Coopération avec la Côte d'Ivoire, accords militaire et sécuritaire, ...: L'Ambassadeur de la Russie en Côte d'Ivoire se lâche


L'ambassadeur de la Fédération de Russie en Côte d'Ivoire, Son Excellence Vladimir Baykov

Relations internationales, coopération Russie-Côte d'Ivoire, fête de la diplomatie russe… L'ambassadeur de la Fédération de Russie en Côte d'Ivoire, Son Excellence Vladimir Baykov, a répondu aux questions de L'inter, mercredi 30 janvier 2019, à sa résidence de Cocody-Riviera. Le diplomate espère un renforcement des relations bilatérales avec la Côte d’Ivoire.

Quels ont été les temps forts de la diplomatie russe en 2018 ?

Je vous remercie de l’opportunité que vous me donnez d’aborder certaines questions. En 2018, la diplomatie russe a été très active, très dynamique. Pas seulement sur le plan multilatéral, mais aussi, sur le plan des relations bilatérales.

En ce qui concerne l’agenda international, la Russie, membre permanent du Conseil des Nations unies, a assuré la présidence du Conseil de sécurité, en juin 2018. Pour vous donner quelques statistiques, pendant la présidence russe, le Conseil de sécurité a adopté huit (8) résolutions. Certaines de ces résolutions portent sur la question ukrainienne. On a enregistré, par ailleurs, trois déclarations de président de Conseil. Voilà un peu pour les statistiques. Si nous élargissons le sujet à l’Assemblée générale, je soulignerai l'adoption de résolutions dans le domaine de la formation, de la prévention au niveau de la cybercriminalité. Il s’agit de sécurité internationale. C’est un sujet très important. Sous l'action de la Russie, des résolutions sont passées, portant sur le rôle et la conduite des Etats dans le cyberespace. De tout cela, ce qui me paraît crucial, c’est la lutte contre les tentatives de réécriture de l’histoire. Notamment l’histoire relative à la deuxième guerre mondiale, le 

rôle joué par l’ex-Union Soviétique, par l’armée soviétique, l’armée rouge, dans cette guerre et dans la victoire sur l’Allemagne nazie. Actuellement, il y a des tentatives de réécrire l'histoire, de faire des ex-nazis, de nouveaux héros. C’est pourquoi, nous avons mené une activité très importante, pour bien expliquer et faire adopter presqu'à l’unanimité, une résolution contre l'héroïsation du nazisme. Il n'y a que les Etats-unis et l’Ukraine qui n'ont pas soutenu cette résolution.

Ce n'est pas la première fois que l’Assemblée générale adopte des résolutions condamnant les tentatives de rendre héroïques les nazis, de réécrire l’histoire et donc de faire une révision de la deuxième guerre mondiale.

 

Qu’en est-il de la question syrienne ?

 

La Russie, en concertation avec ses alliés notamment la Turquie, l’Iran, sans oublier le gouvernement légitime de la République arabe syrienne, a réussi à chasser les djihadistes de l’Etat islamique, Daesh, à 

détruire sa base militaire et procéder à la libération de presque toutes les zones occupées. Bien sûr, il ne faut pas oublier le rôle joué par la coalition conduite par les Etats unis dans cette guerre contre Daesh. Mais, pour être objectif, je dois préciser que c’est grâce au rôle déterminant de notre pays et de nos alliés, qu’on a obtenu cette victoire. On a renversé la tendance. La dynamique est tout autre. Ce n’est plus le pessimisme qui prévaut. On peut épiloguer : certains estiment que notre action visait à sauver le régime syrien. Mais non ! C’était pour sauver l’Etat, l’Etat ancien et pour sauver la population. Aujourd'hui, des populations reviennent dans les habitations délaissées. Ceux qui s’étaient déplacés à l’intérieur, tout comme ceux qui avaient émigré, commencent à revenir. Peut-être pas en très grand nombre, mais la tendance est au retour.

Au titre du bilan de l'année 2018, il y a eu le sommet des BRICS (Brésil, Russie,  Inde, Chine et Afrique du Sud) au mois de juillet à Johannesburg (Afrique du Sud). Le président Vladimir Poutine a assisté à ce sommet. Il y a eu, en marge de la réunion, des contacts avec les leaders d’autres pays africains 

invités. Nous pensons que les BRICS, sur des bases démocratiques et d’égalité, permettent de progresser dans le développement. Elles favorisent le développement économique des pays membres. A cet effet, il a été créé une nouvelle banque qui est déjà en activité. En 2018, 26 projets ont été mis en œuvre. Un bureau régional, pour cette banque de développement, est basé en Afrique du Sud.

Concernant toujours l’agenda multilatéral, beaucoup a été fait dans le sens de l’intégration des ex-Républiques Soviétiques. Pour l'heure, ils sont cinq. On a créé ce qu’on appelle l’Union économique eurasiatique (Ueea) dont font partie, hormis la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Biélorussie et l'Arménie. Nous travaillons sur ce projet qui jouera un rôle déterminant dans l’avenir. Dans le cadre de cette union, des projets sont prévus notamment avec nos amis chinois, partenaires stratégiques. De grands espaces économiques entre l’Europe et l’Asie seront créés.

Pour finir avec l’agenda multilatéral, après de longues années de discussions, on est arrivé, l’année dernière, 

à signer une convention qui définit le régime juridique de la mer Caspienne. La disparition de l’Union Soviétique a fait place à l'apparition de plusieurs Etats. Il a fallu trouver une solution au problème relatif aux limites de la mer Caspienne. En raison des gisements de gaz et de pétrole, il était nécessaire de bien délimiter les zones d’intérêts pour chacun de ces Etats afin de remédier aux conflits économiques. Une solution a été trouvée. Je considère cela comme un acquis pour la diplomatie russe.

 

Tout n’a pas été que des acquis, la diplomatie russe a connu forcément des échecs. Parlons-en !

J’éviterai le mot « échecs » parce que si nous parlons d’échecs, alors il n’y a plus de diplomatie. La diplomatie permet des compromis et débouche sur des résultats. Je préférerai plutôt parler de défis qui menacent la stabilité internationale. A titre d’exemple, vous voyez ce qui a été fait avec la convention sur l’interdiction des armes chimiques et avec cette organisation technique créée sur la base de la 

convention qui a son siège aux Pays Bas. Il y a eu un vote mais qui ne fut pas majoritaire. La convention comprend 193 Etats parties. Seulement, 83 Etats ont voté pour changer le statut de l’organisation et attribuer à son secrétariat, le rôle qui dépasse le cadre de la convention. Pourquoi ? Parce que le secrétariat est un organe technique. Il n’a pas le droit de déterminer les coupables, les responsabilités et de prendre des sanctions. Ce rôle incombe, en premier lieu, au Conseil de sécurité en tant qu’organe chargé d’assurer la sécurité internationale. Mais, avec le droit de véto, il n’est pas tout à fait simple, pour certaines puissances, de faire passer des résolutions dans la mesure où d’autres puissances peuvent user de ce droit de véto. Pour contourner ce problème, on a essayé de renforcer les fonctions d’autres organes. C’est une façon de diluer le rôle du Conseil de sécurité.

Pour revenir au vote qui a eu lieu, beaucoup de pays ont préféré s’abstenir notamment des pays africains. Peut-être parce que nos amis africains n’ont pas souhaité créer des problèmes dans leurs relations avec 

d’autres partenaires. Mais par cette abstention, on a permis à une majorité vraiment très relative, une minorité de fait, de s’imposer. Ceux qui ont voté « contre » sont une trentaine de pays avec la Russie et la Chine. Une trentaine de pays a voté contre, et 83 pour. Les autres ont décidé de s’abstenir. Ils ont même quitté la salle pendant le vote. Malheureusement, cela a permis à cette majorité relative de faire adopter cette résolution qui prévoit que le secrétariat, organe technique, devienne, en quelque sorte, un organe politique. Et ça, c’est très grave. Comprenons bien que tout cela peut être dirigé, aujourd’hui, contre la Syrie, et la Russie. Mais, à n’importe quel moment, ça pourrait être utilisé comme instrument contre n’importe quel pays, sous n’importe quel prétexte.

 

La sortie des Etats-Unis du Traité Fni peut-elle être mise au compte des revers ?

 

C’est un sujet qui nous préoccupe : la décision des Etats-Unis de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (Fni), est un coup 

dur pour la stabilité notamment pour l’Europe. Voyez-vous ! Dans les années 80, j’étais jeune diplomate, une grave crise avait éclaté avec les missiles américains installés sur le sol européen. Il y avait un réel danger. Grâce au courage des dirigeants politiques de l’époque, on a pu trouver une solution. C’était sous les présidents Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Le Traité Fni visait à détruire en trois ans les missiles d’une portée de 500 à 5.500 km. En mai 1991, les conditions de l’accord ont été remplies : l’Union soviétique avait détruit plus de 1.700 missiles balistiques et de croisière basés au sol, et Washington, 859. Le traité a été conclu pour une durée indéterminée.

 

Excellence, une chose est de détruire les armes mais qu’est-ce qu’on fait de la technologie ?

Tout dépend de la volonté politique. Nos partenaires américains avancent certains arguments. Ils disent qu’à l’époque, le traité était bilatéral. Et il faut bien reconnaître que le traité n’engageait que les Etats-Unis et l’Union Soviétique, maintenant, la Russie. 

Actuellement, il y a d’autres acteurs, d’autres puissances, grandes, petites, moyennes qui possèdent aussi des armes à portée intermédiaire. Mais, quand on s’engage dans une initiative de destruction d’armes, et qu’on décide de se retirer du traité, cela met fin au mécanisme. On pourrait éventuellement proposer aux autres nations de rejoindre le traité, mais décider de quitter l’accord, est une décision très grave. C’est véritablement un coup dur à la sécurité internationale.

Evoquons, à présent, la fête de la diplomatie russe ! Quelle en est la signification ?

Pourquoi la fête de la diplomatie ? Il paraît normal pour chaque profession d’avoir sa fête et nous sommes très reconnaissants à notre président, au gouvernement de la Russie car la diplomatie est honorée. Pour bien comprendre l’organisation de cette fête, le 10 février, il faut remonter à 1802. L’Empereur Alexandre 1er avait signé un décret instituant sept ministères régaliens dont celui des Affaires étrangères.  En 2002, c’est-à-dire 200 ans après, on a décidé d’instaurer cette fête pour commémorer, d’abord, le bicentenaire 

de la création du ministère des Affaires étrangères de la Russie de l’époque, de l’empire Russe, ensuite, pour honorer les diplomates.

Bien sûr, avant 1802, il y avait les différents services diplomatiques en Russie sous d’autres noms. Même à l’époque des grands ducs de Moscou, il y avait quelques petites entités administratives chargées de gérer les relations extérieures. Mais le ministère à proprement parler a été créé en 1802 et c’est pour cette raison qu’on a décidé de marquer le 10 février comme date qui consacre notre fête professionnelle.

Aujourd’hui, la diplomatie russe reste un acteur majeur sur la scène internationale. La présence diplomatique de la Russie se caractérise par presque 150 ambassades et une cinquantaine de postes consulaires. Il y a des missions auprès des organisations internationales. La plus importante est celle auprès des Nations unies. Concernant l’Afrique, à l’époque, nous étions présents dans pratiquement tous les pays africains y compris les pays proches de la Côte d’Ivoire : le Libéria, le Burkina Faso, le Niger, la Sierra Leone, le Togo notamment. Mais, à un 

moment donné, et pour des raisons économiques, nous avons dû abandonner certaines représentations. Nous sommes présents, aujourd’hui, dans 39 pays africains sur 54, dont votre beau pays, la Côte d’Ivoire. Malheureusement, notre présence est modeste dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. On n’a, souvent, que trois ou quatre diplomates. Ici heureusement, on est un peu plus nombreux : 8. Mais compte tenu de l’importance de votre pays et de ce que nous devons faire dans les domaines, pas seulement diplomatique, mais aussi économique et culturel, nous sommes un peu tiraillés. En tant qu’Ambassadeur, je couvre aussi le Burkina Faso, en plus de la Côte d’Ivoire.

Quel est l’état de la coopération entre la Russie et la Côte d’Ivoire ?

En termes de bilan, la présence de la Côte d’Ivoire au Conseil de sécurité a permis d’approfondir la coopération notamment à New York. La coopération prend forme à Abidjan, mais aussi à New York, au siège des Nations unies. Avec la Côte d’Ivoire, la 

relation est très suivie. Il y a eu certains sujets qui ont commandé beaucoup de travail. Pour l’année en cours, nous avons encore une coopération à promouvoir dans le cadre des Nations unies compte tenu de votre présence comme membre non permanent.

Qu’en est-il du domaine économique ?

Tout dépend de la volonté des opérateurs économiques qui, bien-sûr, est dépendante du climat politique. Mais il leur appartient de s'engager. Actuellement, dans le cadre de la Chambre de commerce et de l’industrie ivoiro-russe (Cirus), des efforts sont faits dans le sens des contacts, afin de trouver les possibilités pour les premiers projets dans les domaines économique et commercial. La délégation de cette Chambre était en Russie, au mois d’octobre 2018. Elle a représenté la Côte d'Ivoire au salon du chocolat à Moscou. Les représentants ivoiriens ont eu de très bons contacts avec la Chambre fédérale de commerce et certains ministères techniques. Grâce à cette volonté enthousiaste de Cirus, nous pouvons espérer, au cours de cette année, avoir quelques résultats plus concrets. Le grand potentiel de notre marché offre des possibilités économiques en Côte d’Ivoire. J’espère que les choses suivront avec l’éventuelle visite des premiers responsables de la Chambre de commerce et de la Confédération générale des entreprises. Il faut que ces personnalités se déplacent pour établir des contacts avec leurs homologues russes pour organiser aussi les différentes tables rondes, les forums d’affaires. Je constate qu’il y a des gens qui nous contactent aussi bien du côté russe que du côté ivoirien. Mais je pense que ce qui manque, c’est l’encadrement. En tant qu'Ambassadeur, je travaille pour qu’au sein de notre représentation, nous ayons un conseiller commercial. Je compte beaucoup sur mon pays, sur nos autorités de tutelle. Compte tenu de l’importance de la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest, je crois qu’on arrivera à obtenir la nomination d’un conseiller commercial au sein de l’Ambassade à Abidjan. C’est important d’avoir une personne chargée à plein temps de travailler sur le volet économique et de 

l'investissement commercial pour mieux développer nos relations.

Il y a un certain volume d’échanges mais c’est plutôt pour quelques produits. S'agissant des produits stratégiques, comme le cacao, les transactions commerciales passent par l’Europe. C'est à travers de grandes sociétés de trading qu’on achète les produits ivoiriens. Il y a donc beaucoup à faire dans ce domaine.

 

La coopération dans le domaine culturel est-elle satisfaisante ?

Dans le cadre de la formation et des études, nous avons fait des progrès. Je suis bien fier de souligner que le gouvernement russe accorde un nombre important de bourses. Pour l’année écoulée, le gouvernement russe a offert 58 bourses. Nous espérons en avoir plus dans les années à venir. J’espère avoir 80 bourses. Nous notons un réel engouement de la jeunesse ivoirienne pour les études universitaires en Russie. Pour 2018, ils 

étaient au nombre de 295. Je dis bien 295 étudiants qui sont partis pour des études, par les frais de leurs parents. Si vous comparez avec les frais d'études en Europe, aux Etats-Unis, c’est vraiment symbolique. Ce n’est pas aussi cher qu'on pourrait le croire. Vous avez le tout entre 3000 et 4000 dollars par an (1 500 000 et 2 000 000 Fcfa) pour les études bien sûr.

Comment est-ce que les étudiants intéressés postulent pour ces bourses ?

C’est très simple. D’abord, il y a beaucoup d’universités russes qui font de la promotion. Sur le site web de l’Ambassade, nous avons mis certains logos avec les coordonnées des établissements comme par exemple, l’université de l’Amitié des peuples et d’autres universités. Pas seulement à Moscou mais dans les régions, en province. C'est la première voie. La deuxième voie est ici en Côte d’Ivoire. Nous avons des personnes comme Madame Kouamé qui représente une société russe nommée Racus. Elle est chargée de chercher les candidats pour des études 

universitaires. Madame Kouamé est professeur à l’université Félix Houphouët-Boigny (Ufhb).

Vous convenez, Excellence, que la langue peut constituer un blocage pour certaines personnes désireuses de poursuivre les études en Russie ?

Pour être un vrai spécialiste, un vrai diplômé, il est préférable de suivre les cours en russe. C'est le cas d’ailleurs, pour les anciens formés à l'époque de l'Union soviétique. Ils parlent assez bien le russe. Parce qu’ils étaient formés en russe. La première année est une année préparatoire. Ce sont des études intenses pour apprendre la langue russe. Mais pour ceux qui ne souhaitent pas, qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas, d’autres dispositions sont prévues. Il y a des cours dispensés soit en anglais, soit en français et dans d’autres langues. Mais je pense que lorsque vous venez dans un pays et que vous ne vous sentez pas bien dans l’environnement parce que vous ne pouvez pas bien parler ou comprendre, ce n'est pas intéressant. Chacun peut choisir ce qu’il veut, il n'y a pas de problème.

Nous n’occultons pas la coopération sur le plan militaire…

La coopération militaire, pour le moment, n’est pas effective, malgré l’accord de 2004. Pour des raisons politiques, il n’a pas été mis en vigueur à cause des embargos. Actuellement, on essaie de mettre en marche cette coopération avec un nouveau projet d’accord militaire. Il y a un premier pas dans la coopération, dans le domaine sécuritaire avec les visites et les participations des autorités ivoiriennes chargées des sujets sécuritaires. Des conférences ont été organisées en Russie sous l’égide de Conseil de sécurité à l’occasion de la présidence russe. Ce sont des rencontres multilatérales. Nous comptons beaucoup aussi sur cette coopération dans le cadre sécuritaire et militaire grâce au forum organisé chaque année en Russie, précisément à Moscou.. Nous sommes très satisfaits que le ministre d’Etat, ministre de la Défense S.E.M. Hamed Bakayoko, ait visité ce forum. L’an dernier, il a eu des contacts avec les 

responsables russes dans les domaines politique, militaire et sécuritaire. J’espère qu’avec ce premier contact, on arrivera à quelque chose de plus concret sur le sujet sécuritaire. Parce que ce qui nous préoccupe, ce sont les menaces terroristes. Nous voudrons être aux côtés de nos amis et partenaires ivoiriens pour assurer la sécurité des frontières et renforcer le potentiel militaire et sécuritaire. Il est important de travailler au niveau des experts et au niveau professionnel.

Pour 2019, je pense qu’avec l’organisation, à Sotchi, au mois d’octobre, du grand sommet Russie-Afrique, nous pourrons renforcer les relations bilatérales avec la Côte d’Ivoire. Il est bien dommage que ces relations, notamment dans le domaine politique, ne soient pas encore bien développées. En tant qu’Ambassadeur, je veux bien appuyer toutes les initiatives visant à renforcer cette coopération. Nous avons lancé certaines initiatives et j’espère qu’elles seront mises en œuvre cette année, pour justement renforcer nos relations sur le plan politique. A titre d’exemple, nous avons proposé à signer un protocole 

de consultation entre nos deux ministères des Affaires étrangères. Il est très bien d'avoir des consultations dans les différents domaines de la diplomatie compte tenu de la présence de la Côte d'Ivoire au Conseil de sécurité.

Nous avons soumis le projet d’un accord dispensant de visas, les titulaires de passeports diplomatiques, de services, afin de faciliter les régimes des visas. Nous avons également proposé un nouvel accord militaire afin de renforcer la coopération sécuritaire. Et la partie russe a proposé un document qui a été remis aux partenaires ivoiriens, un accord portant sur la lutte contre le blanchiment d’argent, pour bien lutter contre le financement du terrorisme. Nous avons aussi proposé la signature d’un mémorandum pour créer un mécanisme de consultations dans les domaines économique, commercial et de l’investissement. Nous lançons ces initiatives et nous espérons des réponses favorables et positives de nos amis et partenaires ivoiriens.

La Côte d’Ivoire se prépare à aller aux élections en 2020. Quelle analyse faites-vous de la situation socio-politique dans le pays ?

Je comprends bien que ce sont des sujets qui vous intéressent beaucoup. Parce qu’en lisant votre presse, je constate que 95% de ce qu’on lit, ne traite que de sujets politiques. Mais nous, en tant que diplomates russes, ne faisons pas de commentaires sur les sujets qui relèvent de la vie politique, de la situation politique des pays dans lesquels nous sommes accrédités. Nous sommes vos amis et vos partenaires et nous veillons à ce que tout se passe bien chez vous ici et que votre situation soit stable. L’intérêt, pour nous, est que le pays soit stable, qu’il n’y ait pas de danger, de menaces terroristes ni de conflit. Nous encourageons la classe politique ivoirienne dans ses efforts à faire en sorte que tout le processus se passe dans la stabilité pour le bien de la population. La Fédération de Russie reste votre amie. Nous sommes pour que la Côte d’Ivoire soit plus forte et que le pays évite les conflits parfois sanglants qui, malheureusement, caractérisent le continent africain. 

Bien sûr, les menaces les plus graves sont les menaces terroristes. Le cas de pays voisins à la Côte d'Ivoire nous montre combien il est difficile de combattre ce fléau même avec la présence de forces de maintien de la paix, des différentes forces d’intervention.

Réalisée par Hamadou ZIAO, Alphonse CAMARA & Kisselminan COULIBALY

Linfodrome.ci

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  • SOURCE: L'inter
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