Côte d’Ivoire

Crise clubs-FIF/ Koné Chieck Oumar : « Roger Ouegnin, Jacques Anouma et moi sommes de vrais sorciers »

« Moi, ma sorcellerie, je la laisse tomber »
« La crise en Côte d’Ivoire, je l’ai alimentée, organisée »
Koné Cheick Oumar (en blanc) lors de la conférence de presse

Revenu de France après plus de 6 mois de maladie, l’ex-président de l’Africa Sports d’Abidjan, Koné Cheick Oumar, a organisé, le samedi 11 août 2018, une conférence de presse, à l’hôtel Radisson Blue (Port Bouet), pour dévoiler le nom de ceux qui ont créé la crise entre certains clubs regroupés au sein du GX et la Fédération ivoirienne de football (FIF). Il a notamment accusé l’ancien président de la FIF, Jacques Anouma, et le président du Conseil d’administration de l’Asec Mimosas, Roger Ouegni, avant de se déclarer comme membre de cette confrérie de sorciers qu’il a créée de toutes pièces.

Koné Cheick Oumar n’a pas sa langue dans la poche. A peine revenu de France, après une longue période de maladie, l’ex-président de l’Africa Sports d’Abidjan est monté au créneau pour se prononcer sur la crise qui secoue le football ivoirien, depuis la non qualification de la Côte d’Ivoire pour le Mondial 2018. C’est un Koné Cheick Oumar certes amaigri qui a perdu 30 kilogrammes (de 150, il est passé à 120 kg), mais qui garde encore le verbe. Il se dit même en pleine forme. « Ça fait 6 mois qu’on ne s’est pas vu, un peu plus. Parce qu’avant de partir, j’étais déjà 2 mois ici, à la maison sans pouvoir sortir. Donc, depuis novembre 2017 où nous avons eu la conférence, après notre échec pour le Mondial, on ne s’est pas vu. Mais Dieu voulant, nous sommes là, en pleine forme. », a-t-il dit d’entrée de jeu avant de remercier la presse de l’avoir informé de la situation, même étant sur son lit d’hôpital en France.

« Je suis le fondateur du GX »

Concernant la crise qui secoue le football ivoirien suite à la décision d’une partie de clubs réunis au sein du GX de faire partir le président de la FIF, Augustin Sidy Diallo et tout son comité exécutif, il a été sans équivoque. Il a dit être à la base de tout et même le fondateur de ce groupe de frondeurs. « On parle de crise : le GX-là, je suis le fondateur. Je suis à la base de la création. Donc la crise en Côte d’Ivoire, je ne suis pas étranger. Et pendant que j’étais là-bas, je l’ai suivie, je l’ai alimentée, je l’ai organisée, j’ai tout vu, j’ai tout entendu. Après 6 mois, je pense qu’il faut parler. Je pense qu’il est temps de faire le tour de la situation et de voir où on en est, qu’est-ce qu’on fait et où va notre football, où va le sport ivoirien… »

« Voici les vrais sorciers »

Koné Cheick Oumar a dévoilé les « sorciers », ceux-là mêmes qui tirent les ficelles. Il a nommément cité le PCA de l’Asec Mimosas, Roger Ouegnin, et l’ancien président de la FIF, Jacques Anouma, prédécesseur de l’actuel patron de la Fédération, Augustin Sidy Diallo. Bien entendu, il a dit qu’il est à la tête de cette confrérie de « sorciers ». «  Les sorciers-là, il n’y en a pas beaucoup. Il y a Roger Ouegnin, Jacques Anouma et Koné Cheick Oumar. Voilà les vrais sorciers. Maintenant, mon ami Malik Tohé est venu dedans, mais lui, c’est une sorcellerie de famille. Ils vont s’entendre après parce qu’ils sont ensemble depuis longtemps. Ils ont mangé ensemble. Ils ont mangé les mêmes viandes, moi, je n’ai pas mangé les mêmes viandes. Moi, ma sorcellerie, je laisse tomber. Dieu m’a sauvé, je laisse tomber. Les deux autres-là, je leur dis de laisser tomber. »

« Pour moi, il faut s’asseoir et faire les états généraux »

