Alternance en 2020/ Un proche du PAN prévient: «Après Ouattara, c'est Guillaume Soro»


Moustapha Dembelé en compagnie du PAN, Guillaume Soro

Depuis le retour du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, en Côte d'Ivoire, ses partisans semblent avoir repris confiance. Dans un entretien accordé à Linfodrome.com, Dembelé Moustapha, Président de la Plateforme du Forum des républicains pour Soro Guillaume (FOREX), aborde plusieurs sujets de l'actualité dont la succession du Président Ouattara, la réconciliation, l'arrestation de Soul To Soul, etc.

Comment avez-vous vécu le retour de Guillaume Soro après plusieurs mois passés hors du pays ?

C’est une joie immense pour nous de savoir que notre leader est de retour. Vous savez que beaucoup de rumeurs ont couru pendant son absence. D’aucuns parlaient même d’exil. Son retour ne peut que nous rassurer. Au-delà de son retour, son discours était plus que satisfaisant. Le Président Guillaume Soro prône la paix. Il est resté fidèle à son discours de paix, du pardon et de réconciliation. Malgré tout ce qui a été dit, il appelle au calme. Pour nous qui nous reconnaissons en lui, son retour ne peut que nous rassurer.

Pensez-vous que Guillaume Soro peut jouer un rôle dans le jeu politique ivoirien?

Que vous l’aimiez ou pas, Guillaume Soro est aujourd’hui incontournable sur l’échiquier politique. Il est la troisième personnalité du pays. En tant que président du parlement, il reste la personne la mieux placée pour travailler à la réconciliation et la paix. Ensuite, quoi qu’on dise, il faut reconnaitre que Guillaume Soro a été un des acteurs de la crise en Côte d’Ivoire, de 2002 à 2010 et de 2010 à la fin de la crise post-électorale. Je pense que c’est celui qui, à un moment donné, a fait la guerre qui est mieux placé pour parler de réconciliation. Donc on ne peut pas parler de paix ou de réconciliation actuellement en Côte d’Ivoire et mettre à l’écart Guillaume Soro. Ce n’est pas possible.

Que répondez-vous à ceux de vos détracteurs qui pensent que vous faites de la réconciliation un slogan politique?

En politique, c’est l’adversaire qui détermine la nature de la lutte. Guillaume Soro n’a rien à prouver à qui que ce soit. Depuis la FESCI au poste de ministre de la Communication, secrétaire général des Forces nouvelles, premier ministre sous Laurent Gbagbo et sous Alassane Ouattara; aujourd’hui président de l’Assemblée nationale. Il y a des Ivoiriens qui ne se reconnaissent pas dans les actions menées par le gouvernement actuel. Faut-il ignorer ces Ivoiriens là? Je pense que c’est là que se trouve le sens de la mission du président de l’Assemblée nationale. Il connait les acteurs d’hier et ceux d’aujourd’hui. Il est le mieux placé pour ramener la confiance entre les Ivoiriens. La CDVR a joué un rôle important dans la réconciliation mais ce n’est pas suffisant. Il faut faire plus. D’où le sens des actions de Guillaume Soro, en tant que président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire ne saurait être un pays émergent sans la réconciliation.

Seriez-vous pour la désignation de Guillaume Soro comme vice-président du RDR ?

Guillaume Soro est militant du RDR. En tant que militant, je pense qu’il peut servir à tous les postes de responsabilité. On attend la décision officielle de la direction du parti. Guillaume Soro lui-même l’a dit. Il va rencontrer les jours à venir le président de la République qui est lui-même président d’honneur du RDR. Il rencontrera aussi la présidente du parti, notre maman à tous, Mme Dagri Diabaté; et je pense qu’à ce moment, les choses seront claires dans la tête de tous. Mais savez que Guillaume Soro n’est pas un homme qui court derrière les postes. Il est capable de servir à tous les postes, que ce soit en tant que vice-président ou au secrétariat général. Nous avons confiance en lui. Nous savons que quel que soit le poste qu’on lui proposera, l’homme ne nous décevra pas.

Que pensez-vous de l’arrestation de Soul To Soul qui a fait monter la tension récemment entre le camp Ouattara et le camp Soro?

