Bruxelles : Des confidences sur une rencontre de Gbagbo avec un ministre français, ce qu’il pense de son futur


15/03/2019
Bruxelles : Des confidences sur une rencontre de Gbagbo avec un ministre français, ce qu’il pense de son futur
Alain Cappeau, Conseiller spécial de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, a été témoin de sa rencontre avec un ancien ministre français

L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle et arrivé dans la capitale belge, Bruxelles, depuis la nuit du 4 février 2019, enchaine les rencontres dans le plus grand secret avec amis et familles. La dernière en date est l’audience accordée à un ancien ministre d’Etat français dont l’identité n’a pas été révélée et qui avait à ses côtés Alain Cappeau, Conseiller spécial de l’ex-président ivoirien. Lequel a laissé transparaitre, dans une contribution, l’état d’esprit de Laurent Gbagbo, porté résolument vers la réconciliation des Ivoiriens.

Il y a deux sortes de discours mental (disait Hobbes, dans Le Citoyen ou les fondements de la politique), l’un irrégulier, vague et incohérent, l’autre régulier, continu et tendant à un but.

Le 12 mars 2019, Laurent Gbagbo recevait en audience, à Bruxelles, son conseiller spécial Alain Cappeau, qui était accompagné pour la circonstance d’un ancien ministre d’Etat français de premier plan.

Même si Laurent Gbagbo et son conseiller s’étaient rencontrés peu de temps avant l’acquittement de celui-ci au terme d’une procédure au long cours engagée à la Cour Pénale Internationale, ces retrouvailles eurent une saveur toute particulière, une saveur de printemps de la liberté.

A ce que disait André Malraux, que la liberté n’était pas un échange mais que c’était, tout simplement la liberté, on pourrait rajouter que la liberté est la condition nécessaire et suffisante pour favoriser les échanges les plus riches. Alors, lorsqu’une audience suivie d’un déjeuner d’amitié et de travail repose exclusivement sur ces bases et que les sujets, surtout politiques, ne manquent pas, il va de soi que chacun peut abuser sans modération, de sa liberté de parole, de sa liberté de pouvoir s’exprimer indépendamment de causes étrangères qui la déterminent.

Laurent Gbagbo a la mémoire alerte et le sens de la gratitude, il sait qui est qui, qui compose avec qui en attendant le revirement de l’autre et quels sont les scénarios qui déterminent les convictions réelles ou supposées de chacun. Tous les sujets, sans tabous, ont été mis sur la table en ce jour du 12 mars 2019, sans que quoi que ce soit n’ait été, « calé » dans la mesure où par définition, un conjecture n’est pas « calable », n’en déplaise à ceux qui raisonnent par adduction, à savoir qui sautent du chaos que constitue le monde réel à un essai de conjecture qui imagine un script cohérent à partir d’une réalité supposée.

On sait, par ailleurs, que Laurent Gbagbo est toujours exposé à une procédure en appel du bureau du procureur de la Cour Pénale International, mais qu’à cela ne tienne, un épiphénomène de cette nature ne peut en aucune façon altérer la volonté et la détermination d’un homme qui a la politique, au sens le plus noble du terme, chevillée au corps. Si le bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale apparait comme pouvant être une 5ème colonne dans les échéances ivoiriennes de 2020, en excluant de fait Laurent Gbagbo d’un possible course à l’élection, il peut également, s’il persiste dans ses erreurs conduire cette cour à sa déchéance. L’équation n’est donc pas si simple à résoudre, car il n’y a pas si loin du Capitole à la Roche Tarpéienne !

En homme serein et avisé, Laurent Gbagbo sait que l’état de grâce dans lequel il est et qu’il a payé au prix fort, doit bénéficier en priorité au peuple ivoirien dans un seul élan, celui de la réconciliation d’un pays fracturé, à la merci de toutes sortes de prédateurs. Ça n’est pas dévoyer la teneur de nos échanges que de dire, que finalement c’est bien cette démarche de réconciliation qui en a été le leitmotiv, le fil conducteur. Une réconciliation implique cependant de renouer des liens entre tous les protagonistes du processus or quand on sait qu’une amitié rompue qui a scarifié en profondeur l’âme des hommes, n’est jamais bien soudable et que la haine à quelque chose d’insolite de mystérieux et de tonique on attend que se manifeste la sagesse des uns et des autres pour avancer dans cette voie.

En historien qu’il fut et qu’il reste encore, Laurent Gbagbo observe, en parodiant Marx, que les hommes politiques infatués font leur histoire, mais n’ont pas conscience de l’histoire qu’ils font ! Laurent Gbagbo refuse, par conviction profonde, tout ostracisme, tout climat de censure ou tout procès en légitimité, à l’encontre de qui que ce soit. En revanche il considère que trois valeurs fondamentales, la compétence la considération de l’autre, et l’honnêteté intellectuelle doivent préluder au choix des prétendants à la prochaine législature de 2020, ce qui limite considérablement le champ des possibles.

Laurent Gbagbo, de sa villégiature improvisée, écoute avec beaucoup d’attention et de considération les chefs d’Etat qui l’appellent, il consulte ses amis, il reçoit ceux et celles qui manifestent des intentions louables pour refaire de la Côte d’Ivoire un pays de bien-être et de fraternité, il ne fait de procès d’intention à personne. D’une certaine façon, dans une lucidité affutée et bienveillante, il se prépare pour une nouvelle mission, pour un nouvel apostolat qui semble être à des lieues de toute cette cacophonie des hommes politiques en place en Côte d’Ivoire qui se livrent à toutes sortes de contorsions pour obtenir des blancs-seings à la pelle. Un avenir est pluriel dira-t-il et ne se prépare ni dans l’urgence ni dans le coup de bordure. Le futur pour Laurent Gbagbo est ce qui doit arriver, il n’y a qu’un seul futur et il doit se planifier avec beaucoup de discernement et de prévention.

Lorsqu’on sort d’un entretien avec Laurent Gbagbo, on se sent plus intelligent, plus fier d’être son collaborateur et son ami et on se demande bien pourquoi, peut-être naïvement tant de haine, cette colère des faibles, l’a écarté de la vie publique, mais c’est ainsi ! Laurent Gbagbo est dans le cœur des Ivoiriens, et plus largement dans celui des Africains. Que ces derniers se rassurent, il sera bientôt de retour aux affaires…d’une manière ou d’une autre et particulièrement fidèle à la nouvelle constitution ivoirienne dont il a pris acte.

Alain CAPPEAU.

Conseiller spécial de Laurent Gbagbo.        

                                                                                           

NB : Le titre et le chapeau sont de la rédaction

Félix D. Bony

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  • SOURCE: Linfodrome
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