Pour le conférencier, c’est une crise créée pour faire partir Sidy Diallo et tout le Comité exécutif de la FIF. « Il n’y a pas de crise réelle en Côte d’Ivoire. La crise du football-là, on l’a créée. Moi-même là, je suis devant, pour faire tomber Sidy Diallo parce qu’il nous fatigue. Il ne veut pas que j’aime mon Africa, donc moi, j’ai dit qu’on va le faire tomber. On a commencé à crier. On a monté les présidents pour qu’ils puissent le faire partir pour que notre football puisse avancer. On l’a fait. », a-t-il avoué avant de dire qu’il a désormais opté pour l’intérêt du football ivoirien face à cette crise artificielle : « Mais quand tu fais et comme le gars, il ne dort pas aussi, ça commence à être bloqué, et puis, on est bloqué nous deux. On se bat, mais qui perd ? Le football ivoirien, ça aussi, ça devient mauvais. Est-ce qu’on reste dans ça ? On est bloqué nous tous. Le football n’avance pas…L’argent n’aime pas le bruit. Donc dès que nous, on commence à faire le bruit, il n’y a plus de sponsor, il n’y a plus d’argent. La Fifa, la Caf, tous ceux qui doivent donner l’argent à notre football ne donnent plus, notre football ne peut plus avancer et nous, on dit, donnez-nous l’argent pour qu’on puisse jouer notre football. Ça devient quoi ? Un serpent qui se mord la queue. On cherche quoi ? A avancer ou bien à bloquer. Et c’est pour ça qu’avant de partir, j’avais fait une conférence pour dire que j’étais pour les états généraux du football ivoirien. Pour moi, il faut s’asseoir, faire les états généraux, parler du football et parler des problèmes du football pour avancer. Il faut arrêter de le bloquer inutilement. »

« Quittez, on va venir s’asseoir, voilà notre ligne »

Et de revenir sur la ligne du GX, les clubs frondeurs. « En ce qui concerne la ligne du GX, je vous dis et redis que je suis un fondateur. Quand je vous dis que je suis un fondateur-là, je vous dis, la première réunion du GX s’est passée dans ma maison, pas ailleurs. J’ai invité tous les présidents, pour leur dire merci pour les funérailles de ma maman, et c’est là-bas on a commencé. Notre frère Jacques Anouma est venu s’asseoir et a dit, même si vous êtes 5 là, commencez ! Il dit, même si vous êtes 5, commencez ! On a qu’à aller…Bon commençons, allons-y. La première réunion à Adjamé, c’est moi qui ai payé, ce n’est pas quelqu’un d’autre. C’est moi qui ai payé. Il n’y avait personne là-bas. Pour partir-là, j’ai parlé avec eux jusqu’à 3h du matin et puis je leur ai dit allons-y à Adjamé. On a commencé jusqu’à on dit G 29. J’étais là-bas, et je prenais mon téléphone pour appeler. J’ai fait palabre même avec le gars de sport (Supersport : ndlr), le rédacteur qui a son frère ministre-là, Sansan Kambilé (le confrère Kambiré Elie de Supersport : ndlr). Je dis, mais toi, tu poses trop de questions aux gens. Les Salif (Salif Bictogo, président du Stella club : ndlr), on a commencé là-bas à 29 et puis on a avancé. Je connais tout, je sais de quoi je parle. Je suis dedans jusqu’à demain. La ligne-là, je la connaissais. La ligne, c’est que la fédération qui est là, ne nous arrange pas, elle n’a qu’à quitter-là, nous, on va venir s’asseoir pour arranger. Il n’y a pas autre ligne. Quittez, on va venir s’asseoir, voilà la ligne. Est-ce qu’il y a un projet de gouvernement, montrez-moi ça. Depuis-là, il y a eu projet de gouvernement ? Comment il va quitter par n’importe quel moyen-là, c’est ça qui nous intéresse. »

Des intérêts personnels en jeu

Koné Cheick Oumar pense qu’au niveau du GX, certains visent des intérêts personnels et non ceux du football ivoirien. « Au niveau du GX, ce sont mes amis, nos frères. Mais au niveau du GX aujourd’hui, il y a quel problème ? Il y a des individus qui ont des problèmes entre eux, Roger (Roger Ouegnin, PCA de l’Asec Mimosas : ndlr), Jacques (Jacques Anouma, ex-président de la FIF : ndlr) a problème avec Sidy Diallo (président actuel de la FIF : ndlr), Sory Diabaté (vice-président de la FIF et président de la Ligue Professionnelle : ndlr). Ils n’ont qu’à régler leurs problèmes là-bas. Maintenant, nous qui avons des problèmes importants de club, on est suspendu, on ne peut pas gérer…Ceux qui ont fait des trucs à la tête d’un club, depuis 30 ans comme si c’était devenu Ouegnin sport, pardon, Asec. Ouegnin a fait 30 ans à la tête d’un club, lui seul. Ce n’est pas un club familial et puis tu viens t’asseoir là-bas 30 ans et puis c’est toi qui va donner des leçons à quelqu’un, ce n’est pas possible. On ne vient pas bloquer. Quand on est doyen comme ça, on cherche à ouvrir, on ne cherche pas à bloquer. J’ai vu des gens rentrer parce qu’ils n’étaient pas là au début du GX. Au début du GX-là, c’est nous, on était là. Ils sont venus et puis, ils veulent tout bloquer, ce n’est pas possible. On doit s’arrêter. »

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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  • SOURCE: Linfodrome
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