Je vous arrête toute suite. Il n’y a pas de camp Ouattara d’un côté et le camp Soro de l’autre. Soro même est dans le camp Ouattara. Il ne faut pas faire d’amalgame. Moi je suis militant du RDR. Le président Ouattara a annoncé qu’il n’est pas candidat en 2020; à partir de ce moment là, nous militants, nous avons le droit de choisir le cadre que nous pensons capable de diriger l’après Ouattara. Après observation, nous, nous estimons que c’est Guillaume Soro qui est le mieux placé. Sinon il n’y a pas deux camps au RDR. Alassane Ouattara est le président de la République. Il tire vers la fin de son mandat. A partir de ce moment, nous pensons qu’après Ouattara, c’est Guillaume Soro. Maintenant, pour revenir à votre question, l’affaire ‘’Soul To Soul’’, nous préférons nous en référer à la justice. Même si certains pensent qu’il s’agit d’une affaire politique, moi je pense qu’il faut mettre balle à terre. Laissons la justice faire son travail, et j’ai foi que dans les jours à venir, Soul To Soul sera libéré et nous retrouvera.

Vous ne pensez pas qu’il est encore trop tôt de parler de l’après Ouattara ?

Si on est d’accord qu’en 2020 le président Ouattara ne se représentera pas, nous sommes à deux ans des élections, ce n’est pas au soir de la fin du mandat, en 2019, que nous nous mettrons à chercher un candidat. C’est qu’on a décidé de perdre le pouvoir. Si nous avons lutté pour la démocratie, si nous sommes des démocrates, pourquoi avoir peur de parler de la succession du Président Ouattara? Moi je pense que c’est maintenant qu’il faut qu’on en parle.

Seriez-vous partant pour des primaires au sein du RDR?

Nous sommes un parti politique bien organisé. Je pense qu’il faut se référer aux textes. Si les textes du parti nous renvoient au consensus, nous ne devons pas avoir peur d’y aller. Mais s’il s’agit du consensus, il va falloir le trouver. Je pense que mon leader Guillaume Soro est un homme de mission, pas un homme d’ambition. Mais je dis, la base du RDR aujourd’hui, je dirais plus de la moitié des militants se reconnaissent en Guillaume Soro. C’est évident. Personne ne peut le cacher. Après Ouattara, les militants se reconnaissent en Soro. Quand on en parle, les gens pensent qu’on a trahi Ouattara mais ce n’est pas vrai. Pourquoi celui qui a été considéré comme un héros national est présenté aujourd’hui comme notre ennemi juré? Pourquoi tant de haines et de méchancetés ? Les proches de Soro sont limogés. D’autres sont harcelés. Cette injustice là, les militants ne l’accepteront pas. Souvenons-nous de ce qui s’est passé hier pour bâtir l’avenir. Sous Bédié, ça été difficile de s’afficher RDR; sous Gbagbo, ça été pire. Mais est-ce que cela a empêché le destin de s’accomplir ? Ayons la foi. Ce que Dieu a établi, personne ne pourra le stopper. Mais je pense que le RDR va opter pour le consensus.

Avez-vous un appel à lancer ?

Je demande aux uns et aux autres de mettre balle à terre. Les gens veulent forcément opposer Ouattara à Soro. Ils se cachent derrière Ouattara; ils donnent un coup, en voulant répliquer, tu risques de toucher Ouattara. Or en tant que militants du RDR, Ouattara est notre fétiche. Il ne faut pas tomber dans le piège. Objectivement, nous connaissons nos adversaires. Je pense que nous devons nous battre contre eux de façon loyale. Aujourd’hui, nous avons un leader, Guillaume Soro, qui prône la paix et la réconciliation. C’est l’occasion pour moi d’appeler les Ivoiriens à adhérer au discours du président Soro Guillaume. Nous devons l’aider à réussir cette mission en tant que président de l’Assemblée nationale. Il y a eu un temps de guerre, il est temps de faire la paix. Nous avons un leader générationnel qui est Guillaume Soro. Nous devons faire bloc autour de lui pour l’aider à terminer ce que Ouattara a commencé dans la réconciliation et la paix.

Propos recueillis par David YALA

David YALA

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  • SOURCE: Linfodrome
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