Bureau politique du Pdci, boycott ou non des élections du 13 octobre, alliance avec le Fpi, … ; Akossi Bendjo depuis Paris : « Nous allons prendre des décisions utiles pour le pays »


L'ex-maire du Plateau, Noël Akossi Bendjo, s'est exprimé depuis Paris où il est en exil depuis quelques semaines

Le maire révoqué du Plateau, depuis son exil parisien, a donné sa position sur les derniers développement de l'actualité politique en Côte d'Ivoire marqué par la crispation pré-électorale avec des velléités de boycott ou non des scrutins du 13 octobre prochain par le Pdci-Rda, son parti. Lequel se réunit en Bureau politique ce lundi 24 septembre 2018, pour prendre une décision.

Invité de l'émission ''Et si …. vous me disiez toute la vérité'' de Tv5 Monde, Noël Akossi Bendjo a eu l'occasion, depuis Paris où il passe un séjour assimilable à un exil, de se prononcer sur les derniers développements de l'actualité en Côte d'Ivoire. Le maire révoqué de la commune du d'Abidjan Plateau, siège du pouvoir, a donné sa position sur le Bureau politique du Pdci-Rda organisé dans un contexte pré-électoral tendu avec des velléités de boycott des scrutins locaux prévus pour le 13 octobre prochain. A propos de ces élections, l'invité de Denise Epoté Durand a rappelé les préalables qu'avait formulé son parti notamment pour la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei). Réforme pour laquelle le groupe parlementaire du Pdci-Rda avait déjà introduit une proposition de loi à l'Assemblée nationale. « Nous voulons tout simplement que les conditions électorales soient les meilleures possibles. La Côte d'Ivoire ne peut pas se permettre des élections qui angoissent », réitère Akossi Bendjo.

Est-ce à dire que le Pdci va décider du boycott des élections municipales et régionales que le président de la République, Alassane Ouattara dit non concernées par la réforme qu'il a adopté, lui aussi le 6 août passé ? Le Secrétaire exécutif en charge de la mobilisation du ''vieux'' parti se veut discipliné. « Le président Bédié a convoqué une réunion du Bureau politique. Nous attendons les décisions qui vont être prises. Déjà, il y des débats en interne. Nous espérons que nous prendrons des décisions qui soient utiles pour notre pays ».

Que pense-t-il d'une alliance entre le Pdci et le Fpi pour 2020 ? L'ex-maire du Plateau n'y voit aucun inconvénient dès lors où le président de son parti a été clair sur les ambitions de son parti ainsi que sa disposition à entrevoir une nouvelle plate-forme. « Le Pdci a exprimé sa volonté de conquérir le pouvoir et de l'exercer. Dans son communiqué du 8 août, le président Bédié a fait appel à la mise en place d'une nouvelle plate-forme..... Le Pdci reste ouvert et sera accompagné par celui qui acceptera de l'accompagner. La démocratie appelle à une plate-forme avec tous les Ivoiriens qui veulent la réconciliation, le bien-être des Ivoiriens ». Poursuivant, le dignitaire du Pdci a fustigé les divisions dont les formations politiques sont l'objet sur le territoire ivoirien ces derniers temps. Il a clarifié la position du Pdci sur le cas du Fpi dans le cadre de la plate-forme envisagée avec ce parti. « Le Pdci ne veut pas accepter les fractures que nous connaissons. Tous les partis sont fracturés en ce moment. La démocratie doit se jouer avec des forces qui sont représentatives. Le Pdci n'est favorable à aucun groupe, mais à un Fpi unifié de façon à ce que nous puissions nous mettre ensemble pour construire l'avenir de notre pays ».

A propos, Noël Akossi Bendjo a salué la libération en août dernier de 800 prisonniers de la crise post-électorale dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo. Mais, pour lui, cette amnistie prise par le chef de l’État n'est pas suffisante. « Il faut aller jusqu'au bout. Libérer les prisonniers, tous les prisonniers. Mais, en plus, nous avons des compatriotes qui sont encore en exil. Il faut les ramener, organiser leur retour et les mettre dans les conditions de leur réinsertion de façon à ce qu'ils puissent jouer leur partition dans le développement de notre pays ».

Revenant sur sa révocation au poste de maire de la commune du Plateau par le gouvernement, M. Bendjo dénonce une « décision purement politique qui n'a respecté aucune procédure ni administrative ni légale ». Pour lui, cette décision est simplement liée aux décisions que le Pdci et lui ont eu à prendre en ce qui concerne le parti unifié. L'ex-maire du Plateau commente se prononce aussi sur son séjour prolongé en France qui a tout l'air d'un exil. « Je suis respectueux des lois et des décisions que prennent nos autorités. Je suis en mission pour mon parti. Le président Bédié a reconduit ma mission et je reste. J'espère tout simplement que ce qui m'arrive ne sera pas perpétué dans l'intérêt des uns comme des autres ».

Se considère-t-il comme un ex-maire désormais ? Akossi Bendjo évite la polémique, mais martèle : « Je me considère comme un maire, parce qu'on n'est jamais un ex-maire. La preuve, vous continuez à m'appeler ''Monsieur le maire''. Je ne suis pas maire en fonction, mais je reste maire élu du Plateau », fait savoir le collaborateur d'Henri Konan Bédié qui, bien avant, a fait la génèse de la crise au sein du Rhdp et de la fin de l'idylle entre le Pdci et ses ex-alliés dans la mise en œuvre des décisions de l'appel de Daoukro lancé en septembre 2014 par son mentor. L'invité de Tv5 a déploré une sorte d'ingratitude des autres membres du Rhdp tandis que le Pdci tenat, lui, ses engagements. Notamment la renonciation, en 2015, à une candidature en faveur du président Ouattara dans l'attente d'une alternance en 2020. « En ce qui concerne l'alternance, nos alliés ne semblaient pas se rappeler des engagements pris. Ce qui nous pose des problèmes avec nos militants », a décrié M. Bendjo. Qui a fustigé également la mise en place « de façon unilatérale », du parti unifié - 3ème volet de l'appel de Daoukro - par les ex-alliés, « en l'absence du président Bédié, le président du présidium du Rhdp, et sans l'adhésion des militants du Pdci-Rda ».

 

F.D.BONY

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Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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