De jeunes footballeurs ivoiriens vivent le calvaire en Ethiopie, certains veulent rentrer au pays

« On mendiait même dans les rues d’Addis »
Sam Etiassé (FIF) : « Nous avons bouclé le dossier »
De jeunes footballeurs ivoiriens sont bloqués en Ethiopie (Ph d'archives)

Plusieurs footballeurs ivoiriens arrivés en Ethiopie, dans l’espoir de rejoindre le championnat de Georgi en Europe vivent dans des conditions à Addis-Abeba. Certains veulent rejoindre leur terre natale tandis que d’autres sont décidés à atteindre leur objectif.

Ils sont une vingtaine, les jeunes footballeurs ivoiriens à avoir tenté cette aventure. Selon le confrère RFI, leur objectif au départ, était de rejoindre le championnat géorgien, dans l’Est de l’Europe. Mais arrivés par avion en Ethiopie, en septembre 2018, ils sont abandonnés à leur triste sort. Ils ont déboursé plusieurs centaines de mille voir le million pour atterrir à Addis-Abeba. Un certain Alain, leur agent, serait à la base de cette aventure qui a mal tourné.

« On a entendu parler de l’Ethiopie et on nous a dit qu’il y a du bon football, il y a des moyens ici, tout et tout. Donc nous sommes rentrés en contact avec M. Alain. C’est grâce à lui que nous sommes arrivés ici. », confie l’un des aventuriers sous le couvert de l’anonymat.

A l’arrivée, ils retrouvent d’autres joueurs qui végètent depuis des mois dans la capitale éthiopienne. Pour une partie d’entre eux, l’argent économisé s’épuise, ils sont expulsés de leur hôtel, selon le confrère. « On peut dire qu’on logeait dans la rue. Quand la nuit arrivait, on se baladait jusqu’au petit matin. Et on mendiait même dans les rues d’Addis, on mendiait chez des gens pour avoir du pain. Pour pouvoir avoir de l’eau pour se laver, c’était vraiment difficile. C’est une femme qui nous a aidés, elle nous a donné un petit coin comme un petit magasin pour pouvoir dormir là-bas, parce que le temps ici n’est pas favorable. », raconte l’un des trois aventuriers recueillis par une ONG éthiopienne.

Des Ethiopiens les aident, des Ivoiriens aussi. Selon une source, une solution est même trouvée pour eux à un moment. Leurs visas sont dépassés, les pénalités sont à au moins 60 000 dollars pour la vingtaine de joueurs. Mais une lettre est envoyée à Abidjan.

Le directeur exécutif de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Jean Baptiste Sam Etiassé parle de ladite lettre. « Une dame qui se dit représentante des parents de ces joueurs-là, qui par lettre, nous confirme que ces joueurs-là se portent très bien, qui vivent bien en Ethiopie, jouent dans des clubs. Nous avons pris acte, nous avons bouclé le dossier »

Quant à l’agent Alain, il ne figure pas dans la base de données de la FIF, mais il arrive à persuader les joueurs comme celui-ci, qui a 19 ans, et qui parle sous le couvert de l’anonymat. « Le mercato était fini, il m’a dit que la nouvelle saison ici, ils vont avoir besoin des jeunes joueurs et qu’il y a beaucoup de clubs. »

En février, trois des aventuriers sont allés voir l’organisation internationale pour les migrations de l’ONU. Une solution provisoire a été trouvée. Ils ont été logés dans un foyer. Ils mangent trois fois par jour et peuvent dormir sur un lit décent. « On sollicite l’Etat ivoirien pour qu’il nous aide. Nous sommes des Ivoiriens, nous voulons rentrer. », tel est le souhait de ces trois. Mais le reste du groupe entend poursuivre l’aventure.

 

Adolphe Angoua

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Adolphe ANGOUA

|

  • SOURCE: Linfodrome
Previous ◁ | ▷ Next
 

Videodrome

Vous n'avez pas de compte? Créez votre compte

Connectez vous a votre compte