Situation socio-politique, crise Bédié - Ouattara, libération des prisonniers, ...: Adama Diomandé, l'homme qui a enregistré Soro au siège du Rdr, explique tout

Sa position sur une candidature de Bédié en 2020
Ce qu'il dit du cas Soro
M. Adama Diomandé, le cadre du Rdr, déterminé à poursuivre son combat pour l'image de son parti et du chef de l'Etat, Alassane Ouattara

Président de l'Asociation pour la défense de la démocratie et des libertés, farouche militant du Rdr et ''Alassaniste'' indécrotable, Adama Diomané aura été ce cadre par qui avait fuité des propos du président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, à une réunion du Bureau politique du Rdr, à son siège, à la Rue Lepic d'Abidjan Cocody. Depuis, il s'est muré dans un silence qu'il a fini mpar se résoudre à rompre dans cet entretien exclusif accordé à linfodrome.ci. Sans faux-fuyant, il répond à tout, de ses déboires avec son parti, à l'ambiance qui prévaut présentement au sein du Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp), etc. Interview.

M. Diomandé Adama, vous semblez muré dans votre silence depuis l’épisode de la fuite au siège du Rdr avec les propos de Guillaume Soro que vous aviez publiés sur la place publique ? 

Merci de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer. Ce silence est dû à mes nombreux déplacements à l’intérieur du pays, car cela fait plus de deux ans que je suis régulièrement en Côte d’Ivoire. Ces voyages au plus profond de mon pays m’ont permis de voir les réalités et être en contact avec les vrais problèmes de mon pays qui sont complètement différents de ce que je percevais depuis la France, que ce soit dans le domaine politique, social, de l’évolution des mentalités, de la solidarité, le rapport des Ivoiriens avec l’argent et la famille, l’évolution dans l’administration, notamment la corruption qui ne date pas d’aujourd’hui, mais qui devient une gangrène. Nous devons la couper, cette gangrène. Elle est en train de prendre tous les organes de notre administration. Les plus démunis en pâtissent terriblement. Ils l’acceptent comme une fatalité. Souvent ils se font complices de leur propre mal. Je suis dépassé par la cupidité de mes compatriotes face à la corruption et l’incivisme et le mensonge.

La corruption est devenue une règle de fonctionnement dans notre vie. Nous devons mettre fin à cela. Il nous faut appliquer la même méthode que le Rwanda. Je le dis, car j’ai subi les méfaits des corruptions. L’acceptation de la gravité de cette corruption est le résultat de l’impunité accordée par Houphouët-Boigny aux ‘’grignoteurs d’arachides’’ des années 1980. Nous devons rompre avec cette impunité qui nous fait beaucoup de torts dans nos actions de développement, de création de richesses pour tous les Ivoiriens. Socialement, ce système est au bénéfice des intérêts égoïstes de quelques individus comme Akossi Bendjo. Il est regrettable qu’un parti politique comme le Pdci accepte et défende le maire du Plateau qui a fui la juste de son pays pour aller se réfugier en France sous un faux prétexte de politicien pourchassé.

Merci encore de me poser la question sur mon enregistrement aux cours d’une réunion du Rdr a la rue Lepic au siège de notre parti politique, des propos du président de l’Assemblée nationale. Cet enregistrement, je ne l’ai pas fait pour nuire à une personnalité importante de notre parti et aussi de notre pays, qui est un des vice-présidents du Rdr, et non plus pour le compte d’une autre haute personnalité qui est le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, premier vice-président du parti et chef du gouvernement, comme cela m’a été reproché par ceux qui se disent plus partisans de Guillaume Soro que les autres militants du Rdr. Je signale aussi que cet enregistrement, je ne l’ai pas fait d’une manière clandestine, et je n’étais pas la seule personne à faire l’enregistrement de cette réunion, et je ne suis pas le seul à avoir publié des extraits de cette réunion.

Par ailleurs, je connais très bien ces deux personnalités importantes de notre parti et aussi de notre pays depuis fort longtemps. Ils savent mon engagement sincère pour notre lutte, ils savent aussi que nous avons fait des réunions secrètes depuis notre lutte qui était hautement stratégiques qu’une simple réunion tenue à notre siège devant plus de 300 personnes, y compris des journalistes, des musiciens, et même des griots. Ils savent que je les respecte, et ils me le rendent aussi.

Avec du recul, que s’est-il réellement passé ce jour-là ?

