Bonne gouvernance : Ouattara réclame des comptes aux partis financés par l'Etat; Comment il veut les coïncer


Simple coïncidence ou manœuvres politiques ? Le contexte dans lequel l'information est tombée incline, en effet, à s'interroger. De quoi s'agit-il ? Par un communiqué diffusé par voie de presse, le lundi 16 juillet 2018, la Haute autorité pour la bonne gouvernance (Habg) somme les partis politiques qui bénéficient des « financements sur fonds publics », de venir s'expliquer sur ce qu'ils font de cet argent.

Signé du président de cette institution, N'Golo Coulibaly, ce communiqué indique clairement que l'Etat, par le biais de la Habg, veut procéder au « contrôle de l'utilisation des fonds publics » octroyés aux partis et groupements politiques. A cet effet, cet organe de lutte contre la corruption réclame aux partis concernés, des pièces comptables.

Au passage, l'institution leur rappelle « qu'ils ont l'obligation de publier leurs comptes chaque année », « de déposer au début de l'exercice budgétaire, les noms, prénoms et adresses des responsables de la gestion des finances et du patrimoine », et surtout « de remettre à la Cour des comptes, au 31 mars de l'année suivante, celle au cours de laquelle le financement est octroyé, un rapport de leurs dépenses et recettes, accompagné d'un état du patrimoine certifié par un expert-comptable agréé ». Il s'agit, en clair, de voir clair dans la gestion que ces partis ont fait des deniers publics dont ils ont bénéficié, depuis l'accession d'Alassane Ouattara au pouvoir.

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Par le biais de l'institution dirigée par N'Golo Coulibaly, le gouvernement veut les amener à justifier l'usage qu'ils ont fait et font encore de l'argent du contribuable. L’initiative devrait, à terme, permettre de savoir lesquels de ces partis bénéficiaires du financement public, en usent à des fins peu catholiques. L'opération pourrait, par là-même, apparaître comme un coup de pied dans la fourmilière.

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Aussi, d'aucuns s'interrogent-ils sur l'opportunité d'une telle opération « coup de torche », qui vise à faire la lumière sur l'usage fait par les partis politiques, de l'argent public. Pourquoi maintenant ? Que cache ce réveil subit de la Haute autorité en charge de la lutte contre la corruption ? Des interrogations d'autant plus légitimes que le contexte politique est marqué par des bisbilles entre le parti au pouvoir, le Rdr, et son allié qu'est le Pdci. De sorte qu'une telle opération pourrait apparaître comme une manœuvre visant à chercher des poux dans les cheveux des décideurs de ce parti, en fouinant dans ses comptes. Certes, ce « contrôle de l'utilisation des fonds publics » concernera également le parti au pouvoir. Mais il reste que cette operation pourrait être vue par les autres partis, comme un gourdin visant à les frapper. Contexte politique oblige.

 

Assane NIADA

 

 

 

 

Assane Niada

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  • SOURCE: Soir info
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