Situation socio-politique : Des ex-combattants menacent et défient le pouvoir depuis l'Ouest

Julien Kessé, porte-parole de la cellule 39 du Tonkpi: « Nous allons affronter Ouattara nos cercueils sur la tête »
Julien Kessé, le porte-parole de la Cellule 39 du Tonkpi s'est montré très incisif et défiant envers le pouvoir

La relative accalmie que connaît la situation socio-politique en Côte d'Ivoire risque d'être à nouveau perturbée. Des ex-combattants de la crise ivoirienne, issus des ex-zones dites Centre-nord-ouest (Cno), font planer encore des menaces sur le pays. Ces ex-combattants démobilisés, qui réclament des primes, à l'instar des soldats qui s'étaient mutinés de janvier en mai dernier, ont décidé de se faire entendre. Ils ont donné jusqu'à ce vendredi 8 décembre prochain pour que leurs préoccupations soient prises en compte, au risque de paralyser les ex-zones Cno qui porte sur toute la moitié nord de la Côte d'Ivoire. L'information a été livré ce mercredi 6 décembre 2017 par les concernés, eux-mêmes, qui se réclament de la Cellule 39 de la région du Tonkpi. Une alerte à prendre très au sérieux, vu leton qu'ils y mettent.

Ces démobilisés mécontents ont tenu, en effet, un conclave au sein de leur siège au quartier Thérèse de Man, à l'issue duquel ils ont pris la décision de fixer un ultimatum aux dirigeants ivoiriens.

Pour Julien Kessé, le porte-parole du groupe, après deux ans de négociations sans suite favorable avec le pouvoir, l'heure n'est plus au dialogue. Ses amis et lui comptent désormais passer à l'action pour se faire entendre par le gouvernement. Sans sourciller, ils ont annoncé leur détermination à faire face à n'importe quelle situation pour réclamer ce qu'ils estiment être leur droit. « Si le président Ouattara veut, qu'il sorte tout l'arsenal de guerres pour contre-carrer notre mouvement, mais nous allons montrer que c'est le combat que nous avons fait qui l'a mis au pouvoir », défient, à la limite, Julien Kessé, encouragé par de nombreux camarades qui ont pris d'assaut leur quartier général. « Nous allons affronter Ouattara avec nos cercueil, car chacun de nous ne sait pas s'il peut revenir en famille. Si ça commence à partir du 8 décembre nous allons continuer jusqu'à la fin d'année. Il n'y aura plus de fête dans notre zone», menace ouvertement le porte-parole de la Cellule 39 de Man, qui pousse l'audace jusqu'à demander aux populations de la région du Tonkpi de faire déjà leur provisions dans la semaine. « Nous ne prévoyons aucune entrée ni sortie des véhicules de transport, ni de circulation des voitures de service dans la ville, pas de commerce dans le marché, pas d'ouverture de boutiques, pas d'établissement ouvert » ont averti les ex-combattants qui réclament 18 millions de F Cfa chacun comme prime que le gouvernement doit leur verser. « Ce vendredi 8 décembre, d'où que se trouve l'argent, les ex-combattants auront gain de cause ». Des menaces à mots ouverts contre le pouvoir que Julien Kessé et ses camarades ont proféré sous des clameurs et des applaudissements.

Cette manifestation qu'annoncent des ex-combattants à Man intervient au moment où l'on annonce l'arrivée dans l'ouest montagneux de plusieurs personnalités étrangères et ivoiriennes pour le festival ''Tonkpi Nidaley'' organisé par le Conseil régional. L'ouverture de cette rencontre culturelle Dan est prévue pour ce jeudi 7 décembre 2017 en présence du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, du gouverneur du District d'Abidjan Robert Beugré Mambé ainsi que la Représentante pays de l'Organisation internationale de la Francophonie. Le rendez-vous annoncé va-il tenir ses paris ? Les regards sont tournés vers le jour indiqué pour savoir ce qui va se passer.


Achille KPAN

(Région du Tonkpi)  

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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