissait de faire en sorte que le courroux de la Fifa s'abatte sur la Fif. Les deux institutions, qui l'ont compris ainsi, préfèrent s'en tenir à la voie de la courtoisie. « Nous vous demandons de bien vouloir considérer les faits évoqués ci-dessus et d'accorder à Pwc (le cabinet d'audit : Ndlr) le droit d'accéder à vos locaux et à tous les documents précédemment réquis », écrit Mme Cooke.

Cette tempérance de ton, qui tranche avec l'attitude de conquérants affichée lundi dernier par les auditeurs, doit faire place à une collaboration dans le respect mutuel. La Fifa, même si elle devra rappeler dans le même courrier que « ne pas respecter une décision de la Commission d'audit et de conformité et ne pas coopérer avec l’administration de la FIFA est considéré comme une violation des Statuts de la Fifa susceptible d’entraîner des sanctions à l’encontre de la Fif et de ses officiels », sait bien qu'il n'est jamais trop tard pour revenir sur le chemin du droit et du respect des textes. Elle l'a fait. On espère que ses auditeurs ne feront pas autre chose.

 

                                                                                                           Litié BOAGNON

 

 

 

 

 

Litié Boagnon

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  • SOURCE: L'inter
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