Après les municipales 2018 à Grand-Bassam : Le contentieux électoral prend une autre tournure


Le contentieux juridique qui oppose le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda) au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) à Grand-Bassam, prend une autre tournure, selon des sources concordantes en provenance des agents électoraux (présidents de Bureau de vote, accesseurs, commissaires électoraux).

En effet, certains nous ont révélé être l’objet de toutes les convoitises de la part de candidats. Achat de conscience à prix d’or, intimidations, menaces, tout y passe. A telle enseigne que pour échapper au harcèlement, certains agents ne sortent plus de chez eux, d’autres ont quitté carrément la ville, ou encore ont décidé de fermer leur téléphone portable. « On m’a approché », a confié, sans plus de précision, un responsable de Bureau de vote qui s’est emmuré chez lui.

Un autre, craignant des représailles, change de dortoir chaque jour. « Moi je n’ai pas quitté la ville, mais je ne dors plus chez moi. Aujourd’hui, je dors ici, demain je dors là-bas, parce que ces gens-là, si tu as refusé leur proposition, il faut s’attendre au pire », nous a fait savoir un agent.

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Dans la ville, des agents têtus seraient activement recherchés. D’autres, qui auraient mordu à l’appât, auraient quitté le secteur, selon nos sources.

Des agents, que nous avons essayé de joindre, ne répondent plus aux appels. D’autres ont carrément fermé leurs téléphones portables.

Dans la ville, des noms d’agents suspectés circulent. Et, c’est dans ce contexte qu’un argent nous a fait une confession de taille : « l’autre jour, j’ai été approché par un ami. Il m’a dit que son oncle qui est arrivé d’Europe, voulait me voir pour une proposition de travail. Il m’a emmené à l’hôtel Ivoire et là, il me présente un monsieur censé être un huissier. Le monsieur tenait entre ses mains, un document. Il me dit de signer en bas du document. L’homme m’a proposé 3 millions F Cfa plus un passeport. Dès que tu vas signer, on te donne les trois millions et un passeport, et tu quittes le pays », a raconté, sous le couvert de l’anonymat, cet agent de la Commission électorale indépendante (Cei) locale, précisant que l’huissier ne lui a pas montré le document en question, mais la partie où il devait signer.

Selon lui, « cette signature devrait m’amener ainsi à faire couler un candidat, celui que je ne présentais, c’est-à-dire mon candidat ». Et d’ajouter : « je leur ai dit que je vais réfléchir à sa proposition. Il m’a donné 20 000 F Cfa comme transport, et j’ai quitté les lieux »,

 

Sosthène MABEA (Correspondant régional)

 

 

 

Linfodrome.ci

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  • SOURCE: Soir info
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