Tensions avec le président Ouattara, destitution du Parlement, candidature en 2020 : Guillaume Soro se lâche sans détours et réaffirme sa rencontre avec Gbagbo


Soro a promis le déballage sur l'affaire Soul to Soul

Le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, est l'invité de ce dimanche 22 juillet 2018 de Alain Foka, sur radio France internationale. Avant sa diffusion, l'interview accordée par le chef du Parlement ivoirien, est déjà disponible et fait le tour des réseaux sociaux. Ci-dessous, de larges extraits de cet entretien attendu sur les antennes du confrère, Rfi, à partir de 10h, ce dimanche. Echange qui sera suivi d'un débat avec des acteurs politiques.

Guillaume Soro n'a pas donné dans la langue de bois pour répondre aux questions directes et sans détours du célèbre journaliste animateur du ''Débat d'Afrique''. Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, pendant 20 mn, s'est prêté à l'exercice d'Alain Foka, qui a fait le tour de toute son actualité. A commencer par la rumeur de la destitution du chef du Parlement ivoirien de son poste, en raison de bisbilles qu'on lui prêterait avec sa famille politique, le Rdr. « La relation que j'ai avec le président de la République me porte à croire que ce n'est qu'une rumeur. », répond sur le sujet, le président Guillaume Soro, qui clarifie l'opinion sur ses relations avec le chef de l’État, Alassane Ouattara à propos de tensions qui existeraient entre eux, depuis quelques temps. « Je dis qu'il y a la relation entre le président de la République et le président de l'Assemblée nationale, mais la relation entre M. Ouattara et Guillaume Soro résiste aux intempéries d'entourages quelques fois excessifs, des deux entourages quelques fois excessifs, et j'en subis très souvent le courroux. Mais, je peux dire qu'au delà de nos entourages, notre relation demeure solide et excellente ».

Qu'est-ce qui explique donc qu'il soit absent à l'Assemblée générale constitutive du parti unifié du Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp), projet cher au président de la République pour la suite de son combat politique ? « J'étais en mission officielle au Canada. Ce n'est pas une mission que j'ai inventée. (…). Il faut que je précise que ma mission au Canada était fixée depuis un an à l'avance, et j'ai tenu le président de la République informé. (…). D'ailleurs, le président m'avait reçu avant mon voyage », tranche Guillaume Soro. Pour le président de l'Assemblée nationale, du reste, le rassemblement du 16 juillet dernier n'était que l'Assemblée générale des membres fondateurs du parti unifié Rhdp. Il y en aura d'autres au cours desquels il pourrait marqué sa présence. Mieux, précise-t-il, cette Assemblée n'a pas été au menu de sa rencontre avec le chef de l’État avant son voyage. « Il était question de la dissolution ou non du gouvernement. Donc, c'est quand j'étais en mission que la date de l'Assemblée générale a été fixée ».

 

Ma position sur le parti unifié

Est-il opposé au parti unifié. « Non », laisse entendre le vice-président du Rdr chargé de la Région du Tchologo. « Je ne suis pas du tout opposé au Rhdp unifié ». Toutefois, il tient à repréciser sa position sur la question. « Ma position est publique et connue par tous les Ivoiriens d'autant plus que c'est à a réunion solennelle de rentrée de l'Assemblée nationale que j'ai fait la déclaration que voici. J'ai dit que le parti unifié issu du Rhdp devrait être un parti d'abord inclusif, et qu'il fallait comme moteur de la création de ce parti, le dialogue, et qu'il ne fallait, pour la création de e parti, personne en marge », rappelle le chef du Parlement ivoirien. Qui dit garder l'espoir et demeurer optimiste quand au rapprochement entre les présidents Ouattara et Bédié, les deux figures de proue du Rhdp. « Je rentre en Côte d’Ivoire, je parlerai avec le président Ouattara, je parlerai avec le président Bédié. De toute façon, vous avez bien pu noter que le président Ouattara a affirmé qu’il continuera de discuter avec le président Bédié ».

Décryptant les propos du président Ouattara à propos du passage du flambeau en 2020 à une nouvelle génération, Guillaume Soro dit n'en avoir pas été surpris. « Cette posture du président Ouattara, je la connaissais depuis longtemps. Le président Ouattara m'en avait parlé. C'est pourquoi quand il y a eu les folles rumeurs sur un 3ème mandat, je n'étais pas perturbé, parce que j'ai eu des entretiens importants et intensifs avec lui, et je savais que le président de la République a toujours eu la posture et la volonté de passer le mandat à une nouvelle génération ». Cela présagerait-il sa sa candidature en 2020 ? L'ex-dauphin constitutionnel du chef de l’État ne se montrer pas égocentrique. Toutefois, il se promet, dès maintenant, d'y « réfléchir plus sérieusement qu'avant ». « J’ai toujours évité de répondre à cette question parce que je ne voulais pas ouvrir là une compétition précipitée et anticipée sur 2020. Je pense que je vais y réfléchir, mais je n’imagine pas engager cette réflexion sans en parler d’abord principalement avec le président Ouattara et ensuite le président Bédié et d’autres personnes ».

Au sujet de la couleur politique qu'il défendrait s'il devrait se présenter à la présidentielle de 2020, Guillaume Soro, proche d'Alassane Ouattara, président du parti unifié Rhdp et d'Henri Konan Bédié, ne s'embarrasse point. « Au Bénin, M. Talon a été président sans parti politique ». Et le chef du Parlement ivoirien de compléter : « Ce que je veux dire, aujourd'hui j'ai une mission qui est presqu'un sacerdoce. C'est de faire en sorte que la Côte d'Ivoire se réconcilie, que le traumatisme créé par les élections de 2010 n'existent plus». 

 

La réconciliation et Laurent Gbagbo

La réconciliation nationale en Côte d'Ivoire ne pouvait pas manquer au menu de cet entretien mené par Alain Foka. Même s'il estime que le bilan d'Alassane Ouattara ne peut être considéré comme « mitigé », Guillaume Soro partage l'idée que la réconciliation nationale reste un chantier presqu'entier à défricher qui rencontre des résistance en terre ivoirienne. « Il faut bien savoir qu'il y a des extrémistes dans notre camps comme de le camp de M. Gbagbo, qui ne veulent pas entendre parler de pardon et de réconciliation. (…).Pour aller à la réconciliation, il n'y a pas de préalable. Il faut accepter de discuter, de pardonner et de faire repentance. (…). Moi, je l'ai assumé, j'ai même fait une déclaration publique, pour dire que je souhaitais que les prisonniers politiques soient libérés . Mais, pour qu'on y arrive, il faut que les deux camps acceptent de s'asseoir ».

Sur la question, l'ex-patron des Forces nouvelles (ex-rébellion ivoirienne) dit jouer sa partition. « Moi, je l'ai accepté. Vous n'allez quand-même pas douter de la sincérité de mon propos sur la réconciliation et le pardon quand mon propre directeur de protocole est en prison ». Guillaume Soro a même réaffirmé sa volonté de rencontrer tous les trois grands leaders politiques ivoiriens, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, et l'ex-chef de l’État, Laurent Gbagbo, qu'il s'est promis d'aller voir dans sa prison à la Haye. Cela, avec la volonté bien entendu du concerné. «Vous savez bien que pour aller à la Haye, à la Cour pénale internationale (Cpi), il faut une volonté commune », a indiqué le président de l'Assemblée nationale dont l'entretien aura porté sur plusieurs autres questions comme l'affaire Soul To Soul, son implication ou non dans le putsch manqué au Burkina Faso où il est cité, etc.

 

Félix D.BONY

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Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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