Tabaski 2018 : Le message du chef de l’Etat aux Ivoiriens, depuis la Mecque, l’appel des Imams aux hommes politiques


Le ministre de l'Intérieur, Sidiki Diakité, a transmis le message du chef de l'Etat aux Ivoiriens

Le président de la République, via son ministre de l'Intérieur, a transmis un message aux Ivoiriens à l'occasion de la célébration de la fête de la Tabaski.

Les musulmans de Côte d’Ivoire, à l’instar de leurs coreligionnaires à travers le monde, ont commémoré, hier mardi 21 août 2018, la fête la fête de l'Aid-el-Kébir communément appelée fête de la Tabaski ou encore fête du mouton. C’est depuis la Mecque, où il a choisi d’accomplir le 5ème pilier de l’Islam, cette année, que le chef de l’Etat a transmis un message aux Ivoiriens. Prenant part à la grande prière du jour à la mosquée de la Riviéra-Golf, dans la commune de Cocody, où s’est tenue la célébration officielle, qu’il a présidée, le ministre de l’Intérieur, Sidiki Diakité, a livré ce message du président de la République, Alassane Ouattara. « Cette fête se déroule dans un contexte très spécial, parce que c’est cette année 2018 que le président de la République a choisi d’aller accomplir le 5ème pilier de l’Islam. Le message qu’il nous a demandé d’adresser à la communauté musulmane, c’est un message de paix. Il m’a dit ce matin : ‘’je suis venu en pèlerinage, je vais prier pour la paix en Côte d’Ivoire. Je vais prier pour les Ivoiriens’’. C’est un message très fort quand on sait que le pèlerinage fait suite à un acte historique qu’il a posé par cette loi d’amnistie pour ramener définitivement la paix en Côte d’Ivoire, nous devons dire merci à Allah», a déclaré Sidiki Diakité, qui a apprécié le sermon du célébrant des lieux, l’imam Moumine Traoré.

Ce dernier a salué la décision courageuse d’amnistie qu’a prise le chef de l’Etat, le 06 août 2018, pour élargir 800 prisonniers de la crise post-électorale de 2010 - 2011. « L’amnistie est une décision courageuse et salutaire pour la réconciliation dans notre pays. Nous tous, devons œuvrer à ce que ce sacrifice pour la paix ne soit pas vain », lançait le Guide religieux, qui a prié pour que Dieu fasse de la Côte d’Ivoire, un havre de paix et de cohésion, de stabilité durable et de développement.

 

L’amnistie au cœur de tous les sermons

Dans presque toutes les mosquées du District d’Abidjan, les guides religieux ont tous accordé un intérêt particulier à l’ordonnance d’amnistie relevée dans leurs sermons. C’est le cas à l’école primaire publique de Port-Bouet 2, dans la commune de Yopougon, où face aux fidèles de la mosquée Koudouss, l’officiant du jour, Dr Ousmane Koné, a également félicité cette décision majeure de décrispation et de réconciliation nationale. « Derrière l’acte du prophète Abraham, il y a plusieurs symboles, plusieurs enseignements. L’un des symboles, c’est le pardon de Dieu qui remplace l’homme par un mouton. Aujourd’hui est donc un jour de pardon. La Tabaski est un jour de réconciliation. Nous devons nous sacrifier pour la paix, la cohésion sociale et la réconciliation comme vient de le faire le président Alassane Ouattara, à travers son ordonnance d’amnistie », a invité le Guide de la mosquée Bilal. Pour ce dignitaire de l’Islam, le président Ouattara ayant accepté de faire sa part de sacrifice, il appartient à tous de le suivre. « Les bénéficiaires comme les victimes doivent le suivre. Nous tous devons faire notre part de sacrifice en tuant notre orgueil pour la paix. Le sacrifice pour la réconciliation, c’est de tuer notre orgueil. Il faut le faire, car les Ivoiriens ne veulent plus de guerre », a-t-il appelé.

Quand il reçoit chez lui à domicile, une délégation de membre du Conseil national islamique (Cni), son organisation, le Cheikh Idriss Koné Koudouss ne manquera pas, à son tour, de lancer une interpellation aux acteurs politiques ivoiriens. Le Guide musulman, expliquant le sacrifice du jour du Ramadan, invite ces dirigeants à l’humilité dont a fait preuve Abraham. « A l’occasion de cette fête, je voudrais dire à nos hommes politiques ceci : si vous gardez votre orgueil, vous mettrez le pays à nouveau en danger. (…). L’acte d’Abraham a trop de sens. L’un, c’est le pardon, la soumission à l’autorité, l’obéissance, l’humilité. Tâchons de mettre toutes ces valeurs au service de la cohésion sociale, de la réconciliation nationale dans notre pays », a-t-il lancé. Une adresse presqu’identique à celui du Coordonnateur du Conseil national des Imams, Dr Fama Touré: « L’acte anticipé de sacrifice pour la paix avec l’amnistie nous amène à comprendre que chacun a souffert mais qu’il faut se mettre au-dessus de la douleur pour pardonner. C’est dans le pardon qu’il y a la cohésion, l’acceptation de l’autre, la stabilité. Nous devons nous donner la main, non pas par mégalomanie. Mais, pour l’intérêt national.»

 

F.D.BONY

Infos : Traoré Tié (L’inter)

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Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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