Arrestations des cadres du Fpi/ Affi N'guessan dénonce des logiques de représailles sous Ouattara

Il appelle les populations du Centre à «l'expulser» du pouvoir
(Photo d'archives)
Afin de remobiliser les militants pour les joutes électorales à venir, Pascal Affi N’guessan, le président du Fpi a parcouru, durant deux semaines, les neuf chefs-lieux de canton de la région du Gbêkê.

L’apothéose de ce périple politique a été le meeting qu'il animé sur l’esplanade du palais du carnaval de Bouaké, ce samedi 09 mai 2015. Pour l’occasion, le président du Fpi a fait un tour d'horizon des questions brûlantes de la vie politique nationale. Son regard sur la crise ivoirienne, la gestion du pouvoir d’Etat par l’actuel régime, les dissensions au sein de son parti et sa vision pour une Côte d'Ivoire nouvelle, sont autant de questions qu’il a abordées devant des centaines de militants.

En foulant la région de Gbêkê qui a été le fief de l’ex-rébellion, le président du Fpi avait, outre son agenda politique, nourri l’idée de compatir aux douleurs des populations qui ont subi les affres de la guerre. Pour le n°1 du parti de Laurent Gbagbo, il faut tirer les leçons de la guerre et les capitaliser pour l’avancée du pays, à l’image de biens d’autres pays qui ont connu le même sort que la Côte d’Ivoire. «Ces épreuves doivent être un levain pour la reconstruction de notre pays», a-t-il fait savoir. Et pour gagner ce pari, Affi N’guessan a posé la problématique d’une véritable action politique qui va booter et fédérer les énergies. A l’entendre, cette vision politique fait malheureusement défaut au sein de l’actuel pouvoir. D’où ses critiques acerbes contre le régime Ouattara

Pour Affi N’guessan, il n’y a pas une visibilité nette de l’action politique du président Alassane Ouattara allant dans le sens de bâtir une nation réconciliée et prospère. Il en veut pour preuve les arrestations de leurs militants ou leur maintien en exil, la politique du rattrapage « Les gens se sont contentés d’accéder au pouvoir et de demeurer dans des logiques de représailles, de punition, de vengeance», s’est indigné Pascal Affi N’guessan, non sans qualifier cette démarche de «politique de bas étage». En allant donc à l’assaut des populations du Centre, le leader du Fpi n’a pas manqué de demander le soutien de ces populations pour «expulser Alassane Ouattara du pouvoir en 2015» afin d’ouvrir une nouvelle ère de rénovation et de modernisation de la politique. D’ailleurs, il a souligné que c’est ce vent qui souffle déjà au sein de son parti.

La crise au sein du Fpi et la nouvelle vision du parti.

Le meeting de Bouaké a été une tribune d’explication de la crise qui secoue le Fpi. Pour Affi N’guessan, son parti a besoin d’un nouveau souffle pour relever le défi de sa modernisation. Pour ce faire, le Fpi a besoin de se remettre en cause et tirer les leçons des échecs passés. Chose que ses opposants refusent d’admettre. «Nous devons moderniser notre pensée et notre démarche. Parce que si nous sommes tombés en 2011, nous pouvons accuser tous ceux qui nous ont attaqués, nous pouvons accuser les Occidentaux, mais nous devons reconnaître que notre intelligence n’a pas été à la hauteur du défi qui nous a été lancé en 2010 et en 2011. Et si ton intelligence n’a pas été à la hauteur du défi, modernise ton intelligence pour relever le défi qui est en face de toi. Et cela, certains camarades ne veulent pas l’assumer. Mais, nous devons avoir le courage de l’assumer», a-t-il martelé. A entendre Affi, c’est donc cette démarche qui crée la discorde entre lui et ses opposants qui l’accusent même de rouler pour l’actuel pouvoir. Accusation qu’il n’a pas manqué de botter en touche. «Certains vont même jusqu’à dire qu’Affi roule pour Alassane Ouattara, il est acheté. Quand vous me regardez, je peux rouler pour quelqu’un? Je ressemble à quelqu’un qui roule pour quelqu’un? Je roule pour la Côte d’Ivoire et je roule pour le Fpi», a-t-il répondu. Poursuivant, il a lancé un sévère avertissement à ses détracteurs. «Quels que soient les actes qu’ils vont poser, il faut qu’ils sachent que leur combat est perdu d’avance, parce que nous resterons intraitables sur la voie de l’action politique, sur la voie du dialogue politique, sur la voie de la négociation, sur la voie de la diplomatie, sur la voie du lobbying. Parce que ce sont ces voies qui sont celles de la modernité politique, de la République». Pour Affi N'guessan, c’est à ce prix que Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo obtiendront la liberté, et non pas à travers des actions de force. Faut-il le souligner, le ministre Amani N’guessan Michel, Eugène Djué et plusieurs autres fédéraux du parti étaient aux côtés du leader du Fpi.

Francis N'GORAN, Bouaké

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Francis N'Goran

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  • SOURCE: L'inter
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