Libération retardée de Laurent Gbagbo et Blé Goudé/ Affi N’Guessan : « Le procureur a usé de ses droits »

«  L’accusation est fondée à utiliser ces règles... »
Affi N’guessan a plaidé pour la libération Laurent Gbagbo et Blé Goudé

« En décidant d’interjeter appel, le procureur ne fait que user de ses droits qui lui sont reconnus par la procédure judiciaire qui prévaut dans cette institution », a souligné Pascal Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien (Fpi). Il a fait cette observation, le 21 janvier 2019, au cours d’une conférence de presse qu’il a animée, à son siège à Cocody, relativement à l’actualité politique en Côte d’Ivoire.

« Le droit a ses règles. Et, l’accusation est fondée à utiliser ces règles. C’est pourquoi, nous devons faire preuve de patience. Comme je le dis, nous devons être confiants. Parce que cette décision ne peut être remise en cause », a rassuré M. Affi. Avant de lancer, au nom du Front populaire ivoirien (Fpi) un appel à l’apaisement et à la patience, dans la confiance et la sérénité. «Le mardi 15 janvier 2019, la Cour pénale internationale (Cpi) a prononcé acquittement du président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

Dans la foulée, le tribunal a décidé de la libération immédiate de nos deux leaders. Nous nous en sommes félicité ici et beaucoup d’organes de presse nous ont donné l’occasion d’exprimer toute notre joie et notre soulagement par rapport à cette décision qui était attendue depuis plusieurs années par les Ivoiriens ainsi que par tous les démocrates à travers monde. Nous étions donc dans les préparatifs de l’accueil du président Laurent Gbagbo quand est intervenu cet appel interjeté par le procureur de la Cpi relativement à la question de la libération immédiate du président Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Cette initiative a suscité la frustration parfois même de la colère au niveau de tous les partisans du président Gbagbo et Charles Blé Goudé qui étaient heureux de pouvoir retrouver enfin leurs leaders », a-t-il relaté.

 Pour Pascal Affi N’guessan, après 8 ans de détention et près de 3 ans de procès, ses militants pouvaient considérer légitimement que le procureur a fait son possible pour maintenir dans les liens de la détention M. Gbagbo et Charles Blé Goudé. « Mais, que la vérité qui est implacable a éclaté à travers la décision du tribunal. A telle enseigne qu’il paraît dérisoire d’user des procédures pour tenter de maintenir en prison le président Gbagbo et Charles Blé Goudé », a-t-il souligné.

Par ailleurs, le président du Fpi s’est félicité de la réaction des autorités ivoiriennes qui ont pris acte de la décision de la Cour pénale internationale et manifesté leur disposition à examiner les modalités de retour de MM. Gbagbo et Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire. « Et qui sont même allés plus loin pour appeler au calme certains de leurs partisans qui avaient commencé à manifester dans quelques villes de notre pays. De notre point de vue, ces différents actes montrent bien que toute la Côte d’Ivoire est prête à tourner la page des tristes événements de 2010 et 2011. Que toute la Côte d’Ivoire attend le président Gabgbo et Charles Blé Goudé afin qu’un véritable processus de réconciliation nationale puisse se mettre en œuvre », a-t-il commenté.

Puis, Affi N’guessan a fait ce plaidoyer : « C’est pourquoi nous pouvons espérer et exhorter la Cour pénale internationale à accompagner cette évolution positive de la situation en Côte d’Ivoire ; à donner une chance à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Pour nous, donner une chance à la réconciliation en Côte d’Ivoire, c’est rejeter l’appel du procureur au maintien en détention du président Gbagbo et Charles Blé Goudé et leur offrir la possibilité de retrouver leurs familles dans les meilleurs délais, en tout cas, à partir du 1er février 2019 ».

 

Jonas BAIKEH

Jonas BAIKEH

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  • SOURCE: Linfodrome
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