Moi qui défends les lignes de mon parti et aussi l’action du Gouvernement de mon pays et l’image de mon président en France, dans les médias et aussi dans les institutions françaises et européennes. D’ailleurs, 48 heures avant cette réunion, je venais de participer à un débat sur la radio internationale Africa numéro 1, débat animé par votre confrère, le grand journaliste Francis LALOUPO. Cette émission de radio est diffusée aussi sur la radio BBC. Elle est très écoutée dans la diaspora africaine en Europe. Ce jour, il y avait un vice-président du Fpi chargé de la politique internationale et un membre du Grand Conseil du Pdci-Rda anti-Rhdp sur sa forme actuelle. Je précise cela, car ce dernier a été un membre très actif du Rhdp en France dans sa période de création. Je parle de mon ami Joël Tchétché. Le journaliste et mes contradicteurs m’ont bombardé de question sur les relations tumltueuses entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. Ils ont affirmé qu’il y avait une crise institutionnelle entre la Présidence de la République et l’Assemblée nationale et aussi avec le gouvernement. Des allégations que je contestais avec mes arguments.

Donc, quand cette réunion est annoncée par voie de communiqué sur des réseaux sociaux, au lendemain de cette émission, pour moi cela était une opportunité pour me documenter. Comme la réunion m’a trouvé ici à Abidjan, mon délégué général de France du Rdr m’a demandé de le représenter, et même sans cela, je serais allé à cette réunion rien que pour avoir des éléments de langage pour défendre la ligne du parti et le Gouvernement dans mes débats.

 Quand on écrit sur les réseaux sociaux que je n’avais le droit d’y être, c’est inexact, car je suis un cadre du Rdr connu et reconnu. En effet, en voyant le PAN à cette réunion êtres accueilli à sa descente de voiture et rentrer dans la salle de réunion bras desssus-dessous avec la présidente du Rdr, cela m’a conforté dans ma conviction que la crise dont tout le monde entier parle dans notre parti, n’est pas insurmontable. Mieux encore, au cours de la réunion, la convivialité qu’il y avait entre le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale (Pan) était rassurant de mon point de vue.

Qu’est-ce qui vous a poussé à enregistrer et à publier ces propos ? 

La parole est donnée au Pan dans la partie ‘’Divers’’ de la réunion. Entre autre, le Pan évoque sa différence de point de vue sur le Rhdp. Une divergence que franchement je n’avais jamais constatée, pourtant Dieu seul sait que je suis un observateur de la vie politique ivoirienne. Donc, j’ai enregistré le Pan pour qu’il y ait le débat sur nos pages de réseaux sociaux. Pour moi, j’avais posé un acte de participation aux débat politique dans notre parti, et cela sans arrière-pensée politicienne. Donc, c’ est un acte politique que j’assume malgré la maladresse perçue par la direction de mon parti.

Comment aviez-vous vécu les réactions de la direction du RDR ? Comme de l’ingratitude envers vous pour les sacrifices faits pour ce parti ? 

 Vous faite allusion au communiqué de la direction à mon sujet. A la suite de ce communiqué, j’ai présenté mes excuses à la direction, notamment à Mme la Secrétaire générale, Kandia Camara. Nous nous sommes expliqués, cette affaire est close, et je ne recommencerai plus, car je suis un militant discipliné. Un grand partiI comme le Rdr a ses règles, ses règlements et la discipline devrait être la même chose pour tout le monde.

Ce que vous vous pouvez penser comme humiliation fait partie intégrante de la lutte politique, des grandes personnalités comme le président de la République Alassane Ouattara qui nous a donnés l’exemple. Les réactions des militants qui se disent pro-SORO, les injures inutiles, même des personnalités qui avaient une relation courtoise envers moi s’y sont mises aussi, je me suis senti incompris.  J’ai apprécié la retenue du PAN à mon égard, car il a compris le vrai sens politique de mon action, même s’il n’a pas souhaité la divulgation de ses propos sur les réseaux sociaux, en cela je profite encore pour lui présenter mes excuses pour cette maladresse de ma part, mais je pense qu’il a compris que cela a été une maladresse de ma part. J’ai été dépassé par la dimension que cette affaire a prise dans la presse internationale. Mes proches ont été très touchés par les injures à mon encontre. Quant à moi, j’ai l’habitude mais j’ai eu très mal pour mes proches, qui ont pris cela comme une injustice à mon encontre.

 Si c’était à refaire ?

Je continue de défendre la ligne du parti quel que soit ma frustration, car c’est une lutte nécessaire et c’est aussi ma conviction. Mais, je ne le referai plus sur cette forme-là. Vous voyez que je suis bien suivi sur les réseaux sociaux, mon site internet est très bien visité, j’ai des abonnés venant de tous les continents.

Depuis cet épisode, quels sont vos rapports avec la direction du Rdr ? 

Je participe aux réunions que je trouve nécessaires, et j’ai une activité intense sur mon site internet comme aussi sur les réseaux sociaux qui est très fortement regardé par les Ivoiriens dans le monde entier. Et puis, cela ne laisse pas indifférents nos adversaires politiques, et je suis présent sur les lieux de meeting de mon parti et aussi du parti unifié Rhdp dont je suis un farouche partisan. Je suis très présent aux côtés des jeunes dirigeants de mon parti, et aussi j’apprécie le travail des jeunes ministres, notamment Épiphane ZORO BI BALLO avec qui je partage des relations intenses de longue date depuis les moments très difficiles du début de notre lutte politique contre la catégorisation des Ivoiriens, et cela depuis qu’il était en exil politique en Europe. C’est une personne très respectée dans le monde et aussi par nos militants de , car j’ai fait le tour de notre pays avec lui.

Ne se méfie-t-on pas de vous ?

Je ne le crois pas, celui qui veut se méfier de moi c’est son problème. Mais, je garde ma sérénité. Ce qu’on me reproche,  je l’ai fait avec conviction dans l’intention de bien faire comme je l’ai souligné plus haut, et je pense que nous devons être solidaires entre nous. La lutte interne doit se faire avec le respect de la conviction de chaque acteur. Qu’on soit dirigeant, cadre, où militant, nous sommes tous des militants par notre conviction au RDR.

La personne qui a une grande ambition pour notre pays doit accepter la lutte interne sans oublier l’intérêt commun qui est la Cote d’Ivoire. Elle doit œuvrer pour la consolidation de la cohésion de notre Nation et aussi de notre parti politique dans le parti unifié Rhdp. Elle doit aussi regarder dans son rétroviseur pour voir si des militants dévoués pour notre parti ne sont pas laissés au bord de la route.

Avez-vous eu accès encore au siège de la Rue Lepic ?

Il ne m’a jamais été interdit, le siège du RDR. Je vous rassure de suite, j’y vais quand je veux.

Comment appréhendez-vous la crise qui secoue le RHDP aujourd’hui, avec les tensions entre le PDCI et le RDR ?

Je trouve cette crise très regrettable au Rhdp et dommageable pour notre pays, qui pourrait subir des conséquences négatives sur les plans économique et social, et aussi  au-delà de notre pays, car la stabilité politique chez nous a des conséquences positive sur notre région ouest-africaine. Nous n’avions vraiment pas besoin de cette crise qui a éclipsé presque tous ce que nous avons fait ensemble de concret pour notre pays ,  cela  à cause d’une divergence pas très grande à mon sens, en ce qui concerne les élections présidentielle de 2020. Une candidature du président Bédié sera une erreur politique monumentale, donc je n’y crois pas du tout.

Croyez-vous encore en la naissance du parti unifié dans ce contexte qui prévaut ?

Oui, absolument ! La rencontre entre les présidents Bédié et Ouattara, au lendemain de notre fête de l’indépendance, donne espoir malgré le communiqué très dur du Pdci qui semble annoncer une rupture totale entre les deux héritiers politiques du Père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, feu Félix Houphouët-Boigny.

Que vous inspire les réserves du PDCI qui a refusé d’adhérer avant les prochaines élections présidentielles de 2020 au parti unifié ?

Le Pdci na pas le droit de se mettre hors d’une coalition dont il est l’un des piliers solides qui porte le nom du père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne qui est le créateur du Pdci-Rda. Si la direction du Pdci reste sur cette position, le Pdci sera forcément affaiblie. Le Pdci ne se renforcera jamais avec le FPI.

Bédié réclame, avant tout, l’alternance pour son parti. Qu’en dites-vous ? 

Je trouve que le président Bédié est hermétique au choix plus démocratique, dans le Pdci. On a l’impression qu’il veut seul choisir le candidat du Rhdp, et cela me semble inacceptable dans une coalition politique comme le Rhdp.

Dans la mouvance, le PDCI s’ouvre de plus en plus aux partis de l’opposition qui le courtisent. Croyez-vous-en une possible alliance entre Bédié et ces leaders contre Ouattara et le parti unifié ?

S’il fait ça, cela sera une faute politique pour le Pdci, car le Rdr, nous l’avons gouté et nous savons que cela est très amer politiquement et contre-productive pour notre pays, et contre nature idéologiquement et dommageable pour notre démocratie. Ce ne sera pas une Alliance contre Ouattara, mais ça sera une alliance contre le progrès que nous avons obtenu ensemble dans le Rhdp.

L’actualité, c’est la mesure d’amnistie prise par le chef de l’État qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Qu’en pensez-vous ?

Je m’en réjoui, cela était réclamé par le FPI. Des voix parmi nous se sont associé à cette demande, notamment la voix du président de l’Assemblée Nationale Guillaume SORO, et le Président  Alassane OUATTARA a compris la portée de cette demande. Malgré les grandes douleurs des victimes, qu’il a pris sur lui-même, et malgré la protestation très forte des organisations des droit de l’Homme, le chef de l’Etat a pris cette décision courageuse sans aucune contrainte pour la cohésion de notre Nation dans le but de renforcer la réconciliation entre toutes les filles et fils de notre pays.

 

D’aucuns, notamment des organisations des droits de l’Homme s’offusquent que certains dossiers ne soient pas allés jusqu’au bout pour que l’on sache la vérité. A l’image de l’affaire de la cache d’arme trouvée chez Soul To Soul. Etes-vous de cet avis ?

Le monde entier connait la vérité de ce qui s’est passé dans notre pays. Cette vérité est que l’ex-Président a refusé de reconnaitre le résultat des élections présidentielles de 2011 qu’il a perdu. Tout cela sous l’influence de son épouse Simone GBAGBO, il a refusé de rendre le pouvoir qu’il a perdu. Donc c’est le régime politique du Fpi qui a engendré cette crise post-électorale qui a fait plus de 3000 morts sinon plus !

Comment voyez-vous l’avenir avec le FPI qui va reprendre du poils de la bête ? 

Ce que j’ai vu et les discours entendus ne me donne pas cette impression de prise du poil de la bête. La majorité des Ivoiriens ne sont plus à l’image rétrograde du FPI, les Ivoiriens n’ont plus du temps à perdre avec une politique revancharde. Ils aspirent a plus de bonheurs ce que le président   OUATTARA  a promis dans son discours à la Nation du 6 août 2018 à deux ans de la fin de son mandat sous la Troisième République.

Le 1er octobre prochain, c’est une autre date très attendue. Pensez-vous que Laurent Gbagbo pourra recouvrer la liberté à l’audience d’acquittement suscitée par les juges de la Cpi ?

Si j’ai un conseil a donné aux partisans de Gbagbo, c’est de ne pas fanfaronner trop avant cet espoir de sortie de prison de Laurent GBAGBO. Ils ont fait cela plusieurs fois et leurs espoirs ont été déçus, je crains que cela soit le cas, pour une fois encore, car les juges de la CPI non pas grand-chose à faire avec la politique interne dans notre pays.

Bédié et Ouattara se sont rencontrés mais n’ont rien dévoilé de leurs échanges. Selon vous, qu’est-ce qu’ils peuvent bien s’être dits ?

Au-delà des communiqués respectifs des deux partis, les deux hommes d’Etat sont soucieux de leurs responsabilités. Je suis persuadé qu’ils trouveront une solution, car ils n’ont pas le droit de laisser une Côte d’Ivoire désunie ou de gâcher encore une fois l’héritage du père de la Nation qu’eux-mêmes ont contribué à bâtir. Ils l’ont fait une fois, ils se sont rattraper, je suis très optimiste. Ils ne vont pas nous remettre ça encore. Le monde entier regarde notre chère Côte d’Ivoire qui ne mérite pas cela une deuxième fois. Tous les deux ont formés des personnalités ivoiriennes très compétentes sur les plans politique, plan économique, diplomatique.Ils peuvent tous les deux se retirez tranquillement et faire confiance aux généations nouvelles pour une nouvelle Côte d’Ivoire.

Le président Ouattara insiste sur le passage du flambeau, en 2020, à une nouvelle génération. Quelle lecture faites-vous de cette position ?

Je le soutiens totalement dans cette approche, car leur génération doit passer ce flambeau à une nouvelle génération de dirigeants politiques. Dans une démocratie apaisée, ce passage de flambeau ne devrait pas se faire comme un changement de trône familial. Cette succession doit se faire par la démocratie, la désignation du meilleur candidat devrait se faire avec l’accord de toutes les composantes de notre parti unifié Rhdp. Le meilleur d’entre nous sera choisi, que le Pdci nous présente son meilleur candidat au bon moment. S’il est le meilleur d’entre nous, il sera choisi, mais que le Pdci le choisi seul, cela est inacceptable.

Dans ce schéma, comment voyez-vous la trajectoire politique de Guillaume Soro ?

Le sort de Guillaume Soro est dans sa main, il a dit dans son entretien sur RFI et sur France 24 qu’il va réfléchir, sérieusement. Donc, laissons-lui le temps de la réflexion, je ne pourrais pas me mettre à sa place.

La réforme de la CEI est un acquis. Si vous devriez faire une proposition dans ce sens, quelle composition entrevoyez-vous pour des élections sans contestations à l’avenir

Une composition distante de toutes chapelles politiques, confions cette commission électorale à des juges indépendants affectés à ce rôle sensible dans la République, et l’Etat devra mettre les moyens nécessaires à leurs dispositions.

Entretien réalisé par F.D.BONY

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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