Plateau : L'installation du nouveau maire avortée ; Jacques Ehouo explique


Jacques Gabriel Ehouo, tête de liste Pdci, vainqueur de l'élection municipale du 13 octobre, dans la commune du Plateau, n'a pu être installé hier jeudi 13 décembre 2018, dans les fonctions de maire. L'installation du conseil municipal du Plateau a été reportée à une «date ultérieure». Cette décision est intervenue quelques heures après un incendie qui a ravagé le bureau des archives de la commune.

C'est peu avant 10 heures que Jacques Ehouo fait son apparition dans l'enceinte de la mairie. Il a droit aux honneurs rendus par la police municipale. Après avoir salué l'assistance, M. Ehouo, sanglé dans un ensemble costume de couleur bleue et une cravate rouge, rejoint la salle du conseil. Dans la salle ''Firmin Ahouné'', du nom du troisième maire du Plateau, la quasi totalité des conseillers municipaux est présente. Mais les services de la préfecture du district autonome d'Abidjan brillent par leur absence.

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Dans le bâtiment jouxtant ladite salle, la police scientifique s'affaire. Elle prend toutes les informations relatives à l'incendie de la veille qui a occasionné la destruction des registres d'état civil. Le bâtiment de trois étages abritant le bureau des archives est déclaré «zone interdite». «Non monsieur, vous ne pouvez pas avoir accès à la zone. La police scientifique fait son travail», nous répond un agent de police. Le sous-directeur de la communication de la mairie du Plateau, Boniface N'guessan, accepte de donner quelques informations sur l'incident. «Les auteurs sont passés par l'arrière-cour, précisément sur les rails, et ont cassé le mur pour accéder à la salle des archives. Une fois à l'intérieur, avec de l'essence, ils ont mis le feu. C'est la salle renfermant tous les registres d'état civil qui prennent en compte les communes d'Adjamé, Treichville… depuis 1950, en plus de ceux du Plateau à partir de 1950», détaille M. N'guessan, précisant que le registre du premier président de la Côte d'Ivoire, Félix Houhpouët-Boigny, s'y trouve. «L'incendie s'est déclaré peu après 1 heure du matin», mentionne Boniface N'guessan, relevant la présence, tôt le matin, de la secrétaire d’État chargée des Droits de l'Homme, Aimée Zébéyoux, venue s’enquérir de la situation.

«Nous avons le nom du commanditaire, que nous allons donner aux enquêteurs», réagit un agent de la mairie, la cinquantaine révolue, ayant requis l'anonymat. «Ils vont brûler, on va installer notre maire. Quelle honte ? Pour nous empêcher de nous installer, on brûle», regrette l'interlocuteur, vêtu d'un pagne aux couleurs du Pdci-Rda. «Sous nos yeux, les gens veulent voler la victoire de Jacques Ehouo. Ils ont tenté de braquer les résultats des élections, ils ont échoué, maintenant c'est avec la force qu'ils veulent empêcher l'installation du nouveau maire. Qu'ils le veuillent ou pas, nous allons installer Jacques Ehouo», affirme Brou René, la mine défaite.

Pendant ce temps, les conseillers devisent à l’intérieur de la salle ''Firmin Ahouné''. A 13 heures, l'impatience gagne les agents de la mairie et les militants du Pdci venus en grand nombre pour soutenir leur futur maire.

 

Appel au calme. Une heure après, soit à 14 heures, Jacques Ehouo s'adresse au public dans la cour de la mairie. Nullement abattu, il explique les tractations avec les services de la préfecture. Selon lui, quand le feu s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi, il est entré en contact avec les services de la préfecture d'Abidjan. Ceux-ci, dit-ils, ont confirmé la cérémonie d'installation. «Ils nous ont dit que cette installation va se faire aujourd'hui (hier jeudi 13 décembre 2018 à 10 heures, Ndlr) et qu'il n'y a pas de crainte à avoir», relate Jacques Ehouo. Mais l'absence des autorités l'interpelle. Il prend langue avec les services de la préfecture. «Il nous a été dit que l'installation du nouveau maire ne pouvait se faire parce que simplement il y a eu l'incendie sur un bâtiment à la mairie», explique le cadre du Pdci-Rda, sous les désapprobations du public. «Nous avons posé la question de savoir si le fait que l'incendie n'ait pas touché la salle ''Firmin Ahouné'' pouvait empêcher l'installation du conseil municipal. On nous rétorque que les instructions ont été claires pour dire qu'il y a un report à une date ultérieure», rapporte Jacques Ehouo, appelant les populations du Plateau au calme. «Nous sommes convaincus que nous serons installés. Que ça se fasse aujourd'hui (hier, jeudi 13 décembre 2018, ndlr), demain ou après-demain, nous serons installés», rassure M. Ehouo. «Nous vous demandons de rester calmes. Il ne faudrait pas provoquer certaines choses. C'est notre mairie. C'est ici que nous allons travailler. Donc nous devons prendre les dispositions afin de rester calme tout en continuant de nous informer», poursuit-il.

La tête de liste Pdci estime que le choix des populations doit être respecté. Jacques Ehouo rappelle l’essentiel de son programme : une vision écocitoyenne. «Face à la dictature du bruit, nous allons faire des œuvres sans bruit, dans le silence, pour répondre à cela», souligne-t-il. «Laissez la population nous juger sur ce que nous voulons leur donner. Arrêtez d'avoir des a priori qui n'ont aucun fondement. Allons à l'essentiel. Nous avons besoin de penser cette commune pour soutenir les populations », déclare Jacques Ehouo.

Lors du scrutin du 13 octobre, au Plateau, la liste Pdci a été élue par 60,57 % des voix contre 38,84 % pour la liste Rhdp conduite par Fabrice Sawegnon. Cette victoire été confirmée par la chambre administrative de la Cour suprême après le rejet d'un recours du camp adverse.

 

Cyrille DJEDJED

 

 

 

 


 

 

 

 

Cyrille Djedjed

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  • SOURCE: L'inter
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