Menace terroriste contre la Côte d’Ivoire: Plusieurs individus arrêtés et transférés à Abidjan

D’autres renforts militaires déployés au Nord
7 présumés issus de l’organisation terroriste Ansar-Dine arrêtés au nord auraient été transférés à Abidjan… (Photo d'archives pour illustrer l'article)
L’information est de la Brigade de gendarmerie de Tengrela. Elle nous a été confirmée, par une source à la Brigade de recherche d’Abidjan.

Faisant prévaloir leur « droit de réserve », nos deux sources ont formellement plaidé l’anonymat. Sept (7) présumés jihadistes maliens d’Ansar-Dine, arrêtés le jeudi 2 juillet 2015, à la frontière ivoiro-malienne, ont été transférés le samedi 4 juillet 2015, à Abidjan, « pour nécessité d’enquête ».

Les premières auditions menées sur place auraient permis aux enquêteurs d’arracher « de précieuses informations », selon notre source. « Ces présumés jihadistes ont fait des aveux graves, ce qui a conduit à leur transfèrement à Abidjan pour approfondir les enquêtes ». Le convoi de la gendarmerie de Tengrela, un véhicule de type 4 x4 convoyant ces 7 présumés jihadistes, est parti de Tengrela vers 7 h 30 pour arriver à Abidjan, en début de soirée.

Selon nos deux sources, au cœur de l’enquête, « ces 7 jihadistes ont été transférés à la section de recherche de la gendarmerie nationale » où ils devraient être auditionnés à partir d’aujourd’hui lundi 6 juillet 2015. Nos sources n’écartent pas l’éventualité, pour la Direction de la surveillance du territoire (Dst) de prendre ce dossier en main, qui relève de sa compétence. Ces 7 « gaillards barbus » ont été arrêtés le long d’une piste menant à Madjara-Sokourani, un village ivoirien proche de Sama, une localité malienne frontalière avec la Côte d’Ivoire.

Les populations locales ont joué, dans ces multiples arrestations, un rôle prépondérant, voire décisif. Les enquêteurs que nous avons interrogés attribuent la présence de ces islamistes sur le sol ivoirien à une volonté « pour se mettre à l’abri du pilonnage de l’aviation militaire malienne » de leur camp localisé, notamment, aux alentours des villages de Farafing, Gonkora, Founteré et Dania, qui jouxtent la frontière avec la Côte d’Ivoire. « Mais, comme la Côte d’Ivoire est une de leur cible, ils peuvent en profiter pour opérer des attaques terroristes », estiment nos interlocuteurs.

D’importants renforts militaires, tant en logistiques qu’en hommes, sont déployés le long de la ligne frontalière depuis le début de la semaine écoulée, assure notre source. Preuve que les autorités d’Abidjan prennent très au sérieux cette menace jihadiste. Le mercredi 1er juillet 2015, les forces maliennes concentraient leurs frappes aériennes sur ce secteur de Sama, en vue de briser les reins des islamistes dans cette zone. « Nos forces ont engagé des opérations de ratissage dans une forêt malienne où se cachent les terroristes, à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Les camarades (militaires) ivoiriens et les Casques bleus en Côte d’Ivoire sont également venus en renfort » avait déclaré, à l’Afp, un haut responsable de l’armée malienne.

Face au déluge de feu, certains islamistes ont vite fait de sauter la frontière pour se retrouver en terre ivoirienne, non pas pour y mener des actions terroristes, mais, pour sauver leur tête. C’est à Sama que « ces fous d’Allah » ont érigé leur « fourmilière », dans l’immense forêt qui s’étend, le long de la frontalière couvrant les villages ivoiriens de Gouégueni, Zambla, Ouélé, Guéya, dans la sous-préfecture de Débeté.

Le ministre auprès du président de la République, en charge de la Défense, Paul Koffi Koffi assurait dans nos colonnes, le samedi 4 juillet 2015, « qu’aucun militaire ivoirien n’est impliqué dans les combats à la frontière Côte d’Ivoire-Mali ou au Mali, encore moins des Forces spéciales ivoiriennes, ni non plus des Casques bleus de l’Onuci… ». Mais, il reste que le bouclier militaire érigé le long de la ligne frontalière avec le Mali, et qui vient d’être étoffé en hommes et en armements, pour faire faire échec à toute tentative d’infiltration de combattants islamistes sur le territoire ivoirien, vient donc de produire ses premiers résultats avec l’arrestation de ces 7 présumés jihadistes transférés à Abidjan.

Le colonel Abinan Koffi Jean-Claude, de l’état-major des Forces républicaines de Côte d’Ivoire ( Frci), par ailleurs responsable de la communication du ministère de la Défense, que nous avons joint le dimanche 5 juillet 2015, en milieu d’après-midi, a dit : « Non, je ne suis pas informé de leur transfert », nous a-t-il, laconiquement répondu relativement aux présumés jihadistes arrêtés.

Armand B. DEPEYLA

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Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Soir info
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