Côte d’Ivoire / Justice

‘’Condamnation des 18 marcheurs du 22 mars 2018’’ : Le Fpi dénonce des peines ridicules et exige la libération de Tchéidé Gervais


Aboudrahamane Sangaré président de l'une des tendances du Front populaire ivoirien ( Photos d'archives)

Dans une déclaration, signée du secrétaire général Koné Boubakar, relative à la condamnation des 18 marcheurs du 22 mars 2018, le Front populaire ivoirien (Fpi), dénonce « une instrumentalisation scandaleuse de la justice ivoirienne » et exige la libération de M. Tchéidé Gervais, cadre du parti et président du comité d’organisation de cette marche de protestation. Ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN RELATIVE A LA CONDAMNATION DES 18 MARCHEURS DU 22 MARS 2018

A l’appel de la Plate-forme politique Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS) dont le FPI est partie, nombreux ont été les militants du Parti qui se sont mobilisés à la Place des martyrs, le jeudi 22 mars 2018 pour prendre part à la marche pacifique de revendication de la réforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et pour appeler le pouvoir Ouattara au dialogue avec l’opposition pour les conditions d’élections justes et démocratiques en Côte d’Ivoire.

Sur la base d’un arrêté préfectoral d’interdiction servi dans des conditions non requises par la loi, le pouvoir a sauvagement réprimé ladite marche qui n’avait même pas commencé et a procédé à l’interpellation d’une cinquantaine de personnes dont 18 ont été déférées à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) pour, dit-il, « trouble à l’ordre public, actes de nature à entrainer des troubles et à jeter du discrédit sur l’autorité de l’Etat »

Le vendredi 06 avril 2018, à l’issue d’un procès en procédure de flagrant délit, ces personnes ont écopé de 12 jours de prison, 5 années de perte de leurs droits civiques et 3 ans d’interdiction de séjour sur le territoire national, en dehors de leur lieu de naissance. Les 15 jours passés en détention préventive couvrant la peine d’emprisonnement prononcée par le tribunal, les 18 personnes devaient donc recouvrer la liberté le même vendredi 6 avril. Mais, coup de théâtre, le pouvoir se souvient subitement que notre camarade Tchéïdé Jean Gervais, Vice-président du FPI et Porte parole de EDS est sous le coup d’un mandat d’arrêt servi depuis le 11 mars 2013 !

Ce mandat d’arrêt serait motivé par les chefs d’accusation de génocide, de pillage, de financement de bandes armées, d’atteinte à la sureté de l’Etat et de viols.

Le Front Populaire Ivoirien rappelle que M. Tchéidé Jean Gervais est un haut cadre de l’administration ivoirienne et une personnalité politique de premier plan avec une adresse connue des services de police et de justice, mais à qui ce mandat d’arrêt n’a jamais été signifié.

Par ailleurs, en sa qualité de président du Comité d’organisation de la marche du 22 mars, M. Tchéidé Jean Gervais a négocié trois jours durant avec les autorités préfectorales et policières des conditions d’encadrement et de sécurisation de ladite manifestation, sans qu’aucune de ces autorités ne se souvienne de ce mandat d’arrêt qui porte sur des faits aussi graves mis à sa charge.

Le Front Populaire Ivoirien s’insurge contre cette scandaleuse instrumentalisation de la justice ivoirienne aux seules fins d’écarter de la scène politique un opposant qu’on trouve gênant.

Le Front Populaire Ivoirien exige en conséquence, la libération immédiate et sans condition de M. Tchéidé Jean Gervais.

Le Front Populaire Ivoirien dénonce enfin les peines ridicules de pertes de droits civiques et d’interdiction de séjour sur le territoire, en dehors de leur lieu de naissance abusivement infligées aux militants et cadres de l’opposition.

Fait à Abidjan, le 10 avril 2018

Pour le FPI, le Porte-parole

Koné Boubakar

Jean Kelly KOUASSI

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  • SOURCE: Linfodrome
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