Côte d'Ivoire

Africa Sports d’Abidjan : Voici les maux qui minent le club


L'Africa Sports d'Abidjan est régulièrement secoué par des crises

Depuis sa création en 1947, l’Africa Sports d’Abidjan est secoué par des crises cycliques dont les causes ont été identifiées.

Il ne se passe pas de saison, sans que l’Africa Sports d’Abidjan ne soit abonné aux faits divers. Présentement, le club septuagénaire a renoué avec son ‘’jeu favori’’ : la crise. Certains membres du Bureau Exécutif du club, majoritairement des ayant-droit, demandent la démission du président Alexis Vagba. Outre sa gestion qu’ils qualifient d’opaque, les frondeurs soulèvent d’autres griefs.

Ce énième violent mouvement de menton présente les mêmes symptômes que les précédents. En fait, l’Africa Sports d’Abidjan souffre de la même maladie dont les causes sont connues : les mauvais textes, la mauvaise gestion, le manque de vision des dirigeants, le manque de moyen financier, les mauvais résultats et les problèmes de personne.

Prenez toutes les crises qui ont secoué et qui continuent de secouer le club, retournez-les dans tous les sens, et vous verrez qu’elles ont été engendrées par au moins l’une des causes identifiées ci-dessus.

Jusqu’à présent, ce club âgé de 72 ans ne s’est pas encore doté de textes modernes, conformes aux standards internationaux. Ils sont diversement interprétés. On se souvient encore de la grave crise survenue en 2014, et qui a profité à l’actuel président, Alexis Vagba, au détriment de l’ex-PCA, Koné Cheick Oumar. Les dirigeants de l’Africa Sports d’Abidjan ont même passé des nuits blanches avec ceux de la Fédération ivoirienne de football (FIF), à la maison de verre de Treichville. Au moment où le camp Vagba ne jurait que par la Fédération, celui de Koné Cheick Oumar s’en était remis à la justice ivoirienne. Même l’avènement de l’Administration provisoire, censée élaborer des textes consensuels, n’a pas permis de résoudre le problème.

Si par le passé, les textes ont fait des présidents des hommes fragiles, aujourd’hui, avec les textes sortis des entrailles de l’Administration Provisoire, le président est devenu intouchable et tout-puissant. Il peut lui-même organiser son clan, comme l’a fait Alexis Vagba avec ses 28 ayant-droit, pour s’éterniser au pouvoir, même quand le club va à la dérive. En réalité, ces textes font l’affaire d’un seul clan. Et donc l’Africa Sports d’Abidjan est devenu la chasse gardée d’un groupuscule de personnes appelées pompeusement ayant-droit. Ils sont au nombre de 28, ceux qui décident actuellement du sort de ce club supportés par des milliers de fans.

Les mauvais textes ne sont pas les seules causes des crises récurrentes à l’Africa Sports d’Abidjan. Il y a surtout le problème financier.

En effet, si Simplice Zinsou (ZS) a longtemps régné à l’Africa Sports d’Abidjan, c’est parce qu’il avait les moyens de sa politique. Le manitou a pu juguler les différentes crises grâce à sa puissance financière. Foncièrement attaché aux résultats sportifs et au prestige du club, il a mis les moyens pour que l’Africa Sports d’Abidjan devienne une référence en Afrique. Malheureusement, il ne s’est pas appesanti sur construction du club, en termes d’infrastructures. Si bien qu’après son départ, les Aiglons se sont retrouvés dans la rue.

Son poulain Lanssiné Doré qui était considéré comme son digne successeur a voulu rectifier le tir. En effet, « Gaucher », comme l’appelait affectueusement ZS, était aussi attaché aux résultats et au prestige du club, mais avait l’intention de rattraper les « erreurs » de son mentor, en posant les bases de la construction du club, avec notamment la sortie de terre d’un siège à Treichville. Sous son règne, les Aiglons avaient décroché le titre en 1999 et s’étaient même qualifiés pour la première fois pour la phase de groupe de la ligue des champions africaines. Avec Doré, le club était craint sur le plan national et international. Mais le hic, Gaucher n’avait pas les moyens de ZS pour faire la différence. A un moment donné, les problèmes de salaire et autres impayés ont refait surface. Les problèmes de personnes aussi.

Quand le club se dote de bons textes, dispose des ressources et est géré dans la transparence avec un président visionnaire comme celui de l’Asec Mimosas, Me Roger Ouegnin, qui a bâti un club moderne et modèle, les mauvais résultats et les problèmes de personnes ne peuvent prendre le dessus. Aujourd’hui, même mécontents, quand les Actionnaires jettent le regard sur les réalisations de Sol Beni, l’organisation autour de leur club et les projets tels que la construction d’un nouveau stade (Gboro Gbata), ils se contentent de murmurer et interpeller Roger Ouegnin, au stade. Pas Plus. On peut donc minimiser les problèmes de personnes et les mauvais résultats parce qu’en réalité, ils ne sont mis en avant que lorsque les autres causes identifiées sont dominantes.

A l’Africa Sports d’Abidjan, Alexis Vagba aurait pu être un dirigeant de la trempe de Colombo (surnom de Me Roger Ouegnin). Non seulement parce qu’il a eu le privilège d’appartenir à plusieurs comités directeurs de l’Africa, mais aussi parce qu’il a combattu la plupart d’entre eux pour leur gestion et manque de vision. Mis au pied du mur depuis son élection, en janvier 2014, à la tête du Bureau Exécutif du club, il n’a rien fait pour qu’il soit à l’abri des soubresauts. Si bien que l’Africa Sports d’Abidjan se retrouve aujourd’hui à la case départ. Une énième crise qui risque de l’emporter ; lui « Tommy Cabayo », le faiseur de rois. Dommage !

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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  • SOURCE: Linfodrome
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