Abidjan

Athlétisme : Murielle Ahouré raconte ce que son défunt père lui a dit en songe

« Il est venu me parler en rêve »
« C’est lui qui me pousse quand je cours, il est avec moi »
Murielle Ahouré ''court" désormais avec son défunt père

En marge des 3ème et 14èmes championnats d’Afrique d’athlétisme qui se déroulent actuellement à Abidjan, la sprinteuse ivoirienne, Murielle Ahouré, a partagé, le mardi 16 avril 2019, son expérience avec la presse. Elle en a profité pour dire comment son défunt père la « pousse » lors des compétitions.

Murielle Ahouré, la marraine des championnats d’Afrique d’athlétisme des U18 et U20, s’est entretenue, le mardi 16 avril 2019, avec la presse avant l’ouverture de ces compétitons, au Stade Félix Houphouët Boigny.

Elle a parlé de ses débuts et des péripéties de sa carrière, notamment avec la disparition de son père (le Général Mathias Doué: ndlr), le jeudi 23 mars 2017. Un décès survenu à quelques mois du championnat du monde d’athlétisme qui a eu lieu du 4 au 13 août 2017, à Londres, au Royaume-Uni. « Malheureusement, j’ai perdu mon père aussi. C’était un choc. Oh là, là, un choc pas possible. A quelques mois du championnat du monde de 2017. J’ai totalement arrêté les entraînements pendant au moins un mois. ».

« Il m’a dit : ‘’Murielle, tu ne peux pas tout laisser tomber. Tu as travaillé trop dur’’ »

Elle a raconté comment elle s’est remise de ce choc. « Maintenant, à un mois du championnat du monde, je me suis remise. Il m’est venu en rêve. Il m’a dit : ‘’Murielle, tu ne peux pas tout laisser tomber. Tu as travaillé trop dur’’. », a-t-elle révélé, avant d’expliquer comment la disparition de son père l’a clouée au lit : « Je n’ai pas fait d’entrainement du tout. J’étais au lit. Oh, ce n’était pas bien. Mon entraîneur venait me tirer du lit. J’avais piqué une crise. Je ne voulais plus courir, je ne voulais plus faire…Je ne m’en sortais pas. C’était une dépression terrible. »

Murielle poursuit son récit et fait savoir que son père représentait tout pour elle. Il était à la fois un coach et un conseiller. « Parce que mon père, pour moi, il était tout. Avant de courir, c’est avec moi qu’il prie. C’est lui qui me donne les conseils. Depuis que j’étais petite, c’est lui qui est de mon côté. C’est grâce à lui que j’ai pu voyager depuis toute petite. J’ai fait beaucoup de pays, j’ai vécu au Japon, en Chine, j’ai vécu pratiquement partout. Et c’est grâce à lui. C’est lui qui est tout pour moi. Donc je dis mais attends, comment est-ce que je vais pouvoir courir, comment est-ce que je vais avoir cette force ? Parce que c’est lui qui était ma force, lui et ma mère. Donc quand je suis sur la ligne, c’est à lui que je pense. Et avant la course, c’est lui qui me préparait mentalement. Donc, c’était mon coach mental que j’ai totalement perdu. Ce qui a fait qu’il y avait un bloc. Je n’arrivais pas à me remettre. »

La suite ? « Il est venu en rêve. Il m’a parlée. Il dit : ‘’il faut que tu te remettes’’. A un mois du championnat du monde. J’ai dit, bon, j’ai compris. », a dit la reine des pistes, avant d’ajouter qu’à la suite de ce rêve, elle s’est remise au travail : « Mais c’était dur, je me suis remise à un mois. Donc 3 semaines avant, j’ai repris doucement les entraînements et je suis allée au championnat du monde comme ça. »

« C’est comme s’il est en moi »

Ahouré raconte qu’avec seulement 3 semaines d’entrainement, elle a terminé au pied du podium. Toute chose qui a émerveillé les spécialistes. « Et j’ai fini 4ème, au pied du podium. Les gens m’ont dit : ‘’mais Murielle, si tu t’étais entrainée pendant un mois et demi, qu’est-ce que tu allais faire ? Tu as vu ton talent ?’’ », rapporte-t-elle, avant de préciser que depuis, elle s’est progressivement remise de ce choc. « J’ai dit ok, c’est ce qui a fait que j’ai pu tout doucement me remettre de la dépression et revenir en 2018 avec le record d’Afrique à 1 centième du record du monde sur 60m et la première médaille d’or sur 60m par une Africaine dans toute l’histoire. Et c’était vraiment formidable… »

Depuis, elle ne court pas seule. Son défunt père est avec elle. C’est même lui qui lui donne cette force insoupçonnée qui l’amène à faire des exploits lors des différentes compétitons. « Donc je suis revenue, en feu, avec une rage. Mais c’est une rage différente. Parce que maintenant, perdre mon père, cela m’a donné quelque chose. Je ne sais pas expliquer. C’est comme s’il est en moi. Il me guide. Quand je cours, il est avec moi. C’est lui qui me pousse. » Souhaitons qu’il la pousse lors des prochains Jeux Olympiques, pour qu’elle épingle enfin le métal le plus précieux à son tableau de chasse.

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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  • SOURCE: Linfodrome
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