Rififi à Toumodi : Des populations encerclent le camp français de Lomo Nord, des gendarmes dépêchés sur les lieux depuis Yamoussoukro


Une vue du camp français de Lomo-Nord (Ph d'archives)

Des échauffourées ont lieu à Lomo-Nord, dans la sous-préfecture de Toumodi, où des populations ont encerclé le camp de l'armée française pour l'empêcher d'effectuer des tirs de flambage à partir d'une arme qu'elles redoutent.

Il y a des brouilles en ce moment même à Toumodi, précisément dans la localité de Lomo-Nord. Les habitants de cette localité se sont soulevés et ont encerclé le camp des militaires français qu’ils abritent. A l’origine de cette manifestation inattendue, la tentative d’usage d’une arme à eux présentée par l’armée française.

Selon une source sur place jointe, en effet, les faits qui ont soulevé les populations de Lomo-Nord se situent déjà à quelques années quand des soldats de la Force française basée à Abidjan Port-Bouët ont eu une rencontre avec elle pour leur présenter une arme. Il s’agit d’un arsenal de guerre appelé ‘’César’’ dont les utilisateurs n’ont rien caché de la portée et de la capacité de destruction aux habitants de Lomo-Nord.

Ceux-ci, s’inquiétant des dégâts que l’arme pourrait éventuellement causer dans leur environnement auraient signifié aux soldats français qu’ils n’en voulaient pas sur leur sol. Mais, le jeudi 8 août 2018, les choses vont évoluer quand le village est approché par le nouveau maitre de tir au sujet de la même arme. L’homme manifeste l’intention d’effectuer des tirs de flambage pour l’entretien de l’armement. Mais, les populations s’y opposent, quand bien même, il fait la promesse de ne pas utiliser de balles réelles pour ce coup d’essai.

Après discussion, les parties n’arrivent pas à s’accorder, et l’officier français se résoud à en rendre compte à sa hiérarchie. Séance tenante, et avec les conseils d’un ancien ministre fils de la localité, le village fait une démarche envers le président de Toumodi où un courrier est déposé en vue de saisir officiellement le ministre ivoirien de la Défense. Les parties ayant conclu qu’il n’y aura plus de tir qui sera effectué.

Mais, poursuit notre source, c’est à la surprise générale que le village aperçoit, ce lundi 13 août 2018, non plus un, mais deux Césars convoyés sur les lieux pour préparer les tirs annoncés. D’où le soulèvement des populations qui ont encerclé le camp pour protester contre cette volonté des forces françaises. Le ton ayant commencé à monter, les informations sont parvenues à la gendarmerie de Yamoussoukro qui a dépêché rapidement un détachement sur les lieux avant que la situation ne dégénère. Les discussions, au moment où nous mettons sous presse sont encore en cours avec les gendarmes sur place pour calmer les esprits. Ces derniers auraient déjà obtenu, étant donné qu’il y a opposition, qu’il n’y aura pas de tir, en attendant de poursuivre les discussions avec les plus hautes pour prendre une décision. Affaire à suivre !

 

F.D.B

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Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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