Incivisme : Quand des policiers séquestrent des journalistes sur un lieu de reportage


Quand des policiers, au lieu de protéger, se transforment en bourreaux de journalistes sur le terrain

On ne peut plus ne pas en parler. Tant les autres disent utiliser les moyens à leur disposition pour se défendre. Les moyens mis à leur disposition par le contribuable. Y compris les journalistes. Des policiers n’ont aucun respect pour les journalistes. Ils n’hésitent pas à rudoyer sur des lieux de reportage des reporters commis par leur rédaction. Les faits deviennent de plus en plus légions en Côte d’Ivoire.

Il y a un peu plus d’un mois, un confrère se faisait tabasser alors qu’il se trouvait sur le terrain pour la couverture d’une marche de l’opposition à Adjamé. Ce mardi 15 mai 2018, c’est des reporters du groupe Olympe, qui se faisaient séquestrer à l’hôpital général de Koumassi. Le crime commis ? Le fait d’avoir effectué le déplacement au sein de cet établissement sanitaire pour s’enquérir du décès dans des conditions floues d’une enseignante de lycée. Décès qui venait de déchainer la colère des élèves de la défunte, déterminés à en découdre avec les agents de l’hôpital faute d’avoir prodigué des soins à temps à la patiente.

L’équipe de presse conduite par une dame, de surcroit, a été prise à partie par des policiers zélés, sous la conduite d’un certain lieutenant Moussa O. De la Compagnie républicaine de sécurité (Crs), soutenu par un commissaire du 6ème arrondissement traitant l’équipe de reporters sur les lieux de « soi-disant journalistes », malgré les identités déclinées, carte de presse au cou. Tous ces faits vont se passer sous les yeux d’un haut responsable de l’administration, la directrice départementale de santé, encourageant l’action des policiers, parce que les journalistes ont franchi le seul de l’établissement qui est la sienne. « L’hôpital, c’est pour nous. Vous n’avez pas le droit d’y pénétrer sans notre autorisation », lançait à l’encontre des reporters encerclés par une escouade d’éléments de la brigade anti-émeute (Bae) et de la Crs), sous les ordres de l’officier Moussa. Finalement, sur ordre du commissaire Allah, le groupe de reporters est jeté dehors comme des indésirables sous la huée du personnel de l’hôpital indexé.

Il y a trois semaines, la Côte d’Ivoire perdait une place dans le classement de Reporter Sans frontière dans le classement de la Liberté de la presse. Nul doute qu’avec ces policiers au zèle débordant, ignorant leur devoir de protéger tous les citoyens dans l’exercice de leurs activités, on prendra encore du recul. Et c’est la confiance qui s’en trouvera encore entamée pour le pays. Vivement, que ça change, car cela est loin d’honorer la Nation, et l’Etat de droit que les dirigeants ivoiriens n’ont de cesse de réclamer.

F.D.BONY

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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