Gouvernement ivoirien : Ouattara partagé entre un remaniement et un maintien de son équipe, ce que réclament des cadres de son parti


Entre continuer avec l'équipe de l'Alliance avec le Pdci et opérer un remaniement suivant le contexte, Alassane Ouattara est dans l'embarras

Le président de la République va remanier son gouvernement dans les jours ou semaines à venir. L’information circule dans les couloirs du palais et s’avère de plus en plus certaine, notamment depuis la nomination à la tête de la Commission de l’Union africaine de Jean Claude Kassi Brou. L’actuel ministre de l’Industrie et des Mines prend officiellement fonction à Addis-Abeba, le jeudi 1er mars prochain. Bien avant, il devra dire adieu à ses responsabilités ministérielles actuelles au sein du gouvernement Amadou Gon. Ce qui implique son remplacement, et donc que le chef de l’Etat procède nécessairement à un léger réaménagement de son gouvernement.

Mais, selon des indiscrétions, le président de la République, Alassane Ouattara, pourrait profiter de cette occasion pour retoucher un peu plus en profondeur l’équipe en place. Certaines langues parlent du départ probable de certains ministres, à l’image de Mme Kandia Camara Kamissoko, qui a la charge présentement du Secrétariat général du Rdr. Le chef de l’Etat aurait également l’intention de rafraîchir un tant soit peu son équipe pour affronter les défis du dernier virage vers la fin de son second mandat.

Rupture d’alliance. Mais, dans le contexte actuel, marqué par des divergences profondes au sein du Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp, la coalition au pouvoir, Alassane Ouattara, soutiennent d’autres sources, serait animé du désir de casser l’équipe en place et de la recomposer avec de nouveaux cadres fidèles à sa vision. Le Rdr, son parti politique, et le Pdci-Rda, son principal allié, ont du mal à s’accorder sur des projets déterminant, à l’instar de l’alternance en 2020 que réclament Henri Konan Bédié et ses partisans et du parti unifié auquel appellent les dirigeants du parti au pouvoir. Au fil des semaines et des mois, ces divergences alimentent une crise sous-jacente entre les deux formations leaders de la coalition au pouvoir. Il est vrai, aucun camp n’est prêt à franchir le rubicond, mais le Rdr et le Pdci sont presqu’au bord de la rupture d’alliance. En témoignent les discours et les actes qui confirment ce malaise profond au sein de la grande famille des Houphouëtistes.

Pour la première fois, dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire, le Front populaire ivoirien a franchi le portail vert du siège du Pdci-Rda, laissant entrevoir un haut deal entre le parti de Laurent Gbagbo et l’héritage de Félix Houphouët-Boigny. Le président du Pdci-Rda a ouvert ses portes, le mercredi 24 janvier dernier à son homologue du Fpi, Pascal Affi N’guessan, quelques jours après des échanges entre les leaders de jeunesses des deux formations politiques au siège du parti septuagénaire, à Abidjan Cocody. Au menu de ces différents échanges de haut niveau, la possibilité d’une alliance à l’horizon entre ces deux anciens partis au pouvoir pour les échéances à venir en 2020.

Plan B. Pour leur part, bien que moins convaincus par la réussite du projet, les cadres du Rdr réclament ipso facto la matérialisation du parti unifié Rhdp, avant les prochaines échéances locales, à savoir les municipales et les régionales prévues pour cette année. Mieux, la formation du président de la République n’hésite plus à laisser entendre sa disposition à aller à ces élections quoiqu’il advienne, c’est-à-dire, avec ou sans l’alliance des Houphouëistes. De vrais signaux vers une possible rupture qui ne dit pas son nom. L’ambiance est redevenue morose entre les deux formations liges de la coalition au pouvoir. A l’image du froid glacial qui avait régner, mi-2017, entre leurs présidents, Bédié et Ouattara, avant que ces derniers ne se retrouvent pour montrer un semblant de reprise de leur fraternel duo. L’alliance est en ballotage. Ce tango irrite déjà certains caciques du Rdr. Les plus radicaux, selon le confrère Jeune Afrique, dans son édition de la semaine en cours, pousseraient Alassane Ouattara à « limoger » de son gouvernement, les ministres très proches de Henri Konan Bédié. Une option difficile pour le chef de l’Etat, qui a besoin du soutien du Pdci-Rda - quoique dans une alliance de dupe – pour consolider sa gouvernance politique. Au risque de se retrouver dans une posture fragilisée qui pourrait retenir les élans de ces investisseurs et bailleurs de fonds prêts à s’engager pour la Côte d’Ivoire.

Continuer avec le Pdci-Rda en subissant la pression de cette formation alliée ou rompre avec le parti de Bédié et assumer seul ses responsabilités, tel est l’équation qui taraude l’esprit du chef de l’Exécutif ivoirien dont les dernières années de son second mandat s’annoncent aussi difficiles que les débuts de sa présidence. N’oublions pas ce plan B attribué à Alassane Ouattara qui, au cas où le projet de parti unifié n’aboutirait pas, songerait selon une publication de La Lettre du Continent, à la création d’un vaste mouvement politique, à l’image de ‘’En marche’’ de Emmanuel Macron. Une option qui lui permettrait de maintenir une stabilité politique derrière sa gouvernance. Tous ces schémas ne sont pas à exclure, et nul doute que le remaniement en vue témoignera de l’option choisie par le N°1 ivoirien.

Félix D.BONY